LE LABORATOIRE
ordre ? Quelles sont aussi les causes d'erreur à éviter dans rinterprétation des résultats négatifs ?
§ 1. — Le laboratoire de bactériologie
Un laboratoire modèle de bactériologie doit avoir une installation permettant d'entreprendre toutes les recherches énujnérées plus haut ; il doit, en réalité, être une réunion de laboratoires, un véritable Institut. On trouvera dans le cours de Tonvrage la description des appareils divers, de la chambre étuve, des substances à posséder, des microscopes spéciaux, des appareils micro-photographiques, etc. Nous voulons simplement jeter un coup d*œil d'ensemble sur les exigences générales du laboratoire.
Il y aura de grands avantages à avoir ce dernier au rez-dechaussée, de plain-pied avec une rue. Les écuries des grands animaux (indispensables par exemple pour la fabrication des sérums], qui exigent une entrée directe sur la voie publique, pourront ainsi communiquer avec les salles de travail. La surveillance sera plus aisée, les injections pratiquées sans perte de temps, les saignées opérées sans avoir besoin de transporter au loin Tortillage. On pourra enfin prendre des tracés graphiques sur ces grands animaux, les introduire dans la salle de cours. Le Laboratoire de médecine expérimentale de la Faculté de médecine de Lyon, créé puis perfectionné par nos maîtres Ghauveau et Arloing, possède tous ces avantages,
Un grand laboratoire général sera destiné à permettre les travaux simultanés du plus grand nombre de personnes; chaque place devra posséder outre le microscope, les matières colorantes, etc., plusieurs prises de gaz (éclairage, lampe à lentille pour le microscope, bec Bunsen), un robinet d'eau, des tiroirs. Nous conseillons, pour les tables qui serviront aux autopsies, au maniement de grandes quantités de cultures dangereuses, la lave émaillée qu'il est facile de nettoyer et de stériliser. Ce laboratoire général devra posséder un système d'aspiration permettant de faire le vide et de remplacer au besoin ce dernier par de l'hydrogène ou de l'acide carbonique
INTRODUCTION A L ETUDE DE LA B A CTEUl OLOGIE
(voy, p. 206), des balancos, un serpentin pour avoir rapidement de l'eau chaude, des filtres pour stériliser Teau, une lampe d'émailleur pour travailler le verre, un bain-marie avec régulateur du chaufTage, elc.
Des centrifugeurs sont indispensables. A défaut d'appareils très perfectionnés, mais coûteux, par exemple les centrifugeurs électriques, on se servira avec avantage des petits centrifugeurs Krauss
(fip- 1).
Plusieurs petits laboratoires particuliers, complètement aménagés, permettront de travailler isolément.
L'Ue salle spéciale sera réservée aux étuves et stérilisateurs. Une chambre étuve (voy. p. 146) est de toute utilité.
Les aides devront avoir un local pour nettoyer les objets de verrerie, les préparer, et fabriquer les milieux de culture.
Un laboratoire de chimie est absolument indispensable pour les manipulations qui se présentent journellement, spécialementdaus l'étude des produits solubles.
Une salle de physiologie n'a pas un rôle moindre. A Lyon, un pavillon entier est consacré aux expériences graphiques. Les grands appareils enregistreurs de Chauveau permettent d'inscrire indéfiniment les troubles fonctionnels de l'animal en expérience ; un ventilateur d'AR- LOiNG pour la respiration artificielle est actionné par le même moteur à gaz (situé dans le sous-sol) qui met en marche les appareils enregistreurs. Les grands animaux peuvent entrer facilement dans ce pavillon. Signalons encore : une puissante batterie électrique, une machine pneumatique pour
Fig. i.
Centrifugeur Krauss.
LE LABOHATOIltE
l'analyse des gaz du sang, des appareils calorimétriques, etc. La salle de cours devra être annexée au laboratoire et aménagée pour qu'on puisse y reproduire toutes les expériences
Fig. 2.
Petit four crématoire.
utiles à montrer aux élèves. Il est très utile de pouvoir faire des projections de dessins ou même de photographies.
Pour le service micro-photographique, voir page 296.
Les écuries seront disposées pour des animaux de tailles diverses, depuis la souris jusqu'au chevaL
Un four crématoire sera de première nécessité pour détruire les cadavres infectieux (fig. 2).
Le sol doit être carrelé ou, s'il est en bois, recouvert de linoléum huilé.
Nous avons eu récemment l'occasion d'appliquer ces principes, en créant l'Institut d'Hygiène de la Faculté de médecine de Lyon^ Notre idée directrice a été la suivante : diviser autant que possible les locaux de travail, pour tout ce qui ne
* J. CouHMoxT, L'Institut d'Hygiène à la Faculté de médecine de Lyon, Revue d'Hygiène, Janvier 1903.
6 INTRODUCTION A l'ÉTUDE DE LA BACTÉRIOLOGIE
concerne pas renseignement direct des élèves. Un Institut de bactériologie, où devront être effectuées des recherches variées, par un personnel nombreux, exige cette division des locaux comme du travail.
Aussi, à côté d'une grande salle de travaux pratiques destinée aux élèves, nous avons créé des laboratoires distincts : pour nous-même, pour notre chef des travaux, pour nos préparateurs, pour les travailleurs du dehors, pour les analyses d'eaux, pour les inoculations et autopsies, pour les expériences graphiques, pour les analyses chimiques, etc., sans parler des cuisines pour les garçons, chambres pour les instruments, chenils, musées, etc.
Cet isolement relatif des travailleurs est une excellente méthode pour mener à bien les recherches bactériologiques.
L'idéal, pour un Institut de Bactériologie ^ est la réunion, sous une même Direction, de sections multiples, affectées à toutes les branches de la science bactériologique : section des diagnostics bactériologiques (médecine humaine et vétérinaire) section des sérums thérapeutiques et des toxines (tuberculine, malléine, etc.), section antirabique, section agricole (microbes et champignons de la terre, de la vigne, du vin, etc.), sections industrielles (microbes et champignons de la bière, du rouissage, de la tannerie, etc.). VInstitut de Lille (Calmette) répond à ce programme, qui est également celui de VInstitut bactériologique de Lyon et du Sud-Est fondé par le professeur S. Arloixg et par nous-même.
§ 2. — L'espèce microbienne
La doctrine du transformisme s'est imposée en histoire naturelle. Les espèces ne sont pas séparées les unes des autres par un fossé infranchissable ; des êtres, intermédiaires entre les types qui représentent l'espèce, existent ou ont existé. Mais tandis que, dans le haut de réchellede la vie, l'espèce est devenue assez ùxe, par disparition des intermédiaires, par sélection, les individus inférieurs se sont moins diiïérenciés. Il est naturel de penser que les êtres qui, à l'heure actuelle, représentent