V. cholérique
Bacillus anthracis.
Vibrion septique, etc.
B. coll.
B. d'Eberth.
Micrococcus tetragenus.
Bacille de Lôffler, etc.
La flgure 156 schématise quelques types de culture sur gélatine, les uns ne liquéfiant pas, d'autres liquéfiant.
La liquéfaction de la gélose ou du sérum gélifié est très rare. Le Vibrion cholérique liquéfie le sérum.
La coagulation du lait dans lequel on cultive un microbe est assez caractéristique. C'est ainsi que le B. coli coagule le lait tandis que le B. typhique le laisse liquide ; le B. coli sécrète un ferment caséiOaut, et le B. typhique n'en sécrète pas. Malheureusement^ certains échantillons du B. coli ont perdu la faculté de caséifier le lait; ce moyen de diagnostic n'est donc pas infaillible. La coagulation du lait indique, quand elle existe, qu'on ne se trouve pas en présence du B. typhique ; lorsqu'elle ne s'opère pas, on n'a pas forcément affaire au B, typhique,
13<^ Sporulation. -— On a un grand intérêt à savoir si un microbe se reproduit par spores. On est encore bien indécis sur l'existence des spores d'un grand nombre d'espèces. Nous verrons au chapitre suivant la fa(;on de reconnaître les spores au microscope ; rappelons simplement ici que les spores étant très résistantes à toutes les causes de destruction, on soupçonnera leur existence toutes les fois qu'une semence aura résisté à la dessiccation, à la lumière, à un chauffage à 4- 100^ etc.
14"^ Agglutinabilité. — L'agglutinabilité des cultures mi-
2i4 EXAMEN MACROSCOPIQUE DBS CULTURES
crobiennes par certains sérums, vue, en i889, avec le B. pyocyaniqne, par Guarrin et Roger, a été bien mise en relief par Pfeiffer, en 1894, avec le Bacille du choléra. Les noms de Gru- BER et DuRHAM, de WiDAL (voy. p. 645) sont les plus importants à citer.
Depuis la découverte de la propriété agglutinante de certains sérums d'individus soit immunisés (sérum antidiphtérique et antityphique, etc.) soit simplement malades (typhiques, tuberculeux), sur les cultures du microbe causal, on a voulu faire inversement, de l'agglutinabilité de ce microbe, par un sérum connu, un moyen de diagnose. En principe, la méthode est excellente. Il faut, cependant, ne lui demander que ce qu'elle peut donner. Sous sa forme absolue (tout microbe agglutiné par le sérum a est le microbe a; tout microbe non agglutiné par le sérum a n'est pas le microbe a), elle donnerait des résultats inexacts.
D'abord, la question de dose est très importante. L'agglutinabilité n'a de valeur que dans certaines limites qu'il ne faut pas dépasser. L'effet obtenu doit donc être comparé à la proportion du mélange de sérum et de culture. C'est ainsi, par exemple, que les sérums typhiques agglutinent légèrement certains Colibacilles ; ceux-ci ne sont cependant pas pour cela des Bacilles (TEberth; ils ne seront jamais agglutinés, comme ceux-ci, avec des doses infimes de i/iOO, 1/500, l/lOOO ou même moins.ll y a donc une question de degré, hors de laquelle l'agglutinabilité perd son importance dans la diagnose de l'espèce microbienne.
En sçcond lieu, tel microbe peut avoir perdu sa faculté agglutinative, de même qu'il peut la récupérer.
Prenons comme exemple le D. d'Eberth. Il n'est pas douteux que ses cultures sont d'autant plus agglutinables qu'elles sont plus anciennes dans un laboratoire (Rodet) ; la faculté agglutinative augmente avec le nombre des générations artificielles, jusqu'à un certain taux où elle reste fixe. Bien plus, certains B, d^Eberth récemment retirés des organismes des typhiques ou des eaux ne sont pas du tout agglutinables, tout en étant de véritables B. d*Eberth, On les constate agglutinables au bout de quelques
PASSAGE DBS MICROBES 245
générations. Bancbl *■ a étudié à ce point de vue dix échantillons de B. cTEberth. Sur sept bacilles que j'avais isolés du sang des typhiques, un seul était aussi agglutinable que les échantillons entretenus au laboratoire ; les autres étaient agglutinés, par exemple, à 1/50 par un sérum agglutinant à i/200 les bacilles témoins. A la dixième génération, tous les bacilles étaient normalement agglutinables. Trois bacilles, isolés de suppuratrons post-typhiques, ne se laissaient pas agglutiner, mais acquéraient cette propriété au bout de quelques mois d'entretien dans le laboratoire. Chantemesse, Emery, etc., ont noté ce défaut d'agglutinabilité des B. d'Eberth des eaux.
L'absence d^agglutinabilité ne doit donc pas modifier définitivement la diagnose d'une espèce microbienne.
Certains microbes ne paraissent pas propres à la recherche de Tagglutinabilité parce qu'ils ne végètent pas en cultures homogènes (ils sont naturellement agglutinés) ; on peut rendre les cultures homogènes par certains artifices. On verra que le B. de Koch végète en cultures homogènes si on les agite (Arloing; p. 451); il en est de même du B, de Lôffler (Nicolas; p. 613). On a imaginé des appareils destinés à agiter continuellement les cultures.
15oPa8sage desmiorobesàtraversles parois poreuses. —
Lorsqu'on filtre une culture ou de l'eau à travers une bougie en porcelaine (Chamberland ou autres) on arrête tous les microbes (voy. : Filtrationp, 52). On savait, cependant, depuis longtemps, que cette propriété d'arrêter les microbes n'est pas absolue. Au bout de quelques jours, la bougie Chamberland, adaptée à un robinet d'eau sous pression, laisse passer les microbes en assez grande abondance. Ce qu'on ignorait, c'est l'extrême facilité avec laquelle certains microbes peuvent traverser les bougies. C'est là une donnée d'une importance considérable, très précieuse pour le bactériologiste. (I. D'abord, certains microbes sont extrêmement petits^ de
* Banckl, Journal de Physiologie et de Pathologie générale i90i, p. 519.
dimension bien plu» minime que celle des microbes que nous sommes habitués à étudier (voy. p. 221). Soumis à une faible pression, ils traversent facilement et rapidement certaines bougies qui retiennent les microbes ordinaires. Cette découverte est due à MM. Nocard et Houx qui ont ainsi isolé le microbe de la péri-pneumonie bovine. Ce dernier très fin, à peine visible, peu coîorable, traverse les bougies suffisamment poreuses lorsqu'on filtre de la sérosité pneumonique. Le liquide qui a passé est virulent.
Ce fait capital a suscité un grand nombre d'expériences dans le m^me sens. LOffler pense avoir ainsi fait passer par les bougies le microbe inconnu de \bl fièvre aphteuse, Borrel estime que le virus claveleux, ainsi filtré, est encore virulent. M. Nicolle a fait également traverser les fiUres au virus de la peste bovine, elc, La voie ainsi ouverte sera fertile en applications.
Le passage des petits microbes à travers les filtres exige, pour réussir, certaines conditions assez minutieuses.
Les bougies ne sont pas toutes également perméables. Les bougies Chamberlaud de R à F sont de plus en plus poreuses. On s'adressera donc aux bougies F. Borrel a même fait fabriquer des bougies F, à Fjo de plus en plus poreuses. Les bougies Berkefeldsont(ou étaient) encore plus poreuses. Plus la bougie est mince, plus la chance de tiltratîon est augmentée.
Il ne faut pas trop diluer le liquide à filtrer, car un grand nombre de microbes sont fatalement retenus et le liquide filtré pourrait être jugé, faussement, comme stérile.
Seuls les microbes parfaitement libres peuvent traverser les cloisons poreuses. S ils sont intraleucocytaires ils sont retenus.
Si le liquide qu'on veut filtrer e^t une sérosité non diluée, la
viscosité du liquide peut entraver le passage. C'est là Técueil
contraire à celui de la dilution.
H vaut mieux acir par pit^ssion que par aspiration.
On voit quels soins doivent être apportés à ces expériences,
pour les ixHissir. IVs résultats néiralifs ne prouvent rien, tant
qu'ils ne sont (kis muUîpUcs, eutliuiinant les causes d'erreur.
b. Los micivbos de xiunctksions ordinatrts, le pius souvent très
PASSAGE DBS MICROBES ^7
mobiles, peuvent traverser très rapidementles bougies filtrantes si celles-ci sont plongées dans un liquide nutritif et placées à l'étuve. C'est en somme, en végétant, et non plus par pression, que ces microbes traversent la paroi poreuse. C'est Cam- BiER qui, en 1901, a attiré l'attention sur cette curieuse propriété. Il avait cru trouver là un moyen de séparer le B. d'Eberth, des autres microbes des eaux (voy. p. 417). Il n'en est rien, mais le procédé est intéressant.
On le trouve décrit, page 168, avec les expériences de Lesieur, de Carnot et Fournier et les dispositifs recommandés par ces auteurs.