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ANIMAUX DE LABORATOIRE CHENIL, ENTRETIEN, CONTENTION

L'expérimentation bactériologique utilise, suivant les cas, les animaux les plus divers. L'n certain nombre d'entre eux, d'un usage courant, soit par la facilité à se les procurer, soit par leur grande sensibilité aux infections, sont plus spécialement appelés: animaux de laboratoire.

% i. — Les ANIMAUX de laboratoire

Nous ne parlerons que des plus couramment employés. Il n'y a rien de particulier à dire des grands ou moyens animaux, tels que : chevaly bœuf, chèvre, mouton, etc., qu'on achète au moment de l'expérience et qui sont entretenus suivant les traditions des agriculteurs.

1^ Souris blanche. — C'est l'espèce albinos de la souris de maison. Elle est très commode pour l'étude de nombreux microbes pathogènes.

La souris blanche est très prolifique et revient à un prix peu élevé. Il faut en pratiquer l'élevage au Laboratoire. On peut faire construire pour cela un meuble à tiroirs. Chacun de ceuxci est divisé en deux compartiments ; l'un obscur, garni de coton, destiné à la reproduction, à l'abri des regards, très rarement ouvert; l'autre vitré, destiné à la nourriture et aussi à la

préhension des souris à inoculer. Ce dernier à plateau métallique qui peut être journellement nettoyé. Une cloison à coulisse percée de trous permet de faire communiquer ou de séparer les deux compartiments du tiroir. Avec ce dispositif on ne prend aucun soin spécial pour la reproduction.

Salomonsex conseille comme cages des boîtes à biscuit métalliques, remplies à mi-hauteur de sciure de bois, recouvertes de ouate et percées de petits trous dans le couvercle. On change de sciure tous les mois.

Les souris blanches sont querelleuses ; il faut séparer les femelles des mâles si ces derniers ne sont pas du môme ûge et élevés ensemble.

La souris inoculée est mise dans un bocal en verre de 2 litres, rempli au tiers de sa hauteur de sciure de bois. Le couvercle, en toile métallique, sera solidement fixé par un fil de fer. On ne mettra qu'une souris par bocal, car les survivantes dévorent rapidement les cadavres.

La nourriture se compose d'avoine et de pain blanc trempé. On donnera une écuelle d'eau si les aliments sont secs.

2^ Le cobaye. — Cet animal, très commode, mais assez délicat, se reproduit facilement dans les chenils.

On peut mettre plusieurs cobayes inoculés dans une même cage, leur robe, différente pour chaque animal, permet un signalement individuel sur la carte de la cage.

La nourriture consiste pendant l'été, en fourrage vert, choux, salade, et, pendant l'hiver, en betteraves, carottes, épluchures. On donne aussi du son mouillé, des résidus de brasserie, de Tavoine. Il est utile, malgré les affirmations contraires, de donner à boire.

La température rectale du cobaye est 38^5 environ.

3^ Le lapin. — Cet animal peut également se reproduire dans un chenil ; il est très prolifique. Malheureusement, les épidémies entraînent fréquemment la mort de tont un parquet. A ce point de vue le lapin est plus délicat que le cobaye.

Le signalement individuel est plus difficile. Il faut faire des

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marques à chaque animal. Ne pas oublier que les poils repoussent rapidement. Il vaut mieux encocher légèrement les extrémités (les oreilles.

La nourriture est la même que celle des cobayes.

La température rectale moyenne atteint 39^,39*^,5 et même 40<*.

4'j La grenouille. — On conserve les grenouilles comme dans les Laboratoires de physiologie. J. CouHMuxret Doyox ont maintenu ces animaux à + 37^, dans leurs expériences sur le tétanos. On peut faire vivre longtemps (un mois et plus) la grenouille à cette température. Il suffit de la mettre dans un vaste cristallisoir, formé par une toile métallique, contenant deux doigts d'eau, iju'on change tous les jours. On peut gaverde temps à autre l'animal avec de la viande ou des vers. Chaque grenouille doit ôlre seule dans son bocal, leur signalement étant à peu près impossible, et la putréfaction d'un cadavre entraînant rapidement la mort des autres grenouilles.

5^ Oiseaux. — On expérimente aussi sur les oiseaux : poules pigconSy moineaux, etc. Rien de particulier à signaler, sauf leur température rectale élevée (41", 42°). Nourriture comme dans les basses-cours.

6 " Chiens, — Les chiens sont moins couramment employés que les lapins ou les cobayes. Us résistent à nombre d'infections. Leur température rectale est de 37*^,5 à 38^ Les nourrir à la viande, sauf indication spéciale.

T' Notions générales. — Ne jamais inoculer un animal le jour de son arrivée au Laboratoire. Il faut attendre, savoir s'il est bien portant, s'il s'habitue à la nourriture et au local, Sa température doit être normale, il ne doit pas maigrir. Au printemps, se méfier des herbages qui donnent de l'entérite.

§ 2. — Lk chknil

Le chenil est une des parties les plus importantes de l'Institut de Bactériologie. Il doit être hygiéniquemenl aménagé étroitement surveillé.

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De véritables écuries sont nécessaires pour les grands animaux, surtout depuis que la sérothérapie exige Tusage des chevaux.

Pour la fabrication de certains sérums, comme le sérum antipesteux, le cheval recevant des microbes virulents, Técurie devra être isolée comme une cabine d'hôpital de contagieux. Des grillages Uns empêcheront l'introduction des mouches, des moustiques, même des puces. Ce sont là des installations spéciales, qu'on peut voir, par exemple, à Tlnstitut de Galmrtte, à Lille.

L'étude des maladies contagieuses du gros bétail, exige aussi de grandes étables spécialement aménagées pour l'antisepsie. Citons comme modèle les étables annexées au laboratoire (le NocARD, à Alfort, destinées aux expériences sur la fièvre aphteuse.

Si on ne peut avoir ces luxueuses installations, on doit cependant réclamer pour tout laboratoire de Bactériologie, deux ou trois stalles à bœufs ou chevaux et une bergerie (chèvres, moutons, etc.). Le besoin s'en fera sentir un jour ou l'autre. La place doit être réservée.

Une ou plusieurs pièces seront afTectées aux lapins et aux cobayes. Elles seront sèches, bien aérées et pourront être chauffées, jour et nuit, en hiver. Par une nuit froide il n'est pas rare de voir la moitié des animaux malades succomber en l'absence de chauffage.

Nous recommandons l'emploi de cages métalliques mobiles, contenant chacune un ou deux animaux. Ces cages seront placées à 0™,80 du sol, sur des supports métalliques.

Au-dessous, le sol bitumé sera creusé de rigoles, dans lesquelles couleront à volonté de petits ruisseaux d'eau courante destinés à emporter l'urine et les matières fécales, et à rafraîchir le local en été. 11 n'y aura jamais deux cages superposées. Chaque cage aura, fixés à une des parois, sa mangeoire et son abreuvoir en grès, suffisamment étroits pour que l'animal ne puisse y entrer. Le fond de la cage sera en treillis, mais suffisamment fin pour que fusage de la paille soit inutile. L'hygiène d'un chenil à lapins et cobayes, ainsi compris, est très

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facile à réaliser. Une carte, une feuille de température, dans des cadres en zinc, seront appendues à chaque cage.

Les cages seront nettoyées tous les jours et stérilisées après chaque décès.

Pour les expériences très dangereuses, par exemple sur la peste, lorqu*on veut mettre un cobaye à Tabri des insectes, on rintroduit dans un bocal en verre surmonté d'un double treillis métallique très fin.

Le chenil de notre Institut d'hygiène S situé dans le chemin de ronde qui entoure nos laboratoires, se compose successivement de volières, aquariums, viviers, chenil à chiens avec petite cour spéciale, grand chenil à lapins et cobayes, contenant plus de soixante-dix cages, avec trois ruisseaux d'eau courante et deux poêlesà gaz, une bergerie, une écurie à deux stalles pour chevaux, unefenière, une pièce contenant les coffres à avoine, à son, à betteraves, etc., une cour pavée communiquant avec la rue. Ce n'est que le strict nécessaire pour celui qui fait de la bactériologie expérimentale et ne se contente pas d'ensemencer les microbes et d'en examiner les cultures.

I 3. — Appareils a contention

Lorsqu'on veut examiner ou inoculer des animaux, il faut les maintenir immobiles et hors d'état de nuire. II est donc nécessaire de posséder des appareils à contention.

Les dispositifs sont innombrables. Nous ne disons rien de ceux destinés aux chiens. Nous renvoyons aux ouvrages de physiologie. Il suffira, le ply,g souvent, de museler les chiens avec. une ficelle passant derrière les canines et resserrant les deux mâchoires et de le faire maintenir par un aide.

Les chevaux, non vicieux, sont en général des animaux peu sensibles et calmes, qu'on inocule et qu'on saigne debout sans aucun appareil de contention.

Pour inoculer lès lapins et les cobayes, la contention par les deux mains d'un aide est presque toujours suffisante. On

* J. GouRiioNT, VInstilut d'Hygiène de Lyon, Revue d'Hygiène, 1903.

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