NOUVELLE MÉTHODE DE TRAITEMENT
pouvoir de longtemps fournir cette base alcaline ou ses composés salins qu'à des prix élevés ; elle avait trois origines principales :
1° La source la plus ancienne de potasse naturelle se rencontre dans les cendres de bois et autres produits végétaux, en Amérique , Russie , Hongrie , Bohême , Italie ; cette production décroît d'année en année, malgré les quantités produites par l'industrie de la distillation des mélasses de betteraves;
2° L'azotate de potasse (salpêtre de houssage) provenant du lessivage des terres salpêtrées de l'Inde (Bengale), de la Hongrie, des grottes de Ceylan, etc. ;
3° Le sulfate de potasse et le chlorure de potassium obtenus des eaux mères des marais salants du Midi, des salines et des cendres de varechs (*).
Aujourd'hui et pour un temps dont on ne peut assigner le terme, l'épuisement des sources de la potasse n'est plus à craindre, grâce à la production des mines de Stassnirt; aussi est-on préoccupé maintenant surtout de trouver des débouchés aux sels de potasse qu'elles fournissent en abondance sous différentes formes. C'est surtout vers les besoins de l'agriculture et poui restituer au sol la potasse enlevée tous les ans par les récoltes de blés, de betteraves, etc., que se tournent aujourd'hui les espérances des exploiteurs des mines de Stassfurt et des eaux mères sur les marais salants.
•. Eau mères des salines i nouvelle méthode.
L'abaissement de moitié dans le cours commercial du chlorure de potassium vient de déterminer quelques modifications notables dans les procédés des marais salants de la Camargue, de
(*) On obtient en outre, suivant les procédés de M. Mauménée, par le lavage de la laine des moutons, un carbonate de potasse très-riche, contenant à peine 3 à k centièmes de carbonate de soude ; mais ce produit se Tend a haut prii, 80 fr. les 100 kilogr. (en 186^). Sa production est nécessairement restreinte et tendrait à diminuer à mesure que le système de parcage des moutons se développe et rend directement au sol les composés potassiques et les matières organiques que les eaux pluviales reprennent aux bêles ovines. Dans le traitement manufacturier, une toison fournit en moyenne 300 gr. de suint dess£> ché, contenant carbonate dépotasse 133,5, chlorure de potassium 9, sulfate de potasse 7,5, matières organiques 130 : on obtient environ 150 gr. de sels de potasse.
Ainsi donc, la quantité maximum de composés potassiques que fourniraient les 6 000 000 de moutons ou brebis en France, dont la laine pourrait être soumise à cette opération, représenterait à peine 900 000 kilogr., c'est-à-dire 5 pour 100 des quantités produites annuellement dans les usines de Stassfart.