LE BACILLE
quelques semaines, lorsque la culture ne végète plus, tousles bacilles gardent le Ziebl ou l'Ebrlich (fig. 232) (Anonxe, P,Cuon mor, Nicuias, ManmonEx).
Le B. de Koch prend le Gram.
2° Préparation par impression (Kocu). — On appuieune l lamelle à la surface d'une culture sur gélose ; on la retire sans
Fig. 253.
luhereuleux humain, Préparation par impression d'une culture sur gélose.
s On lixe, on coloré, on a l'aspect de la figure 233, monbücilles groupés en amas allongés, sinueux, comme ; tous les bacilles sont dans le même sens.
— Bacilles de 2 à 5 p sur 0,3 à 0,5 4, souvent ù ou méme sen S (fig, 234}, Diamètre mi
, CARAUTÈRES MICROSCOPIQUES 455
forme; extrémités arrondies. Le plus souvent. parsemés d'espaces clairs, qui donnent au proloplasma l'apparence d'une chainette. D:
L'aspect est assez uniforme dans les lésions (fig. 235) ou les crachats (fig. 242). L sbacilles ÿ sontisolés ou par groupes à éléments'parallèles ; ? bacilles sé croisent fréquemment ou s'accolent en accent circonflexe.
Dans les cultures (fig. 236), les ba- n me f = cilles, surtout jeunes, sont parfois ge für pe excessivement courts. Par contre, dans sement). les cultures âgées, ils sont fréquemment longs, ou même ont l'aspect ramifñé et en somme représenté figure 347.
Fig. 235, D. de Kouh en couronne, dans une cellule géante (d'aprés Koçn)
Bases et Levanom ont décrit une forme actinomycosique du B. tuberculeux.
En somme : forme assez fixe, sauf dans les vieilles cultures, étdans les cultures liquides homogènes
Le
Fig, 236, B. de Koch. Cullure jeune
Fig, 237.
B. de Koch. Formes ramifées (d'après Mercuxxorr).
458 LE BACILLE TUBERGULEUX DE KOCGW
tures liquides homogènes. Celles-ci sont agglutinées soit par le sérum de certaines espèces animales, soit, à un degré plus élevé, par le-sérum de ces espèces tuberculisées (S. ARLOIXG). Le pouvoir agglutinant des sérums humains tuberculeux sera étudié plus loin (voy. Séro diagnostic) ainsi que la technique pour l'étudier. ;
Il est facile de développer un pouvoir agglutinant considérable chez certaines espèces en leur injectant soit des cultures, soit de la tuberculine (S. ARLoixc). L'injection sous-cutanée, intra pleurale, etc... de bacilles, chez le chien notamment, donne au sérum un pouvoir agglutinant qui atteint {1 p. 400. 1 p. 800 et plus (S. ARLoIxG et P. CourmoxT). De nombreux auteurs (R. Kocu, De NoBee et BEYER, etc.}, ont confirmé ces faits. La signification des variations de ce pouvoir agglutinant a été étudiée par S. ArLuIxG et P. CourmoxT, et ensuite par R. Kocu (voy. p. 490 et 493).
4° Action naturelle. — Le B. tuberculeux est l'agent de la tuberculose des mammifères (phtisie pulmonaire et autres localisations tuberculeuses). L'homme et le bœuf (pommelière) sont les deux espèces animales qui lui payent le plus large tribut. Le singe devient presque constamment tuberculeux dans nos climats. Il faut encore citer le chien plus fréquemment tuberculeux qu'on ne l'avait cru, le porc (10 p. 100 des sacr l'abattoir). Le cheval présente aussi la tuberculose spontanée. La chèvre est très rarement atteinte.
Ici se place la relentissante communication de Koc, au congrès de Londres, en 1901. Kocn, lui-même, avait décrit des bacilles dans les lésions bovines, dès 1882. L'unité de la tuberculose humaine et de la tuberculose bovine était un dogme, justifiant les mesures sanitaires destinées à enrayer la propagation de la tuberculose bovine à l'homme, spécialement par le lait. Eu 1901, Kocn est venu affirmer que c'étaient là deux maladies différentes, malgré le esidentiques des deux bacille que la contagion n'élait pas possible de l'homme au bovin et
és à
du bovin à l'homme. En dehors de cerlaines considérations cliniques el analomo-pathologiques, il se basait surtout sur la nou-inoculabilité de la tuberculose de l'homme aux bovins. { Cette affirmation est absolument erronée, Les anciennes expériences de Cuauveav, celles plus récentes d'AnLoixé ! montrent nettement que la tuberculose humaine peut infecter le bœuf, la chèvre, l'âne, etc. En 1902, de très nombreux éxpérimenta= | teurs, allemands, français, anglais, Knause, Wozrr, BEnRixG, | Srus, Banc, Lisren, THOMASSEN, RAvExEL., Nocann, Hverre, BAUM- | GaRTEX, elc., ont publié des faits contraires à ceux de Kocn. Les cas de contagion humaine par le lait de vache sont égale- | ment indiscutables. Les cultures oblenues avec des lésions humaines sont identiques à celles qui proviennent des lésions bovines, équines, porcines, etc., sauf quelques caractères secondaires; elles sont également pathogènes, eto., etc. I y à identité entre la tuberculose bovine et humaine. L'opinion de Kock est universellement rejetée. Qu'il y ait une certaine adaptation | à l'espèce animale (voir la même discussion, page#99, pour la | tuberculose aviaire) d'ou provient le bacille, c'est lort possible, mais cela n'entraine nullement la dualité.
Le domaine de la tuberculose des mammifères est immense; tous les organes peuvent être alteints primitivement ou secondairement.
Les bacilles existent dans les lésions, rarement dans le sang. Ils sont abondants dans les crachats des phtisiques, dans les mattières fécales, dans les urines des malades atteints d'entérite, de cystite ou néphrite tuberculeuse, ete. Le lait des vaches, qui ont des lésions tuberculeuses de la mamelle, fourmille de bacilles. Lwviande peut aussi, mais bien plus rarement, être infectante.
Les portes d'entrée habituelles sont le poumon et l'intestin, Le bacille peut pénétrer à travers l'intestin sain, sans y laisser , de traces, Nicozas et Descos (1902) ont vu des bacilles pénétrémimmédintement dans le chyle du chien, ayant ingéré des cultures,
is. Antoine, Académie de médecine, 1901; Presse médicale, 1216 Wrien 4902. Congrés de Berlin, octobre 1902.
mal. Elle se pratique presque toujours à la face interne de la cuisse.
S. AnLomG ! a étudié avec le plus grand soin la marche de la tuberculose chez le cobaye inoculé sous la peau. L'envahissement des lésions est progressif et se fait par la voie lymphatique avec une telle régularité qu'on peut, à l'autopsie de l'animal, savoir où s'est faite l'inoculation, et à quelle date elle remonte, Bien plus, la Luberculisation unilatérale des ganglions Lympha-
Rate tuberculeuse de cobaye (Srmaus).
er ed naturelle, lots jaunes nécrosés el parties hypérémiées, hémorragiques.
tiques permet d'affirmer le diagnostic de tuberculose avant la mort du cobaye et sans sacrifier celui-ci.
Si l'inoculation a été pratiquée sous la peau de la face interne de la cuisse, il se produit localement un peu d'empâtement; plus tard, l'abcès s'ouvrira et donnera naissance à un ulcère à granulations tuberculeuses, qui ne se fermera plus. Du douzième au quinzième jour, les ganglions inguinaux et cruraux ‘lu côté inoculé s'empâtent, durcissent et roulent sous le doigt, ayant le volume d'un gros pois. Vers le vingtième jour, le ganglion lombaire, du même côté, se prend à son tour. Vers le vingt-cinquième jour, le ganglion rétro-hépatique s'indure, et les tubercules commencent à apparaître dans la rate (fig. 238), puis dans le foie (fig. 239). À partir du début du deuxième mois, le virus traverse le diaphragme et sa dissémination ne conserve
! S. AncoixG, Ac. des Sciences 1885 et Revue de médecine 1887, p.97; Leçons sur la tuberculose, rédigées par J. Counuoxr, 4892, p: 413; J. Courwonr, Province médicale 1894, p. 163.
Île
462 LE WACILLE TUBENCULEUX DE KOCH
plus son caractère unilatéral; les deux poumons et les ganglions bronchiques se prennent indistinctement. A la fin du déuxième mois, la tuberculose est généralisée et les ganglions inguinaux et lombaire du côté opposé peuvent même finir par
Foie tuberouleux de cobaye (Srnaus).
Grandeur naturelle. Hots jaunes nécrosés.
s'indurer, La mort survient au bout de deux mois en général, rarement plus turd.
Il n'est pas très rare d'observer des pleurésies tuberculeuses, de l'ascite, de lictère
Si l'inoculation a été faile à la base de l'oreille, les ganglions auriculaires, puis ceux du cou, du même côté, se prennent successivement, ensuite les deux poumons se tuberculisent avant les organes abdominaux; la marche est descendante.
La figure 240 schématise ces étupes de l'infection tuberceuleuse chez le cobaye. Si l'animal a été inooulé à la cuisse droite, ln lubereulose suivra la marche A (15 premiers jours), B (45% au
sa
ACTION FATHOGÈNE 464 20°), C (20° au 25°), D (25° au 30°) E (30° au 604. Si l'animal
Fig. 240.
Marche des lésions chez le cobaye luberculenr.
a été inoculé à lu base de l'oreille gauche, la tuberculose énvahira Z, puis E, D, ete.
On voit qu'il est facile, en présence d'un cobaye autopsié, dé
à AGTION PATROGÈNE EU
4 L'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil engendre, au bout de trois semaines, des tubercules de l'iris, à laquelle succède une fonte purulente de l'œil et la généralisation type Villemin.
€. Cniex. — Contrairement à cé qu'on croyait autrefois, le chien est très sensible à l'inoculation tuberculeuse.
4° La voie sous-cutanée.est infidèle ; :
29 La voie périlonéale cause une péritonite tuberculeuse avec ascile, fausses membranes, infection des ganglions, el généralisation qui Luë en deux ou trois mois ; d
39 L'inoculation intra-veineuse est mortelle, en deux ou trois mois, avec des lésions pulmonaires, fréquemment à forme cavitaire, comme chez l'homme. Une culture très virulente peut tuer en quinze à vingt jours avec granulie type Villemin ;
4° L'inhalation donne de la tuberculose pulmonaire, (Tar- PEINER) ;
5° L'inoculation intrapleurale engendre rapidement une pleurésie tuberculeuse avec épanchement, qui peut guérir sans l laisser aucune trace, mème à l'autopsie. * ’
En somme, il faut utiliser le chien plus fréquemment qu'on ne le fait, car c'est un terrain très intéressant, en même ! temps qu'un animal peu coûleux et facile à manier,
D. Bovioës, — Les Boyidés s'infectent rapidement par ingestion de produits humains ou bovins (Cuauveau). En quelques semaines, les lésions abdominales apparaissent et l'état général ( s'aggrave. La mort peut êlre lente. \
L'inoculation sous-cutanée produil rarement une infection généralisée (Cuauveau). Depuis les affirmations de Kocu, en 1901, S.. Anzonc a tuberculisé plusieurs bovidés avec des cultures de tuberculose humaine,
… ES. — L'inoculalion, par une voie quelconque, réussit à, coup sûr. La forme est surtout pulmonaire.
| F, Axe. — L'âne n'est pas réfractaire à la tuberculose, Linoculation intraveineuse produit une granulie qui ne lue * pe bacrémooute, 2 édit. 30
pas l'animal et disparait sans laisser de traces. (S. ArLoixG). Il faut donc sacrifier l'animal pour s'en apercevoir.
G. CHÈVRE. — L'inoculation sous-cutanée produit un abcès tuberculeux local, sans généralisation. L'inoculation intraveineuse tue rapidement avec des tubercules pulmonaires fS. AR- LOING).
H. ANIMAUX A. SANG FROID. — Très nombreuses sont les expériences faites sur les animaux à sang froid : grenouilles poissons, etc. Ces animaux résistent, ne font pas de tubercules, mais conservent longtemps dans leurs tissus des bacilles vivants et virulents (voy. p. 507).
Cependant, Money (thèse de Lyon, 1900), en inoculant la carpe, Ja tanche, la grenouille, dans le péritoine, avec des cultures de luberculose humaine, a reproduit de véritables tubercules : mais la reproduction en séries est très limitée. Le bacille n'est pas modifié par ce passage.
Nicozas et LesiEUR ont échoué en faisant ingérer des crachats à des poissons.