Raffinage du sulfate de saude
Le sel de Glauber est un- produit commercial que Ton obtient en faisant dissoudre, jusqu'à saturation, le sulfate de soude brut dans l'eau bouillante; on sature par quelques centièmes de craie (carbonate de chaux, si le sulfate est acide). La chaudière est alors couverte (*), et, après avoir laissé déposer pendant deux ou trois heures, on décante au moyen d'un siphon ; si le liquide n est pas parfaitement limpide, on le filtre sur une toile pelucheuse de coton.
La solution donnera du sel de Glauber si on la fait cristalliser dans des vases plats (en bois, intérieurement doublés de plomb, ayant, par exemple, 2 mètres de long, 1 mètre de large, 3 à 4 centimètres de profondeur). La cristallisation commence lorsque la température s'est abaissée de quelques degrés au-dessous de 33'; elle doit s'achever tranquillement. Le produit cristallisé se présente alors sous la forme de prismes diaphanes longs et gros, dont on sépare l'eau mère en ouvrant une bonde de fond à l'un des bouts et en inclinant le cristallisoir. Dès que les cristaux sont égouttés, on les enlève à la pelle, on les étend sur une table en bois blanc , puis on les embarille avant que l'air ait pu commencer à enlever l'eau de cristallisation, ce qui les ferait effleunr partiellement et ternirait leur surface (on favorise par un courant d'air cette efHorescence si Ton veut préparer du sulfate sec •
La même solution, éclaircie par le repos ou la filtra tion, pourra donner du sel d'Epsom si on la verse dans des vase? profond* (caisses en bois doublées de plomb, ayant, par exemple, 75 centimètres de large, autant de profondeur, et 1 à 2 mètres de longueur) ; dès que la température sera abaissée au-dessous de 33V on agitera lentement avec une spatule de bois, afin de faire précipiter les menus prismes au fur et à mesure de leur cristallisation et de les détacher des parois : alors tous les cristaux resteront
(*) Celte opération peut ae faire dans un cuvier chauffe par la ftj*"r qirfnjecte un tube de cuivre venant d'un générateur.
menus. On terminera l'opération par l'égouttage , la dessiccation ménagée et l'embarillage. Cette forme du sulfate de soude cristallisé ressemble aux cristallisations ordinaires du sulfate de magnésie qu'on tirait autrefois de la localité d'Angleterre, qui lui fit donner le nom de sel d'Epsom .
Ce fut, en effet, ce dernier sel qu'on voulut imiter par le sulfate de soude, produit à meilleur marché et dont les qualités légèrement purgatives diffèrent peu d'ailleurs. On comprend donc facilement que, dans la médecine humaine et vétérinaire, on obtienne des effets semblables de l'emploi du sel de Glauber et du sel d'Epsom, puisque souvent c'est le même sel qu'on vend sous les deux dénominations. Si l'on voulait s'assurer de la nature véritable du sulfate qu'on aurait acheté, il suffirait de le dissoudre et d'y ajouter une solution de carbonate de soude. Cette solution, si le sel essayé était l'ancien sel d'Epsom, troublerait aussitôt le liquide en précipitant 1 équivalent de carbonate de magnésie ; tandis que si c'était du sulfate de soude, le même réactif (carbonate de soude) n'y produirait aucun trouble.
Le sulfate de soucie cristallisé se compose de sulfate I équiv.. 887,6 ) 5f|..2 . Mu» 1 0 équivalents d'eau de cristallisation 4 425 ) '
Il contient donc sensiblement 0,56 d'eau et 0,44 de sulfate sec.
Un courant d'air sec, même à froid, peut enlever aux cristaux de sulfate de soude l'eau qu'ils contiennent, et les réduire à l'état de sulfate anhydre pulvérulent.
Pendant cette dessiccation il peut se former un hydrate intermédiaire contenant 7 équivalents d'eau pour 1 équivalent de sulfate.
Quant au sulfate de soude qui se précipite en cristaux grenus dans une solution chauffée à 33° ou au-dessus, c'est un sulfate anhydre qui peut s'effleurir dans l'air humide en formant alors un hydrate à 7 équivalents d'eau.
Le sulfaté de soude cristallisé à 10 équivalents d'eau absorbe une grande quantité de chaleur en se dissolvant dans les 0,8 de son poids d'acide chlorhydrique ; on applique cette propriété pour congeler de petites quantités d'eau.