CHAPITRE XIX
LE GONOCOQUE
Découvert par Nessen (1879). Cullivé par Boum (1885). Isolé par Wenruer (1893),
A) fsocemenT, Cuirunes
1° Isolement. — On ensemencera des tubes de gélose sanglante (Bezançox el Grirrox), sortant de l'étuve, chauds, avec le pus uréthral au moment de son expulsion; c'est une bonne condition de réussite; le refroidissement tue rapidement le Gonocoque. On choisira un pus de blennorragie datant de trois ou quatre jours (voy. plus loin, p. 176). Sur sérum de lapin, le développement se fait en douze heures, c'est-à-dire avant celui des autres pyogènes (DE CHRISTMAS).
2° Conditions générales de culture. — Cultive très difficilement; exige des milieux spéciaux. (albumineux). Aérobie strict. Vegète de + 32° à + 3895. T° optima = 37,
8° Cultures sur milieux solides. — À. Gécoses. — Gélose ordinaire. I se produit une culture très grêle, à condition d'enseméncer une certaine quantité de pus qui fournit les maté: riaux nécessaires : couche vernissée mince, Le repiquage est négatif.
Gélose de Wertheim (voy. p. 112). Vers le troisième jour : Wainée mince, étroite, grisâtre, vernissée, ou petites colonies punetiformes, lransparentes arrivant à la grosseur d'une tête
la.
gélosé de Bezançon el Ghirron, Mêmes caractères que sur gélose ( Gélose de Steinschneider. — U :
denx parties de gélose, Mêmes colonies. , | «Gélosé de Nasstikoff. — Mélanger un jau volumes d'eau stérilisée. Liquéfier les t ajouter, à +- 45°, une partie de P'nalion sur | Mélanger. Laisser refroidir. Mèmes colonies,
B. Sénum. — Buux (1885), recueil main du cordon ombilical, avant la r se séparer et le solidifie (voy. p. 77). On plement du sang au pli du coude (voy.
L préfère le sérum de lapin. Colonies plus peti | queuses, Les colonies restent virulentes semuines, Elles apparaissent dés la dou
€. Gévane. — Tonno recommande de ne pas la neutraliser), Colonies s'arrête dès le troisième passage, Pas de I
D Poux De Tenue, — Pas de cure
en milieux li | ct imiter DRASS
CARACTÈRES MICNOSCOPIQUES 773
loné et glucosé à moins de { p. 1000, légèrement alcalin : {voile blanchätre el crémeux avec dépôt dans le fond.
B) CoLonaATION, CARAGTÈRES MIGROSCOPIQUES
routeurs
1° Coloration. — Se colore facilement par toutes | busiques d'aniline. Ne premd pas le Gram. Celle propriété est très
Fig. 344.
Gonocoque.
Pus blennorragique coloré par le Gram-Nicolle et recoloré à la fueh= sine. Gr, = 4400 D. Les Gonocoques sont rouges et intracellulaires4 les cocci pyogénes sont violets extracellulaires
importante pour le distinguer, optiquement, dans le pus, des suppuralion (G, Roux). On emploient 0) et on recolorera par une romt
autres microcoques de 1 le Gram-Nicolle au violet (voy. p.
solution hydro-aleoolique de fuchsine. Les fianocoques s rouges el les autres cocei violets (fig. 344).
Gonocoque.
Pus blennorragique coloré à 1n thik
La coloration « vitale » par le rouge neutre pus frais, que les seuls gonocoqués intra-c
la phagocylose) (PLaro, Uxxa}. On mêle un anse de solution ({ centimètre cube de neutre saturé à froid dans 100 centimètres « logique), ou on laisse sécher sur la larme ur de rouge neutre à 1 p. 100 et on étale ley line lamelle et on examine. Les pi conservées. Û
2° Forme. — Les Gonocoques ne.
semble l'indiquer, de véritables cocci, ils ne sont pas réguliérement arrondis. Leur diamètre longitudinal varie de 0,4 à à 0,6 g. Is ont, dans le pus, la forme d'un rein, d’un haricot et sont le plus souvent aceolés deux par deux, se regardant par leur face conenve (fig. 346). € ÿ]
On voit quelquefois des amas, jamais le chainettes,
Dans les cultures, ils sont arrondis on
ovalaires. Les deux éléments d'un diplo- e coque sont entourés d'une capsule, surtout > visible duns les cultures âgées, tés diffi- Fig. 346. cile à colorer. Dés la 24° heure, formes de Gonacoquer. dégénérescence (WentTuer). Figure schéma- Dans le pus, ils sont parfois isolés ou par tique.
groupes en dehors des éléments cellulaires;
il sont le plus souvent inclus en masse de 10 ou 20 éléments dans l'intérieur d'un globule de pus où d'une cellule épithéliale (Mg, 34% et 345). C'est un des éléments importants du diagnostic. ,
3° Mobilité. — Seraient légérement mobiles (?). 4° Spores. — l'as de spores.
C) CARACTÈRES MIOLOGIQUES
Le pus blennorragique est stérilisé par un chauffage de quelques minutes à + 55°. Le refroidissement des culturés aus dessous de + 159, arrête leur végétation ultérieure. L'action de l'air, la dessication des antiseptiques faibles tuent le Gonocaques
Les cultures meurent en quinze jours à Lrois semaines; les ensemencements en série sont rapidement négatifs. Leur virus lence est trés éphémère,
Le Gonocoque n'a pas élé retrouvé en dehors de l'organisme malade.
4° Action naturelle. — Le Gonotoque n'est pathogène que pour l'homme. Il est l'agent de la blennorragie: Certaines uréthrites
be.
L'inoeulation uréthrale échoue chez le chien, le singe, le cheval, lé lapin.
L'inoculation sur la conjonetive donne une conjonctivile purulente chez le jeune lapin (Hezzer) et le cobaye (Lrcnai). Les microbes disparaissent rapidement. Dre Cuaisruas n'a pu reproduire ces expériences. La conjonelivite se produil aussi bien avec la culture stérilisée (Monax).
L'inoculation intra-urtieulaire au lapin donne une arthrite légère eurable (Fxcen, ete.).
L'inoculation intraveineuse ne tue pas le lapin; cependant, le sang donne encore des cultures aprés quarante-huit heures (pe Caaisruas).
E) Toxines
De Cunisrmas (1897) montra d'abord'que les symptômes, produits par l'inocalalion sous-cutanée, sont des symptômes d'inloxieation et non d'infection ; ln toxine existe done. Une injection intra-veineuse abondante peut Luer le lapin ou, au moins, engendrer une cuchexie notable.
I a tenté l'extraction de lu toxine des cultures en bouillon de veau, ascité, peploné, glucosé (voy. plus haut, p. 772). I suffit de filtrer sur papier, les microbes étant trés visqueux, Avec 2 centimètres cubes par kilogramme, dans le sang, le lapin maigrit considérablement, prend de la fièvre et guérit lentement: Ge sont les mêmes symptômes que ceux de l'inoculution viru= lénte. Les premiers jours de lu culture, le filtrut est peu toxiques ln Loxine est retenue dans les gonocoques et ne dialyse qu'à lu mort de ceux-ci. Une culture âgée de quinze jours, c'est-à-dire morte, injectée en nature est plus toxique. On peut chauffer entre +-50% ét + 70° sans atténuer la toxicilé, La toxine esl précipitable par l'alcool fort. Elle ne dialyse pas. La solution glycérinée (évaporée à + 50° avec un dixième de glycérine) eos serve longtemps su toxicité à l'abri de la lumière (six moiseb plus). A l'autopsie : usdème des reins.
Cette gonotoxine est phlogogène, si on introduit le précipité alcoolique dans la éhambre antérieure de l'œil du lapin où de
le
DIAGNOSTIC HAGTÉRIOLOGIQUE T9
le cerveau et pour deux jours seulement si on l'injecte même à fortes doses sons la peau. d
G) DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE
1° Pus. — Le simple examen microscopique suffi.
On désinfecte le méat, on fait sourdre le pus en comprimant ln verge de la racine à l'extrémité, on recueille la goutte sur une aiguille de platine. On fait un frottis sans trop comprimer pouus ue pas faire éclater les globules de pus. On colore avec la thionine (ig. 345). Si on doute : on colore pur le Gram-Nicolle et on reco= lore à la fuchsine (fig. 344). On pourra utiliser le rouge neutre {p. 774).
Si la blennorragie est chronique, faire uriner le malade, au réveil, dans un verre conique qu'on laisse au repos (on peut ajouter un antiseptique). On fait un froltis avec le dépôt des filaments. On centrifuge. si c'est nécessaire.
L'examen microscopique peut, jusqu'à un certain point, déterminer l’âge de la blennorragie (voy. p. 778).
Si on veut faire une culture, on ensemencera par siriés su“ sérum de lapin et on prélévera les colonies à la 42° heure, avant. le développement des autres microbes.
2° Complications. — Elles sont souvent dues à d'autres pyo= génés. Il faut faire des cullures sur gélose-ascite ou mieux sur sérum de lapin,
LE MICROBE TÉTRAGÈNE +81
filant, et devient très alcalin ; la gélatine n'est pas liquéfiée, ou l'est faiblement (Cuaurraro et Ramon), les colonies sur gélose, pomme de terre sont abondantes, visqueusos, blanches (elles sont colorées pour les variétés : aureus, subflavus) ; le lait n'est pas congulé. | Ù
La vitalité des cultures dure plusieurs mois ; leur virulence originelle est très variable, mais les cultures virulentes s'alté-
Fig. 347.
Micrococcus letragenus seplicus.
Culture de 48 heures en sérum du lapia. Gr. — 1200 D,
| muent peu, Un chauffage de quelques minutes à + 60° stérilise les cultures liquides.
L'aspect microscopique du T. dans le pus, le sang, les crachats,
J les organes est assez caractéristique ; presque toujours il se pré-
.… sénte sous la forme de tetrades ; il existe des cocci isolés et des
- diplocoques. Chaque coceus est volumineux (1 1: et plus), rond,
vovalaire ou en rein. La tétrade est fréquemment entou-
Pour lle diagnostic on fera : 4° d pe ration une culture sur plaque SR t
IL est parfois difficile de T. aureus qui a pris dans ses € et us tirent COCA :
aureus liquéfie le caillot ; Ge sont 208 os et GaïLLAuD),
L ARTIGLE I ET GOGEUS DE LA FIÈVRE
(te ou fièvre