ARTICLE XIII
QUELQUES ANAÉUOBIES
On a trop de tendance à déclarer un pus, un exsudât, un sang stériles lorsque la culture aérobie est restée négative. Nous
avons déjà décrit le B. du Télmxos, le V. Séptique ; il y a bien d'autres anaérohies. La plupart des pus putrides (abcès, pleurésies, etc.] sont dus à des anaérobies. La gangrène est aussi une affection presque toujours à anaérobies.
Le rôle de ces anaérobies grandira à mesure qu'on les recherchera mieux.
Veillon, aidé de plusieurs collaborateurs, a isolé un grand ombre de ces anaérobies, trouvés dans des pus fétides, des fojers gangreneux, et capables de produire la gangrène vraie des tissus.
Nous allons énumérer les plus connues de ces anaérobies.
10 Cocco-bacille de Veillon et Morax. — Isolé d'une péri cystite gangreneuse ; cultures fétides ; fait des abcès sous la peau du cobaye.
2*^Staphylococcus parvulus. — Rencontré dans Tappendicitc par Veillon et Zuber. Coccus très fin, décoloré par le Gram, ne liquéfiant pas la gélatine ; cultures fétides ; fait des abcès sou la peau du cobaye et du lapin.
3"^ Micrococcus fœtidus. — Dans plusieurs pus fétides ( Vkillon). Prend le Gram. Ne pousse pas sur gélatine; cultures très fétides ; fait des abcès chez le cobaye.
4^ Diplococcus réniformis. — Signalé par Cottet dans des suppurations périuréthrales. Ressemble au Gonocoque. Cultive bien en bouillon. Cultures fétides. Pathogène pour le cobaye.
5» Bacillus nebulosus. — Trouvé par Halle dans des pus urinaires et dans la gangrène du poumon. Petit bacille décoloré par le Gram. Colonies sur gélose glucosée à aspect nébuleux.
Qo Bacillus perfringens. — Veillon et Zuber l'ont retrouve dans presque tous les pus gangreneux. Gros bacille immobile, à bouts carrés, ressemblant au B. anthracis, gardant le Gram, sans spores, entouré d'une capsule dans le pus. Les cultures en
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milieux sucrés sont rapides et produisent beaucoup de gaz. Vitalité faible. Ti'ès pathogène pour le cobaye (phlegmon gazeux) et moins pour le lapin.
Pour ÂGHALHE (1902), serait identique au B. du rhumatisme cTAckalme-Thiroloix (voy. p. 802) et au B. enteritidis sporogenes de Klein,
7" Baoillus ramosus. — Yeillon et Zuber Tont rencontré fréquemment dans le pus gangreneux. Fin bâtonnet, formant des pseudo-filaments dans les cultures. Immobile. Garde le Gram. Cultures fétides. Pathogène pour le lapin, le cobaye, la souris.
8^ Bacillus fragilis. — Encore rencontré par Veillon et ZuBBR dans la plupart des pus gangreneux. Bacille plus petit que le précédent. Ne prend pas le Gram. Cultures fétides. Très pathogène pour le lapin et le cobaye.
90 Baoillus fusiformis. — Signalé par Veillon et Zuber dans les appendicites. Ne prend pas le Gram. N'est fusiforme que dans le pus. Cultures polymorphes et fétides. Abcès bénins au cobaye et au lapin.
iCy^ Baoillus funduliformis. — Signalé par Hallk ; retrouvé par Veillon et Zuber {B. thétoïd^s), par Rist, par Guillemot, par Veillon et Morax. Gros bacille ovoïde, très polymorphe, ne gardant pas le (iram. Cultures fétides. Ne pousse pas sur gélatine. Abcès mortels au cobaye.
110 Baoillus serpens ou radiiformis. —Décrit par Veillon et Zuber, puis par Rist, par Guillemot. (îros bacille, ne gardant pas le Gram. Liquéfie la gélatine. Cultures fétides. Abcès au cobaye.
12^ SpiriUum nigrum. — Découvert par Rist dans des suppurations auriculaires. Bacille mince, en S. avec un grain de pigment en son milieu où à une extrémité. Très mobile. Ne prend pas le Gram. Cultures fétides. Pas pathogène.
PRÉCIS DE DACTÉIllOLOGIE, 2* C'dlt. Ijl
802 MICnO{IE8 DIVERS
1 8*^ BaoilluB botulinus. — Trouvé par Van Ermengev (1 897' , iIhiis rinlesUn cl la rate d'individus atteints de Botulisrnej k la «uile de lingcstion de jambons. Grand bacille (4 à 6 ji sur i {i). avec une spore terminale (en gélatine alcaline gljcosée), peu mobile. Anaérobie strict. Prend le Gram. Liquéfie lentement la gélatine glj^cosée. Produit des gaz. Odeur butyrique. Ne végète pas sur gélatine ordinaire, sur gélose, sur pomme de terre. Ne coagule pas lo lait. Ne végète pas sur les milieux acides. La gélatine glycoséc est le milieu de cboix. T. optima = 30^. Le chlorure do s^odium (2 p. 100^ est antiseptique.
Ti*és pathogène pour le singcy la souris blatiche, le chai, le /(i|>in, le ro6<iyr. iVest grùco à une toxine (poison botulinique), de mémo nature que la toxine diphtérique, c'est-à-dire de nature alhunnnohK\ très sensible à Pair et la lumière, insoluble dans l'alcool, rélherct le chloroforme, dialysantpeu (Brieger).
14^ Strepto-bacillus pyogenes floccosus. — P. Courmont (llHH>^ a dtHTÎI ce nùcrvU>c, trouvé dans le pus d'un bubon chez un malade atteint d'une affivtîon prise d'ak>ord pour de la peste hulH^nique. Bacille trcs tin, strictement anaérobie. végétant en rtiH^n^s oompoM^s de stn^plo-bacillos. Pathogène et pvogène poiu* lo i>»Kij.c. lo hyiHs le xK;ch. La maladie humaine avait été niortoUo vbutvM ot alvo pulnuMiain^s .
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