SPIRILLE DE LA FIÈVRE RÉCURRENTE
La découverte du spirille du typhus récurrent (maladie inconnue en France, commune en Russie, à accès fébriles, bénigne) est très ancienne. Elle est due à OBERMEîER,et remonte à 1868. La maladie est purement humaine. Le spirille n*exîste dans le sang que pendant l'accès fébrile ; ensuite il se cantonne dans la rate. L'agent de transmission est la punaise.
On peut voir le spirille sans coloration dans le sang. Il est constitué par de longs filaments ondulés (15 à 50 (x), en spires (fîg. 351), très mobiles, qui brassent les hématies. Il a 4 cils vibratiles, 2 à chaque extrémité (Karlinsi). Pas de spores. Se colore difficilement. Ne prend pas le Gram. On a avantage, pour la coloration, à débarrasser les globules rouges de leur hémoglobine.
Tous les essais de cultures ont échoué.
Le spirille se conserve vivant cent jours dans le corps de la sangsue. 11 vit un à deux jours, en goutteluspendue dans le sang de l'homme (20 à 36*^) .
L'inoculation aux animaux de laboratoire échoue. Elle réussit toujours chez l'homme (MiixcH, Metchnikokf). Carter et Koch ont montré que l'inoculation sous-cutanée de sang de malade, au ainge de l'ancien continent, donne une maladie semblable à celle de l'homme (accès de deux à quatre jours après incubation de deux à six jours; pas de rechutes). Pendant l'accès, le spirille est dans le sang et toujours extraeellulairo ; apr-ès l'accès,, il est
SPIRILLE DE LA FIEVRE RECURRENTE
cantonné dans la rate et inclus dans les polynucléaires (Mktch- NiKOFF, Soudakewitch) formant parfois de véritables lymphomcs (Ponfick). Les spirilles sont englobés vivants, puisque le suc de la rate donne la maladie (Metchxikoff, Bardach).
Fig. 351.
Spirille (CObenneiei-.
Sang du doigt, coloré à la thioniue.
Soudakewitch a inoculé des singes dératés; les spirilles augmentent progressivement et tuent falaleraent.
Le diagnostic bactériologique est facile au moment de l'accès, par l'examen, ù l'état frais, d'une goutte de sang du bout du doigt. Entre los accès, il faudrait ponctionner la rate, ce qui est dangereux.
A l'autopsie, on ferait des coupes de la rate.
Le sang du singe, après l'accès, est bactéricide in vitro (Gabritchewsky). Si on prend une goutte de sang de malade pendant l'accès, contenant des spirilles, et qu'on lui ajoute du
sérum de singe guéri, les spirilles meurent en deux ou trois heures au lieu de survivre plusieurs jours. Metchnikoff, Soudakkwitch, Bardach nient cette propriété bactéricide.
GABRITGHEW9KY, Bardach Ont traité des singes avec du sérum de singe en défervescence ; la maladie a paru écourlée. La guérison n*est pas définitive. Il peut se produire une rechute, quelques jours après.
Sakharofk a observé, à Tiflis, une septicémie des oies rauséc par un spirille analogue (Spirochœtc ansemia). La maladie est mortelle.
article XVI IIACILLE ICTKHOiDE
Ce bacille {ictéroïde ou amaril), découvert par Sanarelli, serait, pour lui, Tagent de la fîùvre jaune. On sait actuellement quil
Fig. 3nî.
B. ictéroide.
Culture de 4S heures en bouillon.
H eu est rien. C'est néanmoins un microbe intéressant et très pathogène.
Bacille à bouts arrondis (fig. 352). Formes d'involution très
BACILLE IGTfiUOÏDE 807
fréquentes (fig. 353). Très mobile; 4 A 8 longs cils vibraliles. Se colore facilement. Ne prend pas le Gram.
Aérobie facultatif. Fait fermenter activement le glucose. Tué instantanément à + 6^^*
L&culture en bouillon est toujours précaire. Elle est plus abon-
Fig. 3o3.
fi. icléroide.
Culture de 8 jours en bouillon.
danlc en bouillon additionné de sang de lapin (Bhuschettini), ou de 2 p. 100 de lactose et de carbonate de chaux (S.\narelli). La gélatine n'est pas liquéfiée. Les colonies sur gélose ont un bourrelet comme un cachet de cire (assez caractéristiques). Mince pellicule sur pomme de terre. Le lait n'est pas coagulé.
Très pathogène (Foa, Della Rovere) pour la plupart des animaux (souris, cobaye, lapin, chien, grenouille ^). Il se retrouve dans le .sang.
C'est à la fin de la maladie et à l'autopsie qu'on a isolé sur gélose (avec beaucoup de difficultés) le B. ictéro'ide du sang et de la rate des malades.
* Voyez l'élude anatomo-pathologique de ces basions, dans le Journul de Physiologie et de Paiholofjie y é ne' raie : Délia Rovehe. 1901 : p. 977. Bibliographie.
Pour Archinahi) et Woodsox, le sùrum des malades serail agglutinant.
Saxarelli aurait vacciné le cheval avec des cultures ûltxées, puis slérilisces, puis vivantes et le sérum serait préventif et curateur.