‹ Précis de bactériologie pratiqueChapitre 62 sur 147 · METHODE DK COLORATION' DU B. TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

METHODE DK COLORATION' DU B. TUBERCULEUX

couche uniforme à la périphérie du bacille, une véritable enveloppe protectrice.

Ajoutons que le Bacille de la lèpre présente les mêmes propriétés. Pour Nrisskr, Kuhne, Bordoni-Uffreduzzi, il se colorerait plus facilement par le bleu de mélhylène alcalin; pour LusTGARTKN, il résisterait mieux (après coloration par VEhrlich) à Faction décolorante d'une solution à 1 p. i 00 dhypochlorite de soude; pour Neisser, Baumgarten, il pourrait se colorer à froid dan? un bain simple.

Le Bacille (le la tuberculose aviaire se colore plus rapidement que celui de la tuberculose des mammifères.

Les Bacilles du smegma (Alvarez et Tavel) et du cérumen (Gottstein) ne présentent les réactions du Bacille de Koch que grâce à leur manteau graisseux provenant du milieu ambiant (Bienstock).

On a découvert récemment toute une série de bacilles, ayant les mômes réactions colorantes que le bacille de Koch, on les a appelés plus spécialement : acidophiles (voy. p. 513).

On emploie plus volontiers les rouges que les violets; ils tranchent mieux à la lumière artificielle, et se conservent plus longtemps. On préservera avec soin les lamelles des matières grasses qui empêchent les colorations.

Voici le détail des principales méthodes.

1° Procédé d'Ehrlich. — Séjour d'une demi-heure, ou plus, à froid, de quelques minutes, à chaud (jusqu'à dégagement de vapeurs)» dans la solution suivante à faire au moment de s'en servir :

Eau d'aniline 100 cent, cubes.

Sol. alcoolique saturée de fuchsine ou de violet de méthyle 11 —

On agite ensuite la lamelle pendant quelques secondes dans :

Acide nitrique (pur d'acide nitreux'i 1

Eau 2 ou 3

On lave dans l'eau, cl la lamelle reprend en partie sa colora-

282 EXAMKN MICKOSCOPIOI'K DES lllCROltES

tion (le sel triacide peu coloré formé par Tacide, se décompose, devient monoacide, plus coloré). On repasse dans la solution acide, et ainsi de suite jusqu'à décoloration de la lamelle qui reste jaune pâle (fuchsine) ou verddtre (violet). La décoloration ne doit pas être absolument complète; elle ne s obtient jamais pour les taches de matière colorante. Une décoloration trop complète décolorerait aussi les bacilles tuberculeux. On lave ensuite à l'alcool à 60*^ (Koch), à l'eau; on sèche et on monte. On peut auparavant recolorer le fond en bleu si le bacille est rouge, en rouge s*il est violet.

2^ Procédé (le Ziehl-Ncelsen. — La technique est la même que pour le procédé d'Ehrlich avec les solutions suivantes :

■' Fuchsine i gramme.

Solution colorante ^ ^^1^.''/.?,"/ a ~

È Eau distillée 400 —

' Alcool absolu .... 40 — (Quelques minutes à chaud, dégagement de vapeurs.)

Elle se conserve indéflniment.

Solution décolorante' ) taîf* '"''""''"•'; ; joO (Quelques secondes.)

Laver et colorer dans une solution aqueuse de bleu de méthylène. C'est le procédé le plus courant. — La figure 178 donne un spécimen du résultat.

3^ Procède (le Hauser (le meilleur). — Le temps délicat du procédé de Ziohl est la décoloration. Il faut décolorer suiiisamment pour que seuls les bacilles tubefculeux restent colorés: il ne faut pas aller jusqu'à décolorer ceux-ci. Le procédé d'H.\usER (1808) remédie à cet inconvénient.

On opt'^re comme pour le procédé de Ziehl ; seule la solution décolorante est changée. L'n acide organique (lacide lactique) est substitué à l'acide minéral. Il décolore en dissolvant, au

* Avoir soin de verser Tacide sulfurique dans l'eau et non Veau dans l'acide de crainte do briser le récipient.

MKTHODE DE nOLOBATION DU B. TL'UEHCULEUX 283

lieu de décolorer en substituant un sel triacide incolore au sel monoacide très coloré. On a, ainsi, un temps beaucoup plus long entre la décoloration suffisante et la décoloration trop prononcée.

On colore donc avec le Ziehl. On décolore avec une solution alcoolique à 2 p. 100 d'acide lactique, La décoloration est suffi-

Fig. 178.

Préparation de crachats tuberculeux.

Coloration [vxt le procédé de Zichl. Les liacillea de Koch sont rouges. Or. = 1 200 D.

santé en quelques secondes et peut se prolonger sans inconvénients pendant une demi-heure. C'est donc un procédé essentiellement pratique, recommandé par Lesieur qui l'a étudié soigneusement dans mon laboratoire.

4*^ Procédé de Kiihnc (un des meilleurs). — Borel a fait connaître, en 1893, l'excellent procédé suivant dû àKOuNE, et resté inédit. L'agent de différenciation est Yaniline chlorhjdnquc^ qui

'28i EXAMEN MICnoSCOPIOrF. DKS MICnoBES

décolore tn*s bien sans nuire aux tissus, et dont l'action peut être prolongée longtemps sans décolorer les bacilles; raction ultérieure de l'alcool décolore tout, sauf les bacilles, en quelques secondes.

laisser dix à quinze minutes dans le liquide de Ziehl.

Faire passer quelques secondes dans une solution d aniline chlorhydrique à 2 p. 1000.

Plonger rapidement dans alcool.

Monter.

5** Procédé de B. Frwnkel, — Le premier temps est le même que celui du procédé d^EuRLicH. On décolore et on recolore avec une solution unique (méthode substitutive) :

Alcool à 90» ôO grammes.

Eau 30 —

Acide nitrique pur 20 —

Bleu de méthylène en excès.

Agiter et filtrer. On passe sans lavage du premier bain (fuchsine) dans le second et on laisse une à deux minutes. Lavage à l'eau, déshydratation par l'alcool ; xylol ; baume. Si le premier bain était au violet, le second serait ainsi modifié :

Alcool 70 grammes.

Acide azotique 30 —

Yésuvine* en ex 'es.

Ce procédé a le méiite de la rapidité.

0^ Procédé de Gabbett (1887). — Séjour de deux à dix minutes dans un premier bain :

Fuchsine 1 gramme.

.\cide phénjcjuc 5 —

Alcool absolu 10 —

Eau .' 100 —

Pas de lavage. Séjour de trente à soixante secondes dans un deuxième bain :

Acide sulfurique 25 grammes.

Eau 100 —

Bleu de méthylène iixi —

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