‹ Précis de bactériologie pratiqueChapitre 111 sur 147 · AGGLUTINATION · texte numérisé non relu

AGGLUTINATION

« L'immunisation expérimentale des animaux, au moven des cultures de B. coli ou de B. (TEberthy fait toujours acquérir au sérum la propriété agglutinative, non seulement à l'égard du bacille correspondant, mais aussi k l'égard de l'autre, à la condition que le sérum soit éprouvé sur des échantillons bacillaires suffisamment agglutinables; l'aptitude agglutinative du B. coli varie en effet, beaucoup d'un échantillon à l'autre, celle du B. (TEberth peut également varier, quoique moins communément, dans des limites assez étendues.

« Le pouvoir agglutinatif du sérum-coli à l'égard du B. d'EberCh et du sérum-Eberth à l'égard du B. coli, ne saurait être attribué k une infection secondaire. 11 ne saurait davantage être confondu avec le pouvoir agglutinatif, toujours faible, que l'on peut constater dans des sérums normaux à l'égard de l'un ou de l'autre bacille; il croit, dans des certaines limites, avec les progrès de l'immunisation, et peut atteindre, en chiffres absolus, une valeur élevée .

« Toutefois, le pouvoir agglutinatif de ces sérums, mesuré par la limite des dilutions actives, est toujours plus considérable à l'égard du bacille de même nom, si on les éprouve sur des échantillons bacillaires agglutinables au maximum. Mais si on compare le pouvoir agglutinatif d'un sérum-coli, par exemple, à l'égard du B. d'Eberth et d'une série d'échantillons de B . coli formant une gamme d'agglutinabilité, on constate que ce sérum est plus actif sur le B. (VEberth que sur un grand nombre d'échantillons de JB. coli^

a Si l'on fait agir ces sérums à des doses assez éloignées de la limite de leur activité, sur des échantillons bacillaires très agglutinables, on constate qu'ils donnent de très belles réactions avec les bacilles homologues, par exemple les sérums-coli avec le B. d'Eberlh, la réaction pouvant être aussi belle que celle qu'ils donnent à la même dose avec les échantillons même les plus agglutinables du bacille correspondant.

« Parmi les races de B. coli peu agglutinables, il en est qui sont aussi bien agglutinées par le sérum-Eberth que par le sérum co/i ; quelques-unes même (rares) sont plus sensibles au sérum-Eberth qu'au sérum-coli.

Appareil urinaire . .

Appareil génital. . .

Appareil respiratoire.

Appareil circulatoire.

Système nerveux. . .

Appareil locomoteur .

Tissu cellulaire . . .

) et Renault).

I Cystites, PyéliteSf Néphrites, etc.

\ Uriaes des dysentériques (Péré).

^ Salpingites.

f Métrites.

Bronchopneumonies.

Pleurésies.

Thyroïdites.

/ Endocardites aiguës.

S Péricardites.

) Phlébites.

l Septicémie.

Méningites.

( Ostéomyélite.

} Arthrites.

Phlegmons.

Pourquoi le Colibacille acquiert-il parfois une grande virulence et peut-il engendrer toutes ces maladies ? La réponse est malaisée. 11 est probable que cela dépend surtout du terrain, plutôt que de la graine ; lorsque l'organisme est affaibli et que la porte d'entrée est ouverte, le Colibacille devient pathogène. Une fois devenu l'agent d'une infection, surtout des entérites, il peut avoir acquis une virulence suiïisante pour être dangereux vis-àvis d'organismes sains (choléra nostras, etc.).

Ne pas oublier que le Colibacille se répand rapidement dans le sang, après la mort (voy. p. 14).

Z"" Action expérimentale. — L'inoculation du Colibacille au cobaije, au lapin, à la souris, etc.. produit exactement les mêmes symptômes que celle du B. cTEberth. On emploie surtout le cobaye. L'inoculation intrapéritonéale, donne une péritonite suraiguë ou purulente avec hypothermie et passage du B. dans le sang (KoDET et G. Rocx). L'inoculation intrapleurale (méthode de choix) donne : pleurésie double parfois hémorragique, dépôt fibrineux sur les'poumons, épanchement péricardique, congestion généralisée, B. dans le sang. L'inoculation sous-cutanée donne un phlegmon. L'inoculation intraveineuse fait une septicémie avec

sérum de cheval a les Colibacilles.

G) Di

On prélève un de vent contenir du C sang, matières féct cultive à + 440.5 ( négative au bout d pas en cause. Si Is ne prenant pas le ( différenciation. On son colibacille. On gènes pour Thomi le cobaye. A Tant presque toujours ei Pendant la vie méi drés par d'autres n paru. Donc : être t au Colibacille.

Nous avons vu « cilles était impossil

Voyez plus haut ^

678 LE COLIBACILLE

lésions intestinales et hémorragies diiïuses. La souris est moins sensible. Le lapin encore moins.

Lorsque l'animal survit un certain temps (surtout le lapin), il se produit quelquefois une pyohémie (ganglions mésentériques, foie, rate) ou une polyomyélite antérieure (Gilbert et Lion, 1892) dont il peut d'ailleurs guérir.

L'inoculation intrasplénique (Rodkt et ZaIdmann) équivaut à. une inoculation intravasculaire. Elle produit exactement les mêmes effets.

E) Toxines

La culture filtrée est toxique (Malvoz) ; le précipité par le sulfate d'ammoniaque est toxique.

Il faut de fortes doses.

L'injection intraveineuse chez le lapin produit : parésie, coma, hypothermie; puis : convulsions, contractures jusqu'à la mort ou (dose faible], une cachexie chronique avec diarrhée (Gilbert). L'injection inlrapéritonéale de fortes doses au cobaye donne du collapsus algide et la mort : le sang est alors envahi par le Coli-bacille de l'inlcstin (Aghard et Uexault).

UoGER a étudié les effets sur la grenouille.

F) Immunisation

L'immunisation est assez facile à opérer. On peut inoculer des doses progressives de cultures virulentes ou de toxine (Demel et Orlandi, 1894; Salvati et Gaetano, 1895; Albarran et MosNY, 4896, etc.).

C'est surtout Uodet (1896-1900) qui a immunisé de gros animaux (chevaly mouton) vis-à-vis de nombreux échantillons de Colibacilles, par inoculation progressive de cultures vivantes ou tuées.

Pour certains, les animaux vaccinés contre le B. d'Ebcrih le seraient aussi contre quelques Colibacilles et réciproquement (Sanarelli, Cesaris-Demel et Orlandi). Le sérum anticolibacillaire serait immunisant contre le li. cVEbcrth, tandis que le

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 679

sérum de cheval antityphique ne serait pas immunisant contre les Colibacilles.

G) Diagnostic bactériologique

On prélève un des nombreux produits pathologiques qui peuvent contenir du Colibacille (fausses membranes, exsudats, pus, sang, matières fécales, etc.), on ensemence en bouillon et on cultive à -j- 440.5 (méthode de Rodet, p. 412). Si la culture est négative au bout de quarante-huit heures, le Colibacille n'était pas en cause. Si la culture est positive et composée de bacilles ne prenant pas le Gram : faire toutes les opérations susdites de différenciation. On recherchera si le sang du malade agglutine son colibacille. On inoculera au cobaye, les colibacilles pathogènes pour rhomme étant d'ordinaire plus virulents ponr le cobaye. A Tautopsie : le Colibacille normal de l'intestin a presque toujours envahi les organes, surtout le foie (voy. p. 14). Pendant la vie même : le Colibacille peut envahir des pus engendrés par d'autres microbes, qui, eux-mêmes, peuvent avoir disparu. Donc : être très prudent dans l'attribution d'ime affection au Colibacille,

Nous avons vu que le Sérodiagnostic des affections à Colibacilles était impossible [Agglutination, p. 674).

H) SÉROTHÉRAPIE

Voyez plus hdMÏ Agglutination (p. 674) et Immunisation (p. 678).

CIUlMTRi: XII LE VIBRION CHOLÉRIOUE

Découvei*i par Kogh, en 1884.

Son étude est très complexe. Le V. Cholérique n*est pas une espèce bien délimitée. Nombreuses sont les variétés s*éloignant du t^pe décrit par Koch. En outre, on a rencontré dans les eaux, dans les fèces d'hommes sains, des vibrions voisins ou même identiques, en dehors de toute épidémie (vibrions paracholériques). L'espèce : Vibrion cholérique, bien qu'engendrant une maladie bien définie, le choléra asiatique, n'est pas, botaniquement, mieux défini que l'espèce : Colibacille. Aussi, dans un travail, portant sur le V. Cholérique, doit-on toujours indiquer la provenance de celui-ci : V. de Massaouahy de Hambourg , etc. Il ny a pas un Vibtion cholérique, mais des vibrions cholériques.

On a nettement séparé du V. Cholérique : le V. de Finkler- Prior (choléra nostras), le V. Metchnikowi (maladie des poules, étudiée par Gamaleia), le V. de Denche (isolé d'un- fromage), bien que leurs caractères soient très voisins.

On relira le chapitre des Analyses d'eau (p. 420}.

A) Isolement. Cultures

lo Isolement. — On ensemence en solution peptonée (voy. p. 89) le produit suspect. Dès la septième heure, on prend une parcelle du voile et on fait des stries sur une boîte de Pétri chargée de gélose. On met à -|- 37°. Dès la sixième heure, on peut prélever les colonies. En quinze heures, l'isolement est elTeclué.

2^ Caractères généraux des cultures. — Aérobie facultatif, bien que très avide d'oxygène: vit d'ailleurs en anaérobie

ISOLEMENT. CrLTURES

dansl'mlfistin. Végète deH- iS^à + 40«.T. optima = 370. Cultive bien dans tous les milieux neutres ou légèrement alcalins. Metcnhikoff a montré que certains microbes favorisent les cultures sur plaques, et que d'autres [B. pijocyanique, certains cocci) les entravent. Un coccus blanc retarde le développement de plusieurs jours; les rares vibrions qui poussent ont des formes d'involution (double massue).

30 Cultures sur .milieux solides. — A. Gélose. — Rapidement, une strie blanchâtre sans caractères spéciaux.

B. Sérum. — Développement rapide. Liquéfaction avec teinte brune.

C. PoMMK DE TERRE. — Développement presque nul sur pomme de terre acide; culture abondante, épaisse, brune (café au lait), sur pomme de terre alcalinisée.

Fig. 317.

Page 1