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RAGE EXPERIMENTALE

Tous les mammifères sont sensibles à la rage. 5® Il y a aussi des cas de rage des oiseaux,

§ 2. — Rage expérimentale

Tout ce que l'on sayait, avant Pasteur, sur la pathogénie de la rage, c'est que le virus était probablement de nature solide, puisqu'il ne traversait pas les filtres de plâtre (P. Bert, Nocard), qu'il suivait de préférence la voie nerveuse dans l'organisme (DuBOuÉ, de Pau) et que le lapin était Tanimal de choix pour son étude (Galtier).

En i88i, Pasteur démontra scientifiquement que le virus rabique siège surtout dans les centres nerveux, et que la meilleure manière de le transmettre sûrement est l'inoculation à la surface du cerveau par trépanation. En 1885, il fit connaître le moyen de transformer le « virus de la rage des rues », à incubation variable, en un « virus fixe », à incubation constante de sept jours, par des passages répétés de lapin à lapin.

La rage du lapin inoculé avec du virus fixe, frais, offre une évolution remarquablement constante, à condition que l'inoculation soit pratiquée sous les méninges, dans le cerveau, ou même dans la chambre antérieure de Tœil (la voie sous-cutanée est souvent infidèle). Elle est toujours paralytique d'emblée, et l'animal peut-être manié sans danger.

Le début des sympt<)mes a lieu entre le sixième et le septième jour, par de la parésie du train postérieur : le lapin, soulevé de terre et brusquement rel&ché, ne retombe pas d'aplomb sur ses pattes ; en outre, il est abattu, ne mange pas. Vers le dixième jour, il est paraplégique, étendu sur le fianc, présente de la dyspnée, de la salivation, du mâchonnement, des mouvements fibrillaires. 11 meurt le douzième jour en asphyxie, et dans un état parculier de rigidité cadavérique.

Le cobaye est un animal plus économique pour le diagnostic de la rage des rues. On se contente, d'ordinaire, de Tinoculer dans les muscles de la nuque. La période d'excitation est généralement très marquée, la période paralytique très courte ; la durée, de quinze â vingt jours.

L'inoculation expérimentale au chien est souvent négative sous la peau, â moins de lacérations préalables des trajets nerveux. 11 est plus sûr de choisir la voie intra-crânienne ou mieux oculaire. Dans ces conditions, le virus Gxe donne au chien une rage tranquille, qui le tue en douze à quinze jours.

Par ces méthodes expérimentales, on a déterminé la virulence des organes. On a décelé le virus dans la salive, dans les glandes salivaires, dans le système nerveux central tout entier, dans les troncs nerveux périphériques et le liquide céphalo-rachidien. Règle générale, et malgré quelques inoculalations positives de lait de rabique, le virus est absent des autres humeurs et des autres tissus de l'organisme, sang, muscles, viscères, etc. : même la bile exerce sur lui une action empêchante (Fraszius, Vallêk, etc.).

C'est seulement lorsque les symptômes bulbaires ont éclaté que la virulence est étendue à tous les centres nerveux. Par contre, la salive serait contagieuse plusieurs jours avant l'éclosion des symptômes chez le chien (Nogard et Koux).

§ 3. — Diagnostic de la rage

Les vétérinaires font le diagnostic de la rage, le plus souvent, d'après les résultats de Vautopsie (corps étrangers de Testomac, congestions viscérales, lysses), ce qui est tout à fait insuffisant. L'examen clinique, lorsqu'il est possible, est préférable, mais, presque toujours, c'est un diagnostic post mortem qui est demandé.

Scientifiquement, le procédé de choix est Vinoculation d'un fragment de bulbe dans le cerveau ou dans l'œil d'un lapin, ou dans les muscles de la nuque d'un cobaye. (11 est prudent de faire séjourner vingt-quatre à quarante-huit heures le bulbe suspect dans la glycérine stérilisée, pour se mettre à l'abri des germes de septicémie, et d'inoculer deux animaux, par crainte d'une mort accidentelle.) L'inconvénient de cette méthode, c'est qu'elle ne renseigne pas en moins de quinze à vingt joui*s, et qu'on ne peut attendre sa réponse pour commencer le traitement des per^

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