‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 92 sur 125 · TE · texte numérisé non relu

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650 LE BACILLE TYPHIQUE

en bouillon, de quatre à huit jours. chauffées une heure ou deux à + 58. Ce chauffage lue les bacilles et n'altère pas la toxine Ils ont aussi injecté de grandes quantités de cultures virulentes vivantes, dont les effets immédiats n'ont pas été supérieurs à ceux des cultures chauffées. Leurs expériences ont été faites sur le chien. L'injeelion sous-cutanée de 20 à 30 rentimètres cubes fait un abcès. L'injection intraveineuse tue en quelques heures à 0°,8 à 2 centimètres cubes par kilogramme. avec kyperthermie (contrairement au cobaye). affaiblissement du cœur, diarrhée sanglante. L'ingestion a échoué. La résistance individuelle du chien varie de 1 à 5 (dose mortelle par kilogramme). L'ablation de la rate n'exerce pas d'influence. Les chevaur sont ultra-sensibles à cette toxine injectée sous la peau.

CHANTEMESSE (1897; est arrivé à obtenir une toxine soluble.

Il cultive, en macéralion de rate et de moelle osseuse additionnée d'un peu de sang humain défibriné, un bacille exalté par passages dans le péritoine du cobaye. Le développement est très

rapide. On'filtre sur porcelaine vers le sixième jour, car la toxine soluble disparait rapidement des cultures. Cette toxine soluble doit étre conservée en tubes scellés, à l'abri de la lumière ; elle n'est pas altérée par un chauffage d'une heure à + 58°: elle n'est qu'atténuée par un chauffage à + 100°: son pouvoir disparaît si on l'acidifie (acide tartrique) et reparait par addition de soude : elle est retenue par le noir animal ; elle s'atténue par l'évaporation dans le vide à + 30": les substances précipilables par l'alcool qu'elle contient sont moins toxiques que les substances solubles dans l'alcool. Cette loxine est surtout active pour les gros animaux {cheral, mouton). La souris est aussi très très sensible. Le lapin et le cobaye (6 centimètres cubes pour un eobaye de 500 grammes) le sont moins. Les lésions sont intestinales : congestion, diarrhée.

F) IMMUNISATION On vaceine assez facilement contre le B, d'Eberth.

4° Inoculation de cultures vivantes. — lktvmen cl lFFIFFER

DIAGNOSTIC BAGTÉRIOLOGIQUE 654

(4887) injectent à la souris blanche des doses croissantes de cullures vivantes. BnreGer, Wasseraranx el Kirasaro (189) injeetent au cobaye età la souris des bacilles, atténués par culture en bouillon de thymus. Lroxxer, Ménæux et Canhé (1897) ont immunisé des chevaux avec des cullures n'ayant pas été modifiées par le passage à travers l'aniroul (500 em* en un mois et demi), L'injection sous-culanée lut assez bien supportée sauf de vastes suppurations, mais une injection intraveineuse tua rapidement ces chevaux, Le pouvoir agglutinant s'était nettement développé, Le sérum était préventif el curateur, mais non anlitoxique.

Voyez Trailement, page 666.

2° Injection de cultures tuées. — Bniscen, WASSERMANN et Krrasaro immunisent le cobaye avec des cultures chauflées à +- 90°, évaporées au 1/10, et précipitées par l'alcool (2 centigr, de précipité desséché dans le vide pour 1 cobaye). SANARELLt (1892, 1894) injecte des cultures Wées à + 1209 au lapin ebau cobaye. Le lapin est trop sensible. Le cobaye qui a reçu en cinq jours, 16 à 18 centimétres cubes de ce liquide, acquiert l'immunilé quatre jours plus turd., Cnaxrewesse et Wivas utilisent une culture tuée à + 100 à l'âge de quinze jours. Il faut 16 à 20centimètres eubes pour immuniser le cobaye en quinze jours. Beu= ser et Prewrer ont immunisé lemouton avec des cultures chauf= fées une heure à + 600.

3° Injection de toxine soluble. — Cuaxremesse (1807) immunisé le mouton et le cheval avec sa Loxine (voy, p. 650), d'après la méthode des doses croissantes (voy. Sérum antidiphté= rique, p.820). Le cheval est trés sensible et réagit longtemps aux. injections.

4° Injection de sérum antityphique. — (Voy. Sérothérapie, p. 666).

G) DIAGNOSTIC MACTÉRIOLOGIQUE

La sagacité des éxpérimentateurs s'est exercée tout spéciales ment pour trouver un moyen pratique de faire rapidement le

ie

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 653

Bacille d'Eberth seraient presque invisibles, constituées par de | petits points brillants. La présence de ces derniers suffirait à | faire admettre le diagnostic de fièvre Cyphoïde, leur absence à « le faire rejeter. | Après une courte période d'enthousiasme, la méthode d'Elsner a élé réduite à sa juste valeur, spécialement par P. Courmoxr!. Cet expérimentateur a montré que les colonies de | Colibacille qui poussent dans la profondeur de la gélatine ressemblent à s'y méprendre à des colonies de B. d'Eberth; il faut pour les distinguer de ces dérniéres, les reprendre et faire toute la série des réactions différentielles des deux bacilles. Des microbes divers peuvent en outre végéler sur le milieu d'Elsner, contrairement à l'affirmation de l'auteur. Enfin, P. Counmon® n'a trouvé le Bacille d'Eberth, dûment caractérisé, que deux fois sur 9 lyphiques, et Grimserr # fois sur 6. Toute fièvre typhoïde ne peut donc être sûrement diagnostiquée pur le procédé d'Elsner, ol la possibilité de colonies éberthiformes du Colibacille dans beaucoup dé cas, impose, lorsque le résultat est positif, une série de recherches de laboratoire assez délicates, demandant du temps et un outillage spécial. | Le procédé d'Elsner n'a aucune valeur pratique. b. Méthode de Chantemesse. — CuaxTEMEsse (1902) a décrik un gélo-diagnostie de la fièvre typhoïde ; ce qui n’est autre chose que le procédé déjà déerit (p. 415) pour la recherche du bacillé dans les eaux. On opère avec les matiéres du typhique. Une | petite quantité de matière, aussi fraiche que possible, est ense- | mencée dansun tube large, contenant 40 centimétres cubes d'eau peptonée neutre à 4 p.100 (peptone Defresne) qui est mis à +37. Au bout de six à sept heures, le bouillon est filtré sur papier. Le liquide qui passe est addilionné de 2 ou 3 gouttes de sérum très ugelutinant (antilyphique) et, au bout d'un quart d'heure, centrifugé pendant cinq minutes. On décante. Le culot est délayé et filtré sur papier. Avec un bouchon de carafe en verred extrémité plate, on tamponne le filtre et on le porte successive=

Pauz Courmonr, Recherche du Bacille lyphique dans les selles par. de procédé d'Elsner, Société de Biologie, 27 juin 1896.

pos FR e ps at

sang des typhiques ire ete). Wrsso Dbait d'ailleurs que le Bacills typhique, hr ed

DIAGNOSTIG HACRÉRIOLOGIQUE

plus souvent qu'on ne lavait dit, mais non constamment.

J'ai toujours retrouvé le 8. d'Eberth dans le sang dé mes malades, en me servant d'une technique appropriée, IL y existe de trés bonne heureet jusqu'à la fin du Wroisiéme septenaire. Il peut manquer où reparailre dans les rechutes. Les bacilles du sang, sont virulents, classiques, sauf quant à leur agglutinabilité qui est faible ou nulle, rnis so développe duns les cultures ullérieures, La recherche du B. d'Eberth dans le sang est très précieuse, paree qu'elle donne des résultats positifs, alors que le sérodiagnostic peut étre encore négatif. Dans quatre de nos observations, le bacille existait dans le sang avec un sérodiagnostic négatif; deux fois, le bacille existait dans le sang le cinquième el le neuvième jour et le sérodiagnostic n'a élé posilif que le” vingt-deuxiéme et le quarante-cinquiéme jour, C'est donc un excellent signe de diagnostic précoce, auquel il fauda avoir recours toutes les fois que le séroctiagnostic sera négatif.

La technique à employer est la suivante. Faire l'asepsie du pli du coude, après avoir lié le bras avec une bande de caout-chouc, au-dessus du coude. Ponttionner une des veines, avec une seringue stérilisée de 5 centimètres cubes. On ensemence immédiatement, un grand ballon, contenant 400 à 500 centiméres cubes de bouillon ordinaire où mieux de milieu de Camhier (voy. p. #18), avee 3 centimètres cubes de sang et on conserve le reste de ce dernier pour le sérodiagnostic. On délucera ln bande de caoutchouc avant de retirer l'aiguille on ne mettra sur la petite plaie qu'une simple perle de collodion.

On examinera le bouillon au bout de vingt-quatre heures, Lé plus souvent il sera trouble et contiendra des bacilles d'Eberth. en quantilé. Pratiquement, il suffira d'examiner une goutte non colorèe pour constater la mobilité, et de faire un Gram. Parfois, les bacilles seront peu mobiles et en amas (lorsque le sérum du malade était très agglutinant), il faudra les chercher, Si du culture parait stérile au bout de vingt-quatre heures, on agitera fortement le dépôt, et on la réexuminera le deuxième et lé Lroisième jour ; il peut arriver (avec des sangs très agglus tinants) que Ia végétalion soit relardée où se forme en amas tu fond du liquide. :

DIAGNOSTIC BAGTÉRIOLOGIQUE 657

la maladie, et manque chez les malades non typhiques. Quelques cas contradictoires, sûrement en pelit nombre et n'iafirmant en rien la géneralilé de la méthode, pourront se présenter; aucun n'a encore été publié avec des caractères absolus d'authenticité.

La séroréaelion apparait on général vers le sixième jour, parfois plus tôt, parfois plus lard; elle disparaît ordinairement dans tes premiers mois qui suivent la guérison (Wipa), surtout chez l'enfant (P, Counuoxr), mais elle peut persister pendant des années. faut, en conséquence: formuler les deux préceptes suivants : 4° si le séro-diagnostie est négatif, on doit, avant de se pronom cer, recommencer, pendant plusieurs jours, la recherchede Lx réaction, celle-ci pouvant apparaître tardivement ;, # on devræ toujours, lorsque la séro-réaction existe, s'enquérir des antécédents du malade, pour savoir s'il n'a pas été afteint antérieurement de la fièvre typhoïde ; la séroréaction aurait alors une valeur diagnostique à discuter (voy. p. 664).

A. Tecuxique. — La technique est trés simple et à In portée de tout le monde. Une culture de Bacille d'Eberth, du sang du malade, un microscope sont les seuls éléments indispensables. Plusieurs procédés ont élé indiqués par Wivaz. Nous ne décrivons que le plus simple, celui qu'on doit couramment employer,

Il consiste à mélanger, dans certaines proportions, à quelques gouttes de culture liquide bien homogène de B. d'Eberth, une pelile quantité du sérum suspecl. S'il y a agglulination (immobilisation et accolement en amas) des bacilles, la séroréaction est dite positive,

a. Cultures à employer. — On possédera un échantillon de Bacille d'Eberth typique bien agglutinable; on aura avantage à employer toujours des cultures de la méme souche pour avoir des observalions comparables. On se sert en général de cul- | tures en bouillon, jeunes, âgées de vingt-quatre heures par exemple, pour éviter lu présence de grumeaux, d'amas qui existent naturellement dans les vieilles cultures, et pourraient en imposer pour.une réaction positive. On peut, cependant, employer une vieille culture, à condilion de ne puiser wvec la

PRÉCIS DE BACTÉRIOLOGIE, 2 édit. 42

Ss

Re cs du div ou qui Sur Où À sous la main des cultures riches prêtes à

alcalinisé avec une solution de carbonate Un autre moyen est d'employer des ci wées par le formol. WivaL el Sicaup ont typhiques agglutinait même les bacilles | P les antiseptiques. [ls ont préconisé le formol. E mol du commerce pour 150 gouttes de culture je

les bneilles. Descos et BaxcEL (4901) ont ap montré qu'on peut ainsi conserver el manier cultures mortes; mais, pour eux, il ne fi pAiente depuis plus d'un)mois,1si l'

DIAGNOSTIU BAGTÉRIOLOGIQUE 659

b. Le sérum. — Le procédé de choix est de se servir du sang du malade ou mieux du sérum frais légèrement teinté de sang, (les globules rouges favorisent l'examen microscopique). On pique à la lancette la partie latérale du doigt nettoyée à l’éther (ce qui anesthésie légèrement) et on recueille le sang dans un petit tube de verre. Si on l’emploie de suite, quelques gouttes suffisent; si on emploie le sérum après rétraction du caillot, on recueille environ un demi cenlimêtre cube. Le tube peut être ainsi transporté, envoyé à un laboratoire par le praticien; il faut, dans ce dernier cas, boucher avec un bouchon parafliné ou de caoutchouc pour éviter l'évaporation ou l'absorption du sérum, [l est préférable, surtout en été, d'employer le sérum le plus frais possible; cependant l'altération du sang ne détruit pas très rapidement la propriété agglutinante et on peut employer le sang et surtout le sérum (s'il a été séparé de bonne heure du caillot) pendant longtemps.

On peut user du sang desséché; celui-ci garde pendant plusieurs mois (Winaz et Sicanp, Jonxsrox et Taucarr) sa propriété agglutinante. La médecine légale peut ainsi user de ln séroréaction pour savoir si une lache de sang provient d'un typhique.

En pratique clinique, on peut de même envoyer une ou plusieurs gouttes de sang d'un malade recueillies sur du papier ordinaire ou buvard et desséchées. Il faut alors mettre tremper le papier ou le résidu de râclage de la tache, dans quelques gouttes d'eau pure ; on mélange ensuite le liquide sanguinolent obtenu à la culture de bncilles en tenant compte de la dilution du sang dans l'eau pour le titrage du mélange. Ce procédé est bien moins précis que l'emploi du sérum frais liquide *,

‘ Les différentes humeurs des typhiques (lait, urines, sérosités pleurales, larmes, ete...) possèdent à des degrés variables la propriété agglutinante (WmaL et Sicann; Actano et Bensaube). On & même proposé l'uro-diagnostic (Bonmans) en utilisant le pouvoir agglutinant des urines. Sur le cadavre, le sang et les humeurs conservent leur pouvoir agglutinant, au moins en partie ; mais celui-ct est très variable selon les organes. Les organes qui renferment le B. d'Eberth ont un suc peu agglutinant (P. Counmoxr). Le pouvoir agglutinant peut passer de la mère au fœtus et de la nourrice uw nourrisson.

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 661

début de leur maladie, ne donnent qu'une réaçlion incomplète à 4 p. 10 et se rapprochant beaucoup des agglutinations non spécifiques, alors que, quelques jours après, le sérum des mêmes sujets agglutinera fortement à 4 p. 50, ele.

Enfin, le sérum des anciens typhiques peut donner ces mêmes réactions, incomplètes et difficiles à interpréter ; duns ce cas, la réaction augmentera d'intensité dans le cours de la maladie s'il s'agit d'une seconde fièvre typhoïde, et demeurera stationnaire dans le cas contraire,

Aussi, en pratique, Fnænxez, P. Counwonr, ele., conseillent de‘procédèr ainsi pour tout sérodiagnostic, On fait trois tubes de mélange, respectivement à 4 pour 40 (une goulte de sérum pour 10 de culture), 4 pour 25 où 4 pour 30, et { pour 50. La valeur de la séroréaction augmente avec son intensité el son degré. Une réaction incomplète à { pour 10 et nulle au-dessus, ne sera qu'une faible présomption en faveur d'une fiévre typhoïde probablement au début. Une réaction complète à 4 p. 50 donnera la certitude absolue du diagnostic. Entre deux, se placent des intermédiaires. Une séroréaction, faible, mais dont l'intensité augmenle avec les progrès de la maladie, est en faveur de la fièvre lyphoïde (important pour lés récidives).

La séroréaction est donc un signe dont la valeur doit étre interprétée selon les eus.

e. Constatation de la séroréaction. — Le temps, au bout duquel on doit observer la séroréaction est d'environ uné heure, et ne doil jamais dépasser deux heures.

Lorsque le mélange n'est fait qu'à 4 p. 10, il ne faut guère tenir compte que des modifications qui se passent en vingt ou trente minutes et seulement des réactions absolument complètes (WinaL).

La réaction est macroseopique et microscopique.

Si elle est négative, ilne se produit pas de modifications plhysiques du mélange qui reste uniformément trouble.

Si elle est positive, on voit se passer les phénomènes suivants, qui deviennent appréciubles au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, souvent plus tôt, en quelques minutes, quelquefois: plus tard. Il se forme de petits grumeaux, comme dans un prés

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 663

la pipette ou l'aiguille de platine, on la porte directément sur une lame et on la recouvre d'une lamelle. On fait donc un eramen direct de la eulture liquide, sans dessiccation, sans coloration. On pourrait cependant colorer à l'élut frais, comme il à été dit page 260, muis cela est plus nuisible qu'utile. Un micros

B. d'Eberth. Séroréaction positive.

Gr. = 500 D,

vope ordinaire avec un objectif 8 sec est préférable ; on ne seservira pas d'objectif à immersion ni d'éclairage Abbe, ce qui augmente la réfringence des microbes et les rend plus difficiles à voir. Pour mettre au point, on se basera sur les globules rouges qui apparaissent les premiers épars dans la préparation, Dès qu'on les aperçoit on fait lentement varier la vis du microscope: Si la réaction ést négative (ou dans la préparation témoin sans addition de sang, voy. p. 658), on est immédiatement frappé par l'extrême mobilité et la grande abondance de bacilles ; on se lrouve.en présence d’une véritable fourmiliére de bacilles qui

PRONOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 665

nir posilif qu'aprés la chute de la température (P. Counmoxr, Rocuerre) !. Si donc la résection est négative, recommencez à la chercher les jours suivants sans écarter le diagnostic de fiévre typhoide, s'il y a des signes cliniques. Dans ce cas, n'attendez pas que la séroréaction soit positive pour appliquer le traitement. On devra, d'ailleurs, s'adresser de suite à la recherche du B. d'Eberth dans le sang.

Si le sérodiagnostie est positif, à partir d'un certain degré d'agglutination (voy. p. 660), il donne la certitude du diagnostic d'une infection par le B. d'Eberth.

H) PRONOSTIC BAGTÉRIOLOGIQUE

MENSUNATION DU POUVOIR AGGLUTINANT SÉROPRONOSTIC

On peut mesurer la limite du pouvoir agglutinant, qui est variable avee chaque malade et chaque période de la maladie, La mensuration se fait, comme l'a indiqué Winas, en cherchant si la réaction est positive à 4 p.10, 4 p. 50, 4 p. 100, 4 p. 500, elc., jusqu'à la limite. Certains sérums de typhiques peuvent agglu- Liner jusqu’à 1 p. 10000 (P. Courmoxr).

Comme ces mensuralions demanderaient trop de culture, on dilue avec de l'eau salée le sérum à employer pour les taux très élevés. Ainsi, dix gouttes de cultures, mélangées à une goutte de sérum dilué au dixième, donnent le mélange à 4 p. 100 et ainsi de suite.

P. Couruonr ? « étudié, dans 412 observations personnelles, ce qu'il appelle la courbe agglutinante, c'est-à-dire les variations d'intensité du pouvoir agglutinant au jour le jour. On compare lu courbe ainsi obtenue avec la courbe thermique et les symptômes d'infection.

D’après P. Counxonr, l'intensité du pouvoir agglutinant varie avec les périodes et les formes de la maladie. La courbe est, en

4 Rocuerre, Le sérodiagnostic dans l'embarras gastrique, Thèse Lyon, 1901,

2 P. Counwoxr, l'hése citée p. 666 el Revue de médecine, 1897 et 4000:

de vue de la pathologie générale.

1) TRAITEMENT BACTÉRIOLOGI

4° Sérothérapie, — On sait, depuis qu'on & animaux contre le B. Ps que leur sérum est

el curalives.

Bruxczr, Wassenwanx el Krrasaro ont, Ja souris en lui injectant du sérum a Cuanremesse et Wa, Bevuen et Prrrven de ces propriétés.

1 sufit de mélanger le sécum à la culture, porta nl ES n

suivent l'inoculation virulente,

TRAITEMENT BACTÉRIOLOGIQUE 667

Cuanremesse et Wivas ont montré que le sérum des convalescents de fièvre typhoïde, jouissait, pendant plusieurs années, des mêmes propriétés ; il faut injecter des doses fortes (10 centimètres cubes) pour immuniser un animal.

Ces sérums sont bactéricides ; ce pouvoir est détruit par un chauffage à + 60°; ils sont agglutinants (voy. p. 645).

On avait depuis longtemps essayé de guérir la fièvre typhorde humaine par des injections de sérum antityphique (Cesanis Deuez, OnLaxni, Cnaxremésse et Wipau, éle.), mais sans grand succès lorsque CHANTEMESSE a annoncé (1904) les résultats surprenants obtenus avec le sérum des chevaux immunisés avec sa toxine soluble (voy. Sérothérapie, p. 852). C'est que c'était le premier sérum antitoæique en même temps qu'anti-infectieux (1898).

2° Inoculation de cultures. — Wanicur a institué une méthode de traitemént semblable à celle de Harrkine pour le choléra et la peste (voy. p, 689 el 571).

du Colibacille type sont assez bien tranchées et assez faciles à mettre en lumière, l'embarras est beaucoup plus grand lorsqu'on a affaire à des paracolibacilles. Presque tous les caractères qui séparent le Colibacille du B. d'Eberth (sauf l'agglutinalion) sont, pour le premier, à mavima; ce sont en général des caractéres positifs chez le Colibacille qui manquent, ou sont moins marqués, chez le B. d'Eberth (fermentation de cerlains sucres, abondance des cultures sur pomme de terre, etc), Si, done, une partie de ces caractères s'efface chez un Colibacille, ce dernier se rapproche insensiblement (quant aux caractères botaniques) du B. d'Eberth ; il est très difficile de distinguer un Colibacille qui ne fait plus fermenter la lactose du B. d'Eberth ; il faut s'adresser à un ensemble de caractères, ce qui est tonjours plus délicat. Il y a une chaine ininterrompue de races entre le Colibacille type et le B. d'Eberth.

Il ne s'en suit pas, encore une fois, que les paracolibacilles les plus proches du B. d'Eberth soient des bacilles typhiques ; il s'ensuit simplement qu'on a la plus grande difficulté à les séparer.

Le Colibacille à été identifié avec : le B. pyogenes fœtidus de Passer (1885), le B. fmtidus de Bauès (1890), le B. néopolitanus d'Eusencx (1885), le D. de Brieger, le B. septicus vesicæ de Czano (1887), le B. lactis acrogenes d'Escukmica (1886), le B. de la dysenterie de Cuanremesse el WipaL (1888), le B.enteriditis de Gänrxen (voy. B. du botulisme, p.802), le B. de la diarrhée verte de LesAcr (1888), elc. On ne peut aflirmer qne tous ces microbes soient de véritables colibacilles ; ils en sont, en lous cas, très voisins.

A) IsoLemenT, CULTURES

4° Isolement. — Mmes procédés que pour le B. d'Eberth. Il suflit de cultiver une maliére fécale quelconque. Le procédé de Rodet (voy. p. 12) est le meilleur.

29 Caractères généraux des cultures. — Comme pour le B. d'Eberth. Végétalion un peu plus rapide, el en général plus

le

Les guz produits par les ex il n'y a ni O ni CO? (BovcuanD, fait pas de gaz en gélatine.

4° Cultures en.

le B. d'Eberth.

B. Bouizcox LAGrosË KT To rouge. Capital.

C, BOUILLON LACTOSÉ ET CARNONATÉ ment gazeux.

PT oi E. Bouuzôx At fluorescence verte, tandis qe 14!

p.He.

C) CamacrÈREs

4° Habitat. — Il existe dans le tube intes des animaux, dès les premieres heures (avant que l'enfant ait rien ingéré). Chez l près pur avec le Bacille lactique; chez l'adulte, 1 est très riche. Chez les fébricitants, le Colil prés seul dans l'intestin (Banp et AUBEenr).

On le retrouve duns l'eau (voy. p. 407), poussières, partout, en un mot, où les sou fécales ont pu pénétrer. C'est un des mic dans la nature,

2° Vitalité. — Plus grande que celle du B. d'ber! une minute à + 80°, .

3° Virulence. — Sa virulence est des | Cent l'homme sain il est presque toujours pee il devient très virulent duns les états là d'affections intestinales, dans la favre Ÿ maximum, lorsqu'il est l'agent de la maladie ( p. 677).

On se procure facilement du Colibacille viru l'anus d'un cobaye. I se produit une obstruction il Ja péritonite ; le bacille mi" est duns le véroaal

Sr DRE AE Qu

Le Colibacille réduit les nitrales alcalins en pro nitrites ou même de l'azote libre (Hucouxexo et Doxox) drait, pour Giuwmenr, la présence de composés amidés.

ES du mélange de B. d’Eberth et deC les deux microbes vivent en commun, ils s'in

et perdent une partie de leurs caractères riétés fer:

e B. d'Eberth p

est même normale. Il vaut mieux que que la disparition rapide du 8. d'1 ele.) contenant du Colibacille

à 1/10 ou 1/20 par le sérum d'homme no adulte normal.

Le sérum des hommes typhiques n’ag le sérum normal le Colibacille, Contesté par important a été démontré par P. putes à médie., 1902) dans une étude faite avec de 1 el des Colibacilles de laboratoire. D'autres 0 le B, coûi isolé, des selles du typhique, est ag; | du même malade. - | Lesaër avait cru que le sérodiagnostie de l'« rissons était possible. C'est une erreur.

montré que les Colibacilles des entérites des rien de spécifique ; le sang du malade n'agg Colibacille (quelquefois jusqu'à 1/1000) tandis qu pas ou peu (1/30) un autre Cokbacille d'entérite | Escuenicn est du même avis, En somme, en patho d'un malade agglutine le Colibacille du malade encore de façon inconstante. Le sérodiagnostic n’ Quant aux pouvoirs agglutinant du serum des | nisés, la question est trés complexe. Roner (189 sacré de nombreux mémoires à ce sujet. On peut ses conclusions : {° le sérum antityphique peut tins Colibacilles aussi fortement que le B.

sérum anticolibacillaire acquiert un certain p nant vis-à-vis du B. d'Eberth ; 3° le sérum an agglutine surtout lé lis colibaciiies qui ont sation ; d’autres échantillons sont peu ou pas our me En somme, il y a une action vis-ä-vis du B. d'Eberth el du Colib bililé est une propriété très inc l ne peut servir à la dingnose 4 1e à fuit remarquer que l'agglu

suffisamment agglutinables:; | LB. où varié en et, beaucoup d'un échantillon 4 l'auto; en db quoique moins cc nément, dans assez étendues. 3

ee ue: ir :

et du sérum-Eberih à l'égued du B. coli, ne saurait être ä une infection secondaire. Il ne saurait davantage

fondu avec le pouvoir agglutinatif, a

a Toto le ‘paroi ER, de += cs, par la limite des dilutions aclives, est loujours CR er bacille de méme nom, si on sur des échantillons bacillaires agglutinables au maxim

Loges agglutinatif d'un Br:

on constate qu'ils donnent de trés belles ré avec prier homologues, par exemple les nr le B. d'Eberth, la réaction pouvant être aussi belle que

t s du bacille correspondant.

Parmi les races dé B. coli peu agglutinables, il en

[ aussi bien agglutinées par le sérum-Eberth que coli c mème (ar) so Ph en:

nine à la même dose avec les échantillons a

cobayes), et à peu prés dans Pons tion de la propriété agglutinative, do

de matière immunisante égales par sérums généralement plus actifs.

D) AcTION PATHOGÈNE |

4° Action naturelle. —{labituellement sapi tin, pendant longtemps considéré comme bar

! Infection urinaire (Knogius, AcnanD

Appareil urinaire et ReauLEk

er

Salpingites.

Métrites.

Bronchopneumonies.

Pleurésies.

Thyroïdites.

{ Endocardites aiguës,

rte 2e £ Péricardites.

Appareil cireulatoire. Phlébiles.

\ Seplicémie.

Syslème nerveux. , . Méningites.

{ Ostéomyélite.

{ Arthriles.

Tissu cellulaire . . , Phlegmons.

Appareil génital. . :

Appareil respiratoire,

Appareil locomoteur

Cystites, Pyélites, Néphrites, ete.

Uriues des dysentériques (Péné).

Pourquoi le Colibacille acquiert-il parfois une grande virulence et peut-il engendrer toutes ces maladies? La réponse est malaisée. Il est probable que cela dépend surlout du terrain, plutôt que de la graine ; lorsque l'organisme est affaibli et.que la porte d'entrée est ouverte, le Colibacille devient pathogène. Une fois devenu l'agent d'une infection, surtout des entérites, il peut avoir acquis une virulence suffisante pour étre dangereux vis-à-

vis d'organismes sains (choléra nostras, etc.).

Ne pas oublier que le Colibacille se répand rapidement dans

le sang, après la mort (voy. p. 14).

2° Action expérimentale. — L'inoculation du Colibacille au cobaye, au lapin, à la souris, etc., produit exactement les mêmes symptômes que çelle du B.d'Eberth. On emploie surtout le cobaye. L'inoculation intrapéritonéale, donne une péritonite suraiguë ou purulente avec hypothermie et pussage du B. dans le sang (Rover et G. Roux). L'inoculation intrapleurale (méthode dé choix) donne : pleurésie double parfois hémorragique, depôt fibrineux sur les poumons, épanchement péricardique, congestion généralisée, B. dans le sang. L'inoculation sous-cutanée donne un. phlegmon. L'inoculation intraveineuse fail une septicémie avee

dont il peut d'ailleurs ps L’inoculation pes mr et 7

E) Toxises

La culture filtrée est Loxique (Mazvoz) ; le pr sulfate d'ammoniaque est toxique.

Il faut de fortes doses. ü L'injection intraveineuse chez le lapin p coma, bhypothermie; puis : convulsions, la mort ou (dose faible), une eachexie ch fi | (Gusenr). L'injection intrapéritonéale «le fort | donne du collapsus algide et la mort ; le sang € | par le Coli-bacille de l'intestin (AcuanD et Rexa Rocen a étudié les effets sur la grenouille.

F) IMMUNISATION

L'immunisation est assez facile à opérer. On pe doses progressives de cultures virulentes où ÆL Oncaxni, 1894; Sauvart ct GAETANO, M Mosxy, 1806, etc.).

surtout Roper (1896-1900) qui a im Da (spel, mouton) vis-à-vis de nom ucilles, par inocululion progressive de «1

r certains, les animaux vaccinés contre le ‘aussi contre quelques Colibacilles el réei J DEP dt eo Le sël

un nt contre le H. d'&b

véÉ Ÿ Colibacilles ) ne ..

-G) DrAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE

On prélève un des nombreux produits pathologiques qui vent contenir du Colibacille (fausses membranes, exsudals, sang, matières fécales, ete,), on ensemence en bouillon et 0 cultive à + 44,5 (méthode de Rover, p. 412). Si la culture négative au bout de quarante-huit heures, le Colibacille n pas en cause. Si la culture est positive et composée de ne prenant pas le Gram : faire toutes les opérations si différenciation. On recherchera si le sang du malade : son colibacille. On inoculera au cobaye, les colibacilles pr gènes pour l'homme étant d'ordinaire plus virulents le cobaye. A l'autopsie : le Colibacille normal de l'int presque toujours envahi les organes, surtout le foie (voy. p. 44 Pendant la vie même : le Colibucille peut envahir des pus en, drés par d'autres microbes, qui, eux-mêmes, peuvent avoir d paru, Donc : être très prudent dans l'attribution d'une au Colibacille.

Nous avons vu que le Sérodiagnostic des affections à cilles était impossible (Agglutination, p. 674).

H) SÉROTHÉRAPIE Voyez plus haut Agglutination (p.674)et Imnrunisation (pt

pr

mentrapide. Liquéfaction avec

teinte brune. à { C. Poxue DE veune. — Dé | :

veloppement presque nul sur (©)

| pomme de terre acide; culture

abondante, épaisse, brune (café ©

Fig. 947.

Coloni. é ane de onies sur plaque de à différents stades de d dével pement.

en cupule, ARR Esrdeue occupant le centre de La liquéfiée (fig. 317); la liquéfaction est bientôt complète, 6: sant toute la

Pur pire à les colonies apparaissent 1e long de Je

LE VIRRION CHOLÉRIQUE

4° Cultures en milieux liquides. — 4. Eau

leur milieu que le bouillon voyez plus loin, page 69). pa face, dés ln douzième heure, voile mince, blanchâtre, fragile. Dans lu suite : précipité floconneux. La rapidité de formation de ce voile est un caractère très précieux pour la diagnose.

B. Bouuuuox. — Végète plus lentement.

C. Lair. — Pas de coagulalion. Utiliser du lait chauffé à + 100% (Hess), B) COLORATION, CARACTÈRES MICROSCOPIQUES

4° Coloration. — Se colore un peu difficilement ; se servir d'une solution mordancée, Ne prend ni le Gram, ni le Claudtus.

Fig. 918.

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