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CHAPITRE PREMIER

SÉROTHÉRAPIE EN GÉNÉRAL

4° Définition. — Dés son aurore, la bactériologie, non conlente de découvrir les agents pathogènes, a porté ses efforts vers la recherche du traitement des maladies virulentes.

Nous avons trailé la question de la vaccination, de l'immunis sation artificielle au chapitre x (Première partie). Nous avons dit ce qui éluit acquis, à propos de chaque microbe pathogène (Deuvième partie). Ces méthodes préventives n'ont pas uequis droit de cilé dans la médecine humaine, en raison des dangers irumédiats ou éloignés qu'elles peuvent faire courir, et aussi du peu de durée de leurs eMets. Voyez cependant les méthodes de Harrkine contre le choléra (p. 689) el la peste (p, #71), celle de Eernas contre le choléra (p. 689).

La vaccine jennérienne était découverte avant l'avénement de la baclériologie. Le traitement antirabique, qui est une véri-

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(action curative) une dose appropriée de sérum provenant d'un animal hypervacciné contre la même infection. Ce sérum a des propriétés bactéricides, agglutinantes, lysinantes, ele, muis sur tout antitoziques ; il empêche la pullulation du mierobe mais à pour rôle prineipal de neutraliser les effots de ses toxines : tel est, en deux mots, le mécanisme de son action. Les sérums thérapeutiques sont, avant Lout, les véhicules des antitozines.

2° Histoire de la découverte de la sérothérapie. — La découverte de la sérothérapie appartient, sans contestation pôssible, à Beumuxé et Kirasaro qui montrent, en 1890, les propriélés préventives et curalives du sérum des animaux imrumisés contre le tétanos et la diphtérie. I n'en est pas moins juste de reconnailre que les travaux antérieurs des partisans de la théorie bactéricide des humeurs (Ecole allemande, Bouciranp el ses élèves, etc.), ceux de Ricuer et Henicounr, de Bovenano, Cuannix, ete, sur les propriélés euralives du sang, du sérum, avaient préparé la voie suivie par BennixG et Kia SATO.

Peu de témps après la découverte expérimentale, Bernine et Eunuen essaient, sur des enfants atteints de diphtérie, les effets des injections de sérum antidiphtérique. Ces tentatives n'eurenl pas lout le retentissement qu'elles auraient mérité, en raison surtout de l'échec du traitement antitétaniqne. Nous savons aujourd'hui que le sérum anlilétanique peut prévenir mais ne peut guérir le tétanos, contrairement aux premières aflirmations de Bemuxc el Kirasaro. Il faut arriver au Congrès de Budapesth, en 1894, pour trouver, dans le travail relentissant de Roux, une technique précise pour la fabrication du sérum nnti> diphtérique, une statistique importante de cas de diphtèrie traités par le sérum, des indications d'une netteté absolue sul fnçon d'employer celui-ci, Dés ce jour, Le sérum antidiphtérique éntra dans la pratique courante.

Le nom d'Emniren doit être aussi mis en premiére lignes pour Le nombre des travaux qu'on doit à ce savant sur la mesure d'activité des sérums, sur les théories des antiloxines, ete.

Depuis la communication de Roux, on à fabriqué une foule

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{de happer) aux humeurs normales les substances nutrilives, aux humeurs pathologiques les poisons microbiens.

La deuxième hypothèse est que la moléeule de toxine (T), donnant tantôt la mort el tantôt l'immunilé, est formée de deux groupements alomiques distinets, le groupe haplophore et le groupe Loxophore.

Le groupe haptophore (h) plus sable, doué d'affinité pour les récépteurs de cellules déterminées (variables suivant les toxines), forme immédiatement avec eux des combinaisons chimiques, ce qui fixe la molécule de toxine aux cellules, Le groupe toxophore (t), très labile, n'agit pas toujours, et

seulement à la faveur du premier Fig. 354.

{qui sert de mordant) et par con- Schéma de la production de séquent toujours après lui:ee qui l'antitoxine (d'aprés la théo-

= À x *- rie d'Ennuicu).

expliquerait la nécessité de l'in- PER Pere ".

eubalion dans l'intoxication mi- T, toxine avec son groupe haptophore crobienne. Le groupe toxophore \{} ue res est la partie active.

Dans le cas d'immunisation à l'aide de toxines ou de toxoïdes, lé groupe toxophore ne doit pas entrer en jeu. Le groupe haptophore de la molécule toxique injeelée, comme une clef trouvant sa serrure, contracte des combinaisons chimiques avec les chaines latérales de certaines cellules, à l'exclusion de certaines: autres : celte aflinité spéciale explique bien la spécificité du processus. Les combinaisons formées sont stables au point qu'elles empéchent les récepteurs d'emprunter aux humeurs les substances nutritives dont la cellule a besoin : celle-ci se trouve comme physiologiquement amputée, et périrait, si elle ne se mettait à former de nouvelles chaines latérales (R, R, R,) (fig. 34),

Or, d'aprés une loi de Weicenr, toute néoformation est une surproduction, et, en répétant les injections de toxine, on finit par entrniner la cellule à produire un excès de récepteurs. Ces

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(Loxoproteines) conlenues dans le protoplasma microbien, c’estd-dire la production dans le sang d'immunisines, d'agglutinines, peut étre rapprochée de la produclion de poisons cellulaires où Cytotonines en général (hémolysine, spermo ou néphrotoxine, ete.) Borogr, en effet, a montré que des cellules inoffensives, telles que les globules, peuvent déterminer les mêmes réuctions humo- Yales que l'immunilé bactérienne.

Dans les sérums bactéricides, il y a deux subslunces en jeu (ig. 355) : 1° On peut admettre qu'il existe à l'état normal, soit à l'intérieur des phagocytes (Mer- Cuxiko#r), mais pouvant s'en échapper par leur allération (comme dans l'expérience de

Preirren), soit dans le plasma (M: Gnüvex), une substance capuble. de dissoudre les éléments figurés nocidentels (microbes, hémalies où autres cellules), mais non spécifique, et Lhermolabile, west-ä-dire ne résistant pus au Chauffage à + 55°, disparaissant

Fig. 369, Schéma de la production de l'immunisine (d'aprés la théorie d'Euniren).

M, microbo. — À, alésine avoc soit groupe symoloxe (3) el *on groupe baplophore (4), — $, sensibilisatrice avéc s0û groupe complémei lle Lo} ei au grue Ma MOTTE récepteur.

au bout de quelques jours. On la

nomme alexine (Bücuxer), complément ou addiment (Eunucm), Cytase (Meéreumikorr), Pour Eunacn, il faudrait même distins guer une microcytase, bactéricide, dans les polynucléaires, el une macrocytase, globulicide el cylolytique, dans les mononus éléaires. L'alexine (A) a, comme ln toxine, un groupe symotoce (5) ot un groupe haptophore (h);

% L'immunisalion contre les microbes, l'injection de cellules normales, font apparaitre, dans le plasma, one substance nous elle (S) spécifique, thermostable, c'est-à-dire résistant a Change à + 55°, incapable de dissoudre elle-même les bactéries ou les cellules (non bactéricide), mais rendant ces éléments figurés sensibles à l'alexine et, favorisant, comme un mordant,

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a, Quel mode d'immunisation adoptera-t-on ? — Nous les avons ous étudiés au chapitre xin (1°e partie). On préférera, puisqu'on recherche surtout des sérums anliloxiques, les injections de produits solubles, obtenus par fil Lration ou parchauffage(cesderniers contiennent les toxines intraprotoplasmiques) aux inoculations de microbes vivants, toutes les fois que les produits solubles seront suffisamment actifs (diphtérie, tétanos, etc). Ce mode d'immunisation a des avantages multiples. On connait d'avance, on peut graduer les effets de, l'intoxication chez l'animal ; on craint moins de perdre un sujel déjà aux trois quarts immunisé ; enfin, le sérum de l'animal, vacciné par des inoculations de microbes vivants, peut toujours contenir quelqu'un de ces derniers et le transporter sur l'homme traité, Dans les cas où l'emploi des cultures complètes est oblignloire (sérum antistreplococcique, les cultures stérilisées de Streptocoque étant très peu inactives) on aura soin d'attendre assez longtemps entre la dernière inoculation et la saignée de l'animal.

Quelle que soit In méthode employée, les microbes devegtt toujours posséder une virulence maxrima. Le degré d'activité du sérum est proportionnel à celui de l'immunisation, qui.est elleméme d'autant plus forte que les Loxines injectées sont plus aclives. Peut-être ce principe demandera-t-il à être revisé ultérieurement ! Il est fort possible que l'exaltation d'un virus, par rapport à un animal, éloigne le microbe de sa virulence humaine, et que le sérum obtenu avec le microbe exalté soit très actif contre lui chez l'animal et reste sans effets chez l'homme.

Un des avantages desloxines actives est de pouvoir êlre intro= duiles en grandes quantités sous un petit volume, ce qui n'est pas négligeable en pratique.

b, Quelle espèce animale immunisera-t-on ? — On laissera decôté les petits animaux tels que : chien, chèvre, mouton et à plus forte raison : lapin, cobaye, ete, Ils ne fouemisaidué pas assez de Sérum, En outre, les sérums de mouton, de chien, sont assez toxiques pour l'homme ; leur injection est douloureuse et donne lieu à des éruptions. Le bœuf, la vache, répondraient assez bien aux indications, si la fréquence de la tuberculose chez ces ani= maux et leur prix de revient élevé ne les faisaient rejeter. On.

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liser ce procédé. Dès qu'on abandonne le sérum, il faut revenir

à des doses très pelites de toxines, absolument comme si on avait suivi la marche ordinaire. Le sérum permet d'injectér une grosse dose de toxine sans danger, mais, celle-ci élant neutralisée n'incile pas les cellules à produire des antiloxines ; l'immunisation n'avance pas. Reaxs (1901) a confirmé ce fait,

L'asepsie la plus rigoureuse devra présider aux injections, pour éviter non seulement la suppuration des régions piqnées, mais surtout le Lélanos, la gangrène gazeuse, affections si redoutables pour le cheval et Loujours à craindre dans une écurie.

L'immunisation n'est que passagère, Il ne faudra done pas abandonner un animal immunisé et se contenter de le saigner, IL faut loujours continuer les injections pour entretenir l'état d'immunité qui disparailrait rapidement ; avec lui les propriétés du sérum disparaitraient aussi. En général, on se contente d'injections rares et abondantes ; des injections répétées seraient préférables pour exciter continuellement les cellules à sécréter les substances bactéricides et antitoxiques.

d. Quand faut-il pratiquer la saignée ? — On pourra pratiquer, quand on voudra, une saignée peu abondante, à une petite veine, pour essayer expérimentalement la puissance du sérum de l'animal. Mais lu saignée, destinée à fournir Le sérum définitif, ne devra étre faite que longtemps (dix à vingt jours) aprés la dernière injection, pour laisser aux toxines le temps de s'éliminer complètement.

Le manuel opératoire de la saignée el de la récolte du sérum sera exposé plus loin (p. 829). Une asepsie absolue est naturellement de rigueur. On pourra même additionner les flacons de sérum d'une petite dose de certains aniseptiques inoffensifs.

€. Conservation du sérum. — 11 sera conservé dans un endroit frais à l'abri de l'air et de la lumiére, Au bout d'un nombre de mois très variable son activité diminue ; les provisions nom employées doivent être renouvelées.

f. Mensuration du sérum. — On ne livrera qu'un sérum don. l'activité, mesurée expérimentalement, a été reconnue suffisantes Cette mensuration doit être faite à chaque saignée, les propriétés du sérum d'un même animal pouvant varier beaucoup d'une suis

Duscos et Bawraitæuy (1902) ont étudié l'i d'introduction sur les effets préventifs et e antitélanique, Au point de vue préventif, dix fois supérieure à la voie sous-cutanée,

aux voies cérébrale et sous-arac la voie péritonéale, Au point dé vue leures sont les voies intraveineuse et int

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