A L'ÉTUDE DE LA BACTÉRIOLOGIE
La Bactériologie, la science qui traite des microbes, ne se présente plus aujourd'hui avec les caractères de implicite qu'elle offrait au momen^ de sa fondation par Pasteur. L'examen direct des microbes, leur isolement, leur culture et la reproduction de Tinfection primitive par inoculation des cultures pures, constituent bien toujours les opérations basâtes de la bactériologie, mais celles-ci ne sont que le prélude de recherches plus complexes. La différenciation de l'espèce microbienne a été reconnue entourée de difficultés; elle exige la connaissance d'une foule de caractères d'ordres divers. La même lésion peut être produite par différents microbes; le même microbe peut engendrer, suivant les cas, des lésions bien différentes; la spécificité microbienne n'existe, dans toute sa rigueur, que pour quelques espèces. Les microbes pathogènes (c'est-à-dire capables de produire une infection chez l'animal) agissent par l'intermédiaire de substances solubles qu'ils fabriquent; leur virulence est due à la sécrétion des toxines; ïinfection a été reconnue être une intoxication. La vaccination, \si prédisposition sont également le résultat de l'action sur l'organisme de produits solubles microbiens. Tout bactériologiste doit donc savoir produire, isoler, injecter ces substances solubles, dont la nature est encore loin d'être com-
PRBCIS DE BACTERIOLOGIE, 2* édit. 1
2 INTRODUCTION A l'ÉTCDE DE LA BACTÉRIOLOGIE
plètement élucidée. Réagissant contre ces intoxications, Torganisme fabrique, à son tour, d'autres substances toxiques, défensives ou favorisantes, qu'il faut savoir ex traire des humeurs; Tétude des sérums des animaux immunisés exige la création d'un nouveau chapitre de bactériologie. La préoccupation légitime de faire le diagnostic bactériologique, c'est-à-dire certain, des infections impose la recherche de méthodes spéciales pour découvrir le microbe lui-même ou pour mettre en évidence les réactions particulières à la maladie. L'hygiéniste réclame des analyses d'eau, d'air, de substances solides, indiquant le nombre et la nature des germes qui y sont contenus.
On voit que, pour être capable de remplir sa tâche, le bactériologiste doit posséder des connaissances très variées en botanique, physiologie, chimie, anatomie pathologique, pathologie, etc. Nous le répétons, la bactériologie est une science très complexe, très difficile, exigeant, outre le savoir, de grandes qualités -de jugement, de sang-froid, de patience. La valeur d'un travail de bactériologie est adéquate à l'autorité de l'auteur.
Le temps n'est plus où on pouvait apprendre toute la bactériologie avec un microscope, des matières colorantes, une étuve et quelques tubes. Il faut établir une démarcation bien tranchée entre ceux qui désirent seulement savoir appliquer au lit du malade les quelques notions devenues classiques : coloration du bacille tuberculeux, séro-diagnostics, etc., et ceux qui veulent être en mesure de faire des recherches originales, de profiter des cas qui se présenteront à leur examen. Pour ces derniers, un Laboratoire bien outillé est devenu absolument nécessaire.
Insistons sur les trois questions générales suivantes :
l<* Que doit être un laboratoire de bactériologie?
2^ Sur quels principes doit-on s'appuyer pour faire la différenciation d'une espèce microbienne?
3^» Quelles sont les causes d'erreur à éviter dans l'attribution à un microbe des lésions où il a été découvert, même lorsque la culture pure du microbe reproduit une infection de môme