ACTION SUR MILIEUX SPÉCIAUX
dans la culture d'indol et d'acide azoteux, Ali-Cohen démontra bientôt que tous les microbes engendrant de Tindol donnent la réaction du choléra, parce que la plupart des acides minéraux sont impurs et contiennent de l'acide azoteux. Dunham, KocH montrèrent alors que la réaction du rouge choléra a une réelle valeur, mais à condition : 1<> de n'opérer que sur des cultures en solution de peptone (l'addition d'un peu de nitrate de potasse favorise) et non en bouillon même peptoné ; 2® de se servir d'acide sulfurique absolument pur, privé d'acide azoteux. En d'autres termes, le Vibrion cholérique serait le seul à fabriquer simultanément dans une solution de peptone de l'indol et de l'acide azoteux. D'autres vibrions (V. de Finkler- Prior^ V. Metchnikowi) présentent cette réaction. Certains V. cholériques ne la présentent pas. Brieger a étudié la matière colorante du Choléra-Roth, qu'il a pu reprendre par l'éther,
On verra, à propos de chaque microbe {Deuxième Partie) les réactions biologiques et biochimiques qu'il présente (fermen talion des sucres, modification des nitrates, etc.).
12^ Aotion particulière sur certains milieux de oulture; aspect des colonies sur milieux spéciaux. — Pour faire la diagnose d'une espèce microbienne, il faut, autant que possible, essayer de la cultiver sur des milieux spéciaux qui lui conviennent particulièrement, ou sont modifiés par elle d'une façon caractéristique, ou enfin lui donnent un aspect tout spécial.
Nous ne pouvons revenir ici sur tous les miliettx spéciaux que nous avons décrits au chapitre III. On trouvera à la Deuxième Partie la façon d'employer les plus utiles d'entre eux pour le diagnostic des maladies infectieuses.
Nous insisterons seulement sur quelques modifications importantes de milieux courants, opérées sous l'influence de certains microbes, et pouvant servir à les distinguer.
La liquéfaction de la gélatine par diverses cultures est un caractère précieux à noter. Il est assez fixe, sans cependant être absolument constant pour une même espèce. Tel microbe liquéfiant peut perdre cette propriété, au moins tem-»
PRÉCIS OE DACràRIOLOOIE, 2« édit. 16
242 EXAMEN MACftOSCOPlQCE DES CULTURES
porairemcnl. J'ai conservé pendant longtemps un tube d*Esmarch fourmillant de colonies du B. pyocyanique qui n'avaient pas liquéfié la gélatine. Cela se comprend d'ailleurs très bien. Cette liquéfaction est une véritable digestion à l'aide des diastases sécrétées par les microbes ; ceux-ci peuvent à un moment donné cesser de fabriquer ces ferments solubles. Parmi les microbes qui liquéfient la gélatine, certaines diffé-
Fig. Ui7.
Culture de Staphylocoque pyogène en tube de gélatine, âgée de huit jours.
l, colonie liouéOanlP. — i. gétmline liqu^PitV cl trouDle. — 3, p^Ulinc clmire non liquiHî^.
Fig. 168.
Culture de ïîacilhis anihracis en tube de gélatine, âgée de huit jours.
1 , cmpuchon de caoutchouc. — S. tampon de coton. — 3. colonie liquéfiante.
— 4. gélatine non liquéfii^.
rentes sont à noter {ûg. 156). Les uns liquéfient très rapidement, d'autres lentement* progressivement, formant une cupule dans la gôlaline ol n'arrivant que très tardivement à la liquéfaction complète. Si vous ensemencez une goutte de Staphylocoque ;)»/uf/t'Hr sur un tube de gélatine, vous voyez la liquéfaction se faire lentement et pivgressivement; au bout de quinze jours ou trois semaines, le fond du tube est encore solide et transparent supportiint la partie liquélioe et trouble ^fig. 156,5 et 167). l.o liiiaUus anthracis liquôtie lentement en formant une cupule yllg. 168); ses cultures jeunes n'ont pas liquéfié (fig. 156,4).
AGGLUTINAfilLITE 2i3
La simple culture sur gélatine est donc très précieuse puisr qu'elle permet de distinguer : i^ les microbes qui ne poussent pas sur ce milieu (Pneumocoque, B. tuberculeux] ; 2» ceux qui y poussent en liquéfiant; 3^ ceux qui y poussent sans liquéfier.
Voici quelques exemples de microbes qui poussent sur la gélatine :
UICROBES LIOI'ÊFIANTS : MICRODRS NE LIQCÉFUNT PAS :
Staphylocoque pyogéne.
B. pyocyanique.