‹ Précis de bactériologie pratiqueChapitre 134 sur 147 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

La rage est une infection dont Vagent pathogène nom est encore inconnu. Toutefois, les procédés de diagnostic et de traitement de cette maladie sont trop importants à. connaître, son étude est trop féconde en applications à la bactériologie, pour que nous ne lui consacrions pas ici quelques pages.

§ 1. — Rage naturelle

La cause en est toujours la contagion soit par morsure, soit par léchement, soit par contact de salive virulente avec une plaie ou une musqueuse délicate. Les morsures à la face et aux mains sont les plus dangereuses.

La période à* incubation est très variable, mais toujours longue : quarante jours en moyenne chez Thomme et chez le chien.

1° Chez V homme y il est classique de décrire deux formes : l'^ forme furieuse, 2^ forme paralytique d'emblée.

Dans la forme furieuse, il peut exister quelques prodromes : troubles intellectuels, hypéresthésie sensorielle.

A la période d'excitation, le symptôme le plus constant est le spasme hydrophobique: le contact, la vue, le simple bruit d'un liquide sont l'occasion de crises de constriction pharyngée avec angoisse précordiale et tendance aux arrêts respiratoires ; l'ingestion des aliments solides ne peut se faire qu'au prix des

mêmes difBcultés. Des accès de fureur, analogues à ceux de la manie aiguë, rarement avec tendance & mordre, obligent d'isoler et parfois d'attacher le malade. Très fréquents sont les troubles intellectuels et sensitivo-sensoriels, en particulier les hal< lucinations.

A la période paralytique, on observe de la faiblesse, puis de rimpotence, d*un ou plusieurs membres, de la mjdriase, de la salivation, de la glycosurie ; le pouls est rapide et intermittent, la température centrale atteint 40^. Le malade meurt dans le coma.

Dans la forme paralytique (GamaleIa), ce deuxième groupe de symptômes s'observerait d'emblée en l'absence de fureur.

Paviot et LesueurS décrivent quatre formes de rage humaine : cérébrale, médullaire, cérébelleuse, sympathique. Voyez page 863, les lésions, décrites par ces auteurs, qui correspondent aux symptômes de ces différentes formes.

La durée moyenne de la maladie est de quatre jours. Le pronostic est fatal.

29 Chez le chten^ les vétérinaires admettent deux formes : furieuse et paralytique. Dans la première : début par des modiûcations du caractère ; puis : fugues, aboiement rauque, prolongé, non motivé ; prurit, priapisme, dysphagie, accès de fureur pendant lesquels Tanimal aval» des corps étrangers ; à la fin, paralysie du train postérieur, puis des quatres membres, dyspnée et asphyxie terminale.

Dans l'autre forme, l'animal ne peut aboyer ni mordre, la paralysie débutant ordinairement par la tête : c'est la rage muCi muette ou tranquille.

Durée : trois à huit jours.

2^ Chez le chat, la rage est presque toujours furieuse, mais l'animal se cache, et ne mord guère que si on l'approche.

4<' La forme furieuse est également la plus fréquente chez le cheval et chez les ruminants.

* J. Paviot et Ch. Lesieur, Eludes cliniques et anatomiques sur trois cas de rage humaine. Journ. de Physiol. et Pathol. gén. 1002; 677-693.

Page 1