‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 58 sur 125 · QUALITATIVE DES MICROBES DE L'AIR · texte numérisé non relu

QUALITATIVE DES MICROBES DE L'AIR

\eubes dé gélatine et une goutte d'huile stérilisée (pour empécher la gélatine de mousser pendant le barbotage), Le Lout est istérilisé à l'autoclave à + 115° pendant quinze minutes.

On relie alors (D) à un aspirateur et on enlève la bourre (F). On tient l'appareil à la main pendant toute l'opération pour maintenir la gélatine liquide. On peut faire passer 50 litres en un quart d'heure. Le passage terminé, on remet une bourre en (F), on souille par (D) pour faire monter plusieurs fois la gélatine en (B). On enlève la bourre (F) et on pousse avec un fil de platine stérilisé la bourre (G) dans la gélatine. On replace la bourre (F) et on agite, On enroule la gélatine sur les parois du tube (A) d'après le procédé d'Esmarch.

4° Méthode du papier à la gelée de lichen.— Le courant d'air de l'aéroscope est reçu sur une feuille de papier recouverte d'une gelée de lichen (voir p. 403). A l'aide de ce procédé, Miouez est parvenu à enregistrer, pour les différentes heures du jour, les colonies microbiennes provenant d'un volame d'air déterminé. Le papier porte une graduation horaire et lourne par un mouvement de pendule. La gelée est ensuite regonflée dans une cloche pleine de vapeur d'eau, etc., comme il a été dit page 404 à propos des procédés approximatifs d'analyse de l'eau.

Nous pouvons répéter ici pour l'analyse qualitative de l'air Loul'ce que nous avons dit pour celle de l'eau, On se servira des mêmes moyens de diagnose pour différencier les colonies iso= lées par l'analyse quantitative. On préférera alors la méthode de Frankland qui permet la filtration de grandes quantités d'air; l'aspiration peut fonctionner pendant plusieurs jours. On enlève alors les bourres et on les jette dans des tubes d'eau stérilisée qu'on agite en les maintenant à 0°, Cette eau et la bourre Seront ensemencées dans de la gélatine fondue qu'on étalera en tubes d'Esmarch ou en hoîtes de Petri,

Sion connaissait mieux les milieux nutritifs qui conviennent

mm RRÉCIS DE BACTÉRIOLOGIE, 2 édit. 28

plus spécialement à chaque espèce microbienne, on obtiendrait d'emblée des cultures en faisant passer un courant d'air sur une série de milieux, Î faudrait rechercher ces milieux spéciaux. Quelques exemples sont encourageants. G. Roux, ou: lunt isoler le Champignon du muguet dans l'air des hôpitaux, réussit à obtenir des cultures pures en faisant passer de grandes quantités d'air soit dans la solution acidé de louraillon, soit sur de la carotte, du citron ?. Cnaris ? a isolé directement le Streptocoque pyogène en faisant barboter de l'air dans une décoction acide de touraillon à 5 p. 100, milieu proposé par G. Roux, en 1889.

A lu campagne, malgré la présence sur le sol dé microbes pathogènes très dangereux (B. fétanique, V. Septique, elc.), on n'oblient, même avec 100 métrés cubes d'air, quédes poussières non pathogènes. Les poussières des villes sont plus dangereuses.

1 Veisart, Thèse Lyon 1892.

* Cuari, Hecherches des Slreplocoques dans l'air atmosp Th. Lyon 1893. On y trouve toute lu hands de La Pi des microbes de l'air.

GHAPITRE XVI

L'analyse bactériologique de la terre n'a pas une grande importance pratique, au moins pour le pathologiste; aussi serons-nous bref à son sujet.

L'intérêt de la question réside dans la connaissance de la distribution des microbes dans le sol et de leur rôle au point de vue agricole.

1° Nombre et distribution des microbes du sol. — Lu surface du sol est souillée d'un nombre considé «robes provenant des poussières, des mi s organismes en décomposition, etc. Ces microbes se développent, en outre, sur place trouvant là un excellent terrain de culture. Leur abondance est donc toute naturelle surtout dans Phumus. Citons quelques chiffres se rapportant à la couche superfcielle.

fécales, des

Colline sablonneuse, aride, prés de Turin (MAc-

DIOMAN 77. . . . 4 600 Sol voisin d'un égout à 7" 64 000 Humus à l'ostdam (C. FrænCkEL). . 56,4 100 00ù Jardin de lAnstitut sgronomique de Leipzig, ar-

gile (Apamerz) d 500 000 Terre irriguée à l'eau d'égout (Migves es 870 000 Boue des rues de Turin (Maccrona) . . . . . . 78000000

Le nombre des bactéries diminue très rapidement qu'on s'enfonce dans le sol, ainsi que Koëu l'avait 41881; à une certaine profondeur, les microbes l'ont tota t défaut, Nous savons déjà (p.375) que la nappe d'eau souler raine est privée de germes. Il va sans dire que les microbes

aérobies disparaissent les premiers landis que les anaërobies peuvent se rencontrer à d'assez grandes profondeurs. L'épais-

« seur du sol nécessaire à la filtration parfaite est naturellement très variable suivant la nature du terrain, les fissures, ele. | C. Fnexxez !, dans ses magistrales recherches sur les mierobes du sol, a remarqué que celte diminution ne se faisail pas progressivement, mais brusquement vers 1",50 environ; à 4 où 4 mètres de profondeur les aérobies ont disparu. C. FnæxkeL a vu que le B. anthracis ne se développe plus à 3 mêtres de profondeur, tandis que le Vibrion cholérique vit à cette profondeur. Gnaxcuen et Descuawrs ont constaté que le B. d'Eberth ne dépasse pas 40 à 50 centimètres. Voici une expérience de Reens (1889) :

Terre de la surface d'un champ. . 2564 800 par cent. cube. — à ? mètres de profondeur

MR} ue e A0 re à 23 100 —

— à 3 métrés et demi (gravier). ü 170 — — à $ mètres et domi (sable). . 1 580 md à 6 mètres (grès) . . . . , . û =

2° Espèces microbiennes trouvées dans la terre. — Pasreon, le premier, a isolé du sol des espèces définies se Wibrion septique et le D. anthracis. NicoLxien y à trouvé le Baville du tétanos. Mack et bien d'autres ont rencontréle Coli- “bacille et le B. d'Éberth. Yensix à isolé du sol le Bacille de la . Nous dirons un mot dans un instant des microbes dela ion et nitrificateurs. Le Vibrion butyrique (Mayexxe}, micoides, un grand nombre de moisissures ont été ‘ailleurs on peut trouver dans le sol tous les microbes r ou de l'eau.

Untersuchungen über das Vorkommen von werschiedenen Dodenschichten, Leilsch. für Hygiene, 4

3° Role des microbes du sol. — Les microbes pathogènes du sol sont les propagateurs d'un grand nombre de maladies infectieuses. 11 suflit de rappeler l'existence des champs maudits de la Beauce où le charhon faisait, avant la vaccination, de si grands ravages dans les troupeaux qui y paissaient, grâce aux vers de terre qui apportaient à la surface les bacilles des cadavres charhonneux enfouis (Pasreun). On sait que presque tous les c1s de télanos humain compliquent des plaies souillées de terre. L'impaludisme, la dysenterie, la fièvre jaune déciment les armées qui sont obligées de faire des tranchées, des mouvements de Lerrain (expédition de Madagascar), Le dessèchement des marais fait disparaître la malaria d'un pays !. Pour Perren- Koren les oscillations de la nappe souterraine ont une grande influence sur les épidémies : spécialement dé choléra. La réceute épidémie espagnole suivit des mouvements de terrain, etc., elc.

A côté du rôle pathogène des microbes du sol, nous devons Signaler en quelques mots leur rôle botanique. Certains microbes saprophytes du sol offrent le plus haut intérêt, ce sont les agents nitrificalteurs.

Le sol métamorphose les substances organiques : l'eau qui a filtré à travers leur couche de terre, a perdu la majeure partie de son azote organique, de son ammoniaque pour sé charger dé nitrites et de nitrates. Ces nitrates fournissent l'azote à la plupart des végétaux qui l milent ainsi. Dès 1887, SCHLOESING et Müxrz, s'appuyant surtout sur le fait que cette transformation ne se produit pas si la Lerre du filtre a été stérilisée, supposbrent l'existence d'un ferment nitrificateur vivant, oxydant Fammoniaque dans le sol. Wixocnansky ? a isolé et cullivé ces ferments. Le processus est double. Un petil coccus transforme d'abord l'ammoniaque en acide nitreux, Celui-ci est, à son tour, transformé en acide nilrique par une petite bactérie, On voit

b'On sait actuellement que le paludisme et la fièvre jaune se propagent pur les moustiques et que le sol ne joue qu'un rôle indirect dans leur épidémiologie.

EWixocnansky, Recherches sur les organismes de la nitrification,, Ann. Pasteur, 1890, ete.

le rôle immense joué par les microbes nitri »* préparation du sol à la végétation des plantes, microbe du sol, le Microccus ureæ de Pasteur, qui lable, transformé l'urée en carbonate d'ammoniaque. estime, en outre, que les microhes de la terre sont pl la germination des graines par les diastases qu'ils ù Quelques plantes (petits pois, luzerne), au lieu d'erny ter l'azote aux nitrates, le prennent directement à l'atmosphère, mais grâce à des nodosités des racines (HeLLnreez et TH) dues à certains microbes (Lavnexr et ScnLorsixe fils, Wino= GRADSKY), Certains microbes peuvent nuire au contraire à l'agriculture. Le fumier laissé à l'air s'échaufle à + 80°, et se couvre dé. vapeurs d'eau et d'ammoniaque que le vent emporte. Ceb | à échaufement est dû au Bacillus subtilis. On augmenterait beau- | coup la richesse des fumiers en azote en les stérilisant, par | exemple en les arrosant avec un acide minéral.

La bouille est le résultat de la transformation de forèls | entières à l'aide de microbes.

Elle se fera d'après tous les procédés que nous avons étudiés,

à propos de l'analyse de l'eau ou de l'air. Une masse donnée terre sera distribuée dans du bouillon (fragmenté ensuite, en petits ballons) ou dans de la gélatine liquide (étalée ensuite); comptera les colonies qu'on reportera au volume de terre

Il va sans dire qu'il faudra opérer une dilution conel bien mélanger le tout pour pouvoir compter les! couche superficielle du sol. La terre sera recueillie t aseptique et débarrassée des pierres et . Pour avoir des échantillons de terre à , on fera creuser des tranchées ou on

ces. Cette sonde, en acier, porte PR ei qui aide à l'enfoncer : elle est fixée

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