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L ESPECE MICROBIENNE

droits, puis des bacilles en forme de clou, puis des formes indéterminées résultant de la fragmentation des éléments ; les spores isolées ressemblent à des cocci, les fragments de bacilles n'ont aucune forme descriptible. Le Colibacille, le Bacille dEberth varient depuis Tétat presque punctiforme, très voisin du coccus, jusqu'à celui de bacilles allongés traversant tout le

'^'Ol^ji^''''

Fig. 3.

Modifications morphologiques du Bacille pyocyanique, obtenues par

addition d'antiseptiques divers (d'après Chakrin et Guignard).

A, culture en bouillon oormal. — B, culture de 48 heures en bouillon additionné de 5 p. 1000 d'acide boriquo. — G, culture de 4 jours en bouillon additionné do 8 p. 1000 d*acide borique. — D, culture de 24 heures en bouillon additionné de bichromate de potasse (0 gr. 15 p. 1000). — E, culture de 2i heures en bouillon additionné d'acide thjmique (0 gr. 50 p. 1000). — F, culture de 24 heures en ImuîIIou additionné d'alcool (40 ce. p. 1000). — G, euUiirede 8 jours en bouillon additionné de 8 p. 1000 d'acide borique.

champ du microscope ; il suffit, pour avoir ces grandes formes, de les cultiver dans des conditions dysgénésiques. Une culture, même normale, du Bacille de Lôf/ler offre des bacilles et des individus en poire, en massue. Le Streptocoque, trouvé par ÂRLOiNG et Chantre dans Tinfection purulente, se montre dans une même culture en bouillon, sous forme de longs ou courts streptocoques, de grains isolés, ou même de bacilles dans la croûte desséchée le long des parois lorsque le liquide s*est

10 INTRODUCTION A l'ÉTUDE DE LA BACTÉRIOLOGIE

évaporé. Gharrin et Guignard ont pu donner au Bacille T^ocya^' nique toutes les formes représentées (îgure 3, en additionnant les milieux de différents antiseptiques. Mais, en somme, tous ces microbes ont une fprme normale qu'ils reprennent dès \. qu'on les replace dans les condîtrons habituelles de végéta-

\tion.

D'autres fois, les variations peuvent ^tre plus profondes et

' persister en l'absence des conditions qui les ont déterminées; on a pu créer des races de Racillus anthracis (Ghauveau, Phis ALIX, Roux), on a pu transformer du Staphylocoque pyogène

Fig. 4.

Cocci : schéma des principaux types de groupement.

doré en blanc (J. Gourmont et Rodet) , on a pu faire du Bacille pyocyanique ne sécrétant plus de pigment. La création artificielle de ces races implique-t-elle la possibilité de transformer une espèce en une autre? Nous ne saurions le dire '.

Fixons la valeur des termes qui se rapportent à la morphologie des microbes. Geux-ci se présentent sous trois formes principales :

i<* La forme coccus (fig. 4) est arrondie. Le micrococcus (A) a

* Pouf toutes les questions se rattachant à la botanique des microbes, lire l'article de Guignaud : Traité de pathologie générale de Bouchard, t. II, p. 7. Jn article Infection de Ghariun. — Pour le polymorphisme : consulter : De la variabilité dans les microbes au point de vue morphologique et physiologique, par A. Rodet, 1894.

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des éléments isolés ou réunis sans ordre . Le streptococcus (B) est une chaînette de cocci. Le staphylococcus (G) est une grappe de cocci. Le micrococcus lelragenus (D) est groupé en carré par quatre. La sarcine (E) est un amas de tétragènes. Le leuconostoc (F) est un chapelet plongé dans une gangue gélatineuse. Vascococcus (G) est une réunion de cocci enfermés sans ordre dans une gangue. Les cocci adhérant entre eux pour former un amas constituent les zooglées (H).

2^ La forme bacillus (fig. 5) ressemble à un bâtonnet. Le bactérium (A) est ovoïde très court ; le bacillus (B) est cylindrique, plus long et présente beaucoup de variétés. Les leptothrix, crenothrix, beggiatoa (G) sont des filaments, longs, cloisonnés. Les

Fig. 5.

Bacilles : schéma des principales formes.

cïadothrix sont d'apparence ramifiée. La ramification vraie s*observe dans le genre streptothrix (fig. 5 D et fig. 268) et chez quelques bacilles (B. tuberculeux. B. diphtérique). Les streptobacilles (E) sont des chaînettes de bacilles.

On a donné le nom de bactéries ovoides à un groupe de bacilles courts, dits cocco-bacilleSy ayant quelques propriétés communes : forme courte (fig. 5, A), décoloration par le Gram, non liquéfaction de la gélatine, non fermentation du sucre, pathogènes pour Thomme et les animaux en faisant des lésions hémorragiques. Ges microbes intéressenf surtout les vétérinaires ; on a cependant rangé dans ce groupe certains microbes humains, tels que celui de la peste. Ce terme de bactérie ovoïde n\i pas la signification d'un genre ou d'une espèce. Ce n'est pas une classification, c'est un groupement pathologique.

LiGNiKRES range une partie de ces bactéries ovoïdes dans le

12 INTUODUCTIOX A l/ÊTUDE DE LA BACTÉRIOLOGIE

genre Pasteurella de Trkvisan. Les maladies causées sont des Pasteurelloses (ovine, bovine, équine).

Ces termes n'ont pas grande importance, au point de vue purement morphologique.

30 La forme spirillum (fig. 6} est spiralée. Le vibrio (A) est un

FiK. 6.

Spirilles : schciiïa des principales formes.

bcUonnet court, courbé en virgule. Le spirillum (B) est long, en spirale peu serrée. Le spirochœlc (G) a des tours de spire serrés, nombreux.

^^^Pour lesci/i' vibratiles des bacilles et desspirilles, voir page 275.

On peut trouver toutes les formes de transi lion. Aucune classification dichotomique basée sur la morphologie n'est possible. La dénomination d'une espèce devra comprendre plusieurs mots ; le premier sera une indication morphologique : bacille, spirille, coccus ; le second (et les suivants, si besoin est de plusieurs) indiquera la propriété la plus saillante de l'espèce : Staphylocoque pyogène, Bacille de la diphtérie. Bacille du tétanos, Bacille tuberculeux. Bacille pyocyanique, etc.

Il existe également des microbes beaucoup plus petits que tous ceux auxquels nous venons de faire allusion et dont la forme est difficile à déterminer. Le Bacille de Vinfluenza est déjà petit. Plus petit encore est le microbe décrit par Nocard et Roux comme l'agent de la péripneumonie bovine.

On verra, page 246, que ces microbes (agents de la péripneumonie ôoumcdéla fièvre aphteuse, de la clavelée, etc.) sont tellement fins qu'ils peuvent traverser les filtres en porcelaine ; si bien que le liquide filtré est resté virulent.

Rien ne s'oppose à l'existence de microbes assez ténus pour que nos moyens actuels de grossissement soient insuffisants à les mettre en relief.

CAUSES D ERREUR i3

On a quelquefois appelé ces microbes, mais à tort selon nous, microbes invisibles (voy. p. 221).

§ 3. — Des principales causes d'erreur dans l'interprétation DES résultats obtenus EN RECHER- CHANT UN MICROBE DANS UN ORGANISME INFECTÉ.

10 La recherche a été positive. — Un microbe a été isolé d'une lésion infectieuse; son espèce a été déterminée; son pouvoir pathogène a été vérifié ; inoculé à l'animal, il a reproduit la lésion originelle. Est-il l'auteur de l'infection primitive*? Pas fatalement. Quelques causes d'erreur doivent être signalées.

a. Supposons d'abord une prise d'un produit pathologique sur V homme vivant. Presque toujours le microbe isolé sera l'agent causal de l'infection. Il est cependant des cas où un microbe pathogène a envahi des lésions déjà formées. Nos cavités naturelles fourmillent de microbes pathogènes : Staphylocoque pyogèncy Streptocoque pyogène, Pneumocoque, Colibacille, etc. Ces microbes seront-ils fatalement la cause des entérites, des amygdalites, des fausses membranes où on les rencontrera? On sait combien il est malaisé d'aiiirmer par exemple qu'une fausse membrane diphtérique contenant des streptocoques a bien une origine mixte. On trouve des staphylocoques dans les tumeurs adénoïdes, dans les bronches gangrenées, etc. ; ces microbes sont simplement les hôtes de ces lésions. Ce ne sont pas seulement les affections des cavités naturelles, placées pour ainsi dire à ciel ouvert, qui peuvent être envahies secondairement par des microbes. On ne compte plus aujourd'hui les observations d'abcès du foie n'ayant donné lieu dans les milieux de culture à aucun développement microbien ; lorsque ces abcès sont au contraire fertiles, quelle certitude a-t-on que le microbe isolé n'est pas venu habiter l'abcès déjà formé ? 11 y a d'ailleurs des faits positifs à citer. Nbtter ponctionne une première fois un abcès du foie et reconnaît la stérilité du pus ; un examen ultérieur met en

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