‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 63 sur 125 · B TUBERCULEUX DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

B TUBERCULEUX DES MAMMIFÈRES

Sa découverte par R. Kocw, publiée le 24 mui 1882, est une des plus belles de ln bactériologie. Le B. tuberculeux à des Pactères spécinux de coloration, il végète lentement et difficimniënt, pendunt les premières générations ; encore lui faut- Es milieux spéciaux. On se rend ainsi compte du mérite de , éxéeutés il y à vingt ans, n'ont eu à subir, par lt modification essentielle !.

Eliologie der Tuberkulose. Mitiheil. a. d, Kaïs.

Le B, tuberculeuz est un streptothrée. Mercimikorr le dénomme Selerothrix Kochii.

A) Isocemenr, Cocrunes

4°Isolement. — Ilest fort difficile, non impossible, d'obtenir d'emblée des cullures avec les lésions tuberculeuses naturelles, On utilisera le procédé primitif d'isolement de Kocw, qui consiste à les inoculer à un cobaye sous la peau de ln cuisse et à se servir du caséum des ganglions inguinaüx où cruraux comme semence, Il ne faut pas altendre trop longtemps pour recueillir cette dernière. Lorsqu'on laisse le cobaye évoluer et mourir, les ganglions, très caséeux, contiennent cependant peu de Pacilles de Koch, et des bacilles peu vivaces. Il est préférable de sacrifier le cobaye Lrois semaines après l'inoculation ; ses ganglions, du côté inoculé, fourmillent de bacilles Lrès aptes à la culture. Le caséum sera recueilli asepliquement, bien délayé dans de l'eau stérilisée, et ensemencé par stries avec l'aiguille de platine sur 40 ou 42 tubes de sérum solidifié glycériné (4 p. 400.) On écorchera légèrement la surface du sérum. Il faut ensemencer plusieurs tubes, parce que la plupart resteront stériles, Les premières colonies, assez maigres, n'apparaîtront que vers le douzième jour. Les cultures ultérieures, acclimatées aux milieux arlificiels, seront beaucoup plus rapides et plus abondantes.

On peut aussi broyer directement des tubercules et les ensemencer, mais avec moins de chances de succès, Bexaxcon ét Gairrox (Foy. page #48) ont obtenu des cultures directes uvee des sérosités luberculeuses en employant la gélose sanglunte.

Pourisolerle B. de Koch des poussières, du lait, ete, l'inoculation au cobaye est le procédé de choix. Pour sa recherche duns le beurre, voy. les difficultés page 514.

Caractères généraux des cultures, — Le Æ. de Koch ne pousse que sur certains milieux, à moins d'acclimatement spécial. Aérobic. Tv eugénésique — 38°. Limile de tempéraluré = 30° à 41°.

nn.

F0 LE AAGILLE FUDERCELREX DE ; # Caltures sur ailieux solides. — À. Sue

vent pres 2e v 3 écailleux, monlsgneux. Après un acclimatement de quelques généralions, les colanies peuvent derenir confluentes, formant une membranc rugueuse, comparable à une de géographie en relief. La

s'arrête vers la quatrième ou cinquième

semaine.

£. Gévose cuvcémixée. — Ce milieu, préconisé par Nocan et Rovx, est excellent, mais ne convient pas aux cultures d'isolement. L'addition d'un peu de glucose est favorable. L'aspect général et la marche sont très analogues à ceux des cultures sur sérum : même aspect écailleux, sec, mamelonné (fig. 157,5 et 227). La con- Duence en nappe s'obtient plus vite. Les colonies sont rosées en vieillissant. Elles prennent aussi fréquemment à la longue l'aspect gras des cultures de B. aviaire.

Les cultures homogènes en bouillon ulycériné (voy. p. 451), repiquées sur gélose glycérinée, donnent également un enduit blanc, crémeux, ou des colonies de même aspect, mais isolées, qui ne reprennent qu'à la longue le caractère des D. de mammifères (Anoixc, P, Coën-

D. Pouue ne Tenne. — Très belles cullures, avec les mêmes caractères que ci-dessus, envahissant toute la pomme de terre

Fig, 228. Fig, 220, PF: luberculeux hu- B.{uberculeux humain. Cultures chromogènes main. Culture d'un sur pomme de terre (Nicouas). MôiS sur POUME À, Cullure verruqueuse rouge brun, — B, Culture verdeterreglycérinée ruqueuse jaune. — C, Culture grasse jaune.

(lig228). On ensemence un cube de pomme de terre, dans un tubede Roux, chargé d'eau glycérinée (15 p. 400), qui a humecté pomme de terre, et dont l'excès occupe le fond du tube (fig. 68, mMPHÉCIS DE DACTÉMIOLOGIE, 2° édit. 29

solides (fig. 230). Plus rarement le voile est gras. Il s'étend en général et remonte le long des parois du ballon. I finit par tomber, en fragments, dans le fond. Le bouillon reste clair, Les parcelles ensemencées ne s'élargissent d'une façon appréciable que vers le 15° jour.

P. Counmoxr, pour entretenir les cultures en voile, préconise les cultures sur radeau. Qn remplit au 1/4 des tubes d'Esmarch avec du bouillon glycériné, sur lequel flotte un rectangle de liège percé de trous. Le tube est maintenu incliné. On ensemence en plaçant une parcelle de culture en voile sur le radeau de liège, La culture se fait sur le liège. On peut la munier, en prélever des échantillons sans la faire tomber au fond du liquide, On peut aussi, avec une pipette, aspirer le bouillon usé et le remplacer par du bouillon neuf, etc.

Kisaa, Pouré, Vesezy ont préconisé des milieux liquides à composition définie (vay.: Hevue de la Tuberculose, 1898, p. 2%).

B. Cütrunes momogèxes. — On admettait que le B. de Koch ne pouvait pousser qu'en voile sur milieu liquide, lorsqu'en 1898, S. AmzorxG obtint descultures liquides homogènes, Il partit pour cela de cultures d'origine humaine, entretenues depuis longtemps sur pomme de terre, ayant l'aspect gras du type aviaire, qui furent progressivement accoutumées à vivre en bouillon glycériné. Pour les entretenir à l'état homogène, il faut agiter journellement les matras afin de détruire les grumeaux en formation. Si l'on cesse cette agitation, les cultures reprennent rapidemeut le type en voile (voy. p. 479).

Après des réensemencements successifs, au bout de plusieurs mois, la culture homogène, d'abord délicate, finit par pousser facilement: un trouble manifeste s'accuse en quelques jours : le développement est de plus en plus rapide, parfois appréciable le deuxième jour, donnant-un aspect semblable à une culture jeune de B. d'Eberth (ondes soyeuses à l'agitation) ; plus turd, les cultures épuississent ; diluées alors avec de l'eau salée elles forment une émulsion laiteuse (S. ArLoixe et P. Couamonr) (Moy: px 479 l'entretien des cultures propres au séro-diagnostic). Les cultures homogènes s'acclimatent tellement au

milieu liquide qu'elles peuvent pousser en bouillon non glycériné, Reportées sur milieux solides, elles prennent un aspect “bien différent des cultures normales (v. p. 450).

Examinées, au microscope, sans coloration, elles montrent des bacilles isolés ou réunis en très pelits amas. Chaque bacille est un peu plus fin et plus court qu'un B. d'Eberth; il est soît recliligne, soil contourné, soil ramilié en Y. (Voy. : Coloration, Mobilité, Agglatinabilité, p. #52, 457, 458).

Tous les échantillons de bacille d'origine humaine ne se prêtent pas également aux cultures homogènes; les uns demandent seulement quelques semaines, d'autres plusieurs années d'adaptation (P. Courmonr),

Fig.

B. luberculeux humain. Préparation d'une culture âgée de quinre

jours, colorée au Ziehl-Hauser, avec recoloralion du fond en bleu Les vieux bucilles sont rouges ; les jeunés sont bleus.

Les cultures bomogènes, bien que très éloignées du type en voile, comme on vient de le voir, et bien que très atténuées par

CARACTÈRES MICROSCOPIQUES à

les manipulations qu'elles ont subies, sont encore pathogènes, Ainsi, l'inoculation intra-veineuse au lapin donne la mort avec type Yersin: l'inoculation intrapérilonéale au lapin donne une périlonite avec nodules tuberculeux; l'inoculation intrapleurale au chien donne une pleurésie tuberculeuse.

B) CoLonaïioN, CARACTÈRES MICROSGOPIQUES

4° Coloration. — Nous avons déjà insisté (p. 279 et 293) sur les caractères de coloration du B. de Koch. Ils sont les mêmes

Fig. 232 B. luberculeux humain. Préparation de la même culture que celle de la figure 231, à l'âge de sept semaines.

242) ou les cultures.

dans les coupes (fig. 235), les crachats (fi

11 faut cependant bien savoir que les jeunes bacilles des cullures en sont privés. Si on examine une culture récente, surtoubhomogène en bouillon, un très grand nombre de bacilles

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