DES EAUX MÈRES DES SALINES
façon à retirer les 0,45 de la potasse des eaux mères sous forme de chlorure et le surplus 0,55 à l'état de sulfate. Voici comment opère dans ces salines M. Merle, gérant de la compagnie qui exploite plus en grand les procédés de M. Balard :
Comme autrefois dans les usines de l'Hérault, on laisse les eaux mères se concentrer sur le sol par l'évaporation ; on récolte trois sortes de dépôts : le 1er, formé dans les eaux concentrées à 321, est formé exclusivement de sel marin; le 2e, entre 32 et 35°, composé à parties égales de sel marin et de sulfate de magnésie dit sel mixte; le 3e, entre 35 et 37°, dit sel (Tété, contient encore du sel marin et du sulfate de magnésie, mais toute la potasse est venue s'y concentrer, en partie sous forme de sulfate double de potasse et de magnésie, en partie à l'état de chlorure double de potassium et de magnésium.
Le sel mixte est dissous sur place et la solution, mise dans de grands réservoirs, passe successivement aux machines réfrigérantes, où s'effectue par double décomposition la transformation en chlorure de magnésium et en sulfate de soude que Ton ramasse et que Ton fait égoutter, comme nous l'avons dit plus haut.
Le sel brut dit sel d'été, rais en réserve, est dissous, au fur et à mesure des besoins, dans de l'eau douce chauffée de 90 à 100°; il laisse cristalliser par refroidissement le sulfate double de potasse et de magnésie KO,SO+MgO,SO-f-6HO. A la vérité, on ne retire guère plus ainsi que la moitié de la potasse contenue dans le sel d'été; l'autre moitié reste dans les eaux mères. En Camargue, ces eaux mères sont soumises actuellement à un froid artificiel de — 15 à — 17°; le sulfate de soude qu'elles peuvent donner cristallise ; on dirige alors le liquide surnageant dans les chaudières évaporatoires, où à mesure qu'il se concentre le sel marin se dépose ; c'est alors que, mélangées avec la proportion convenable de chlorure de magnésium de l'opération précédente, ces eaux mères abandonnent leur potasse à l'état de chlorure double de potassium et de magnésium, que l'on dédouble facilement ensuite par an lavage à l'eau froide, comme nous l'avons dit plus haut.
Quant au sulfate double de potasse et de magnésie représentant les 0,55 de la potasse contenue dans les eaux mères, avant de le transformer en carbonate de potasse par le procédé Leblanc, il faut en éliminer le plus possible du sulfate de magnésie, ï) après M. Merle, deux redissolutions à chaud et cristallisations suffisent pour faire passer dans les eaux mères une grande partie du sulfate de magnésie et obtenir un mélange de sulfate simple de