Essais des sels de soade caustiques
Les effets plus grands des soudes caustiques font attribuer plus de valeur aux soudes dont une partie de l'alcali est libre ou caustique, tandis que l'autre est combinée à l'acide carbonique, c'està-dire carbonatée : il convient donc de tenir compte des proportions de l'alcali dans les deux états. Il suffit pour cela de traiter
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le sel de soude plus ou moins caustique par l'alcool à 36* (Cartier), qui dissout la soude caustique, laissant intact le carbonate : on recueille celui-ci sur un filtre, et on le lave par l'alcool. Toutes les solutions alcooliques réunies sont saturées par la liqueur acide d'épreuve ou acide sulfurique normal ; on note le degré, puis on fait dissoudre dans l'eau le carbonate resté sur le filtre; on sature la solution aqueuse, puis on note le degré. On connaît donc alors le nombre de degrés ou de centièmes, en poids, de soude caustique par la saturation du liquide alcoolique; on a, d'un autre côté, le nombre de centièmes de soude carbonatèe en saturant à son tour la solution aqueuse; enfin, ajoutant les deux nombres, la somme indique la richesse totale.
Ordinairement les sels dits demi- caustiques donnent 25 à 28 degrés caustiques, plus 50 à 56 degrés de carbonate ; les sels caustiques saturent de 36 à 45 degrés caustiques, et de 36 à 45 degrés de carbonate : les premiers contiennent donc à l'état caustique environ le tiers et les seconds la moitié du poids de la solution alcaline totale.
1. CIHCOHSTANCBS NATURELLES DE LA PRODUCTION DE L'ACIDE CARBONIQUE. —2. BAUX GAZEUSES ARTIFICIELLES. — 3. FABRICATION DE L'EAU DE SBLTZ. — 4. MISE EN BOUTEILLES. — 5. PRIX DS REVIENT DU PRODUIT.
1. Circonstances naturelles de la production de Taelde carbonique*
L'acide carbonique est formé ou dégagé de ses combinaisons naturelles dans une foule de circonstances : la combustion des matières organiques et de certains produits de leurs altérations [bois, tourbes, lignites, houilles, etc.); la respiration des animaux, les phénomènes qui se passent dans les fermentations des liquides sucrés, des fumiers, des débris de matières animales et tégétales, la germination des graines, le développement des fleurs, la végétation des champignons, les exhalations nocturnes des diverses plantes. Tous ces phénomènes donnent lieu à la combinaison entre 2 équivalents d'oxygène et 1 équivalent de carbone (200 + 75) qui constitue l'équivalent d'acide carbonique (275).
Un dégagement d'acide carbonique a lieu par la décomposition des carbonates ou bicarbonates de chaux, de magnésie, de fer, qui s'opère soit par le feu de nos foyers; soit par la chaleur ' des volcans ou des réactions souterraines (ou même par le contact et à la température de l'air, pour le carbonate de fer et le bicarbonate de chaux et de magnésie en solutions), soit par les acides stdfurique , chlorhydrique , azotique, borique, etc. Plusieurs de ces causes développent les émanations gazeuses d'acide carbonique dominant dans certaines sources, existant dans toutes les eaux naturelles et dans plusieurs grottes ; elles répandent dans l'atmosphère l'acide carbonique qui forme, en moyenne, 4 dixmillièmes du volume de l'air atmosphérique. Nous verrons plus loin comment, d'un autre côté, la végétation des parties vertes ou foliacées des plantes phanérogames limite, en le réduisant à l'état de carbone, l'acide carbonique de l'atmosphère.
L'acide carbonique de différentes origines s'applique à divers usages industriels, notamment à la préparation des carbonates
et bicarbonates que nous avons décrits, des eaux minérales gazeuses} du blanc de cèruse% des vins mousseux, à la décomposition du sucra te de chaux dans l'extraction du sucre des betteraves, des hypochlorites dans le blanchiment, de la solution d'aluminate de soude pour en extraire l'alumine, etc.
£. Eaux, fameuses artificielles*
La préparation des eaux minérales gazeuses constitue une industrie importante, depuis que l'usage s'en est répandu parmi les populations ouvrières : circonstance heureuse , et dont on doit s'applaudir , puisqu'elle introduit l'habitude d'étendre le vin avec l'eau dite de Seltz, qui diminue les propriétés enivrantes, tout en donnant à la boisson une saveur piquante due à l'acide carbonique; tandis que l'eau simple rendrait la boisson trop rade pour qu'elle fût du goût des mêmes consommateurs.
L'eau gazeuse, dite eau de Seltz factice, ne diffère d'ailleurs de l'eau potable ordinaire que par une quantité d'acide carbonique qui représente environ 4 ou 5 fois le volume du liquide. La pression, équivalente à environ 4 atmosphères au delà de la pression ordinaire, retient le gaz tant que le bouchon reste solidement fixé ; mais, dès qu'il cède à l'excès de la pression intérieure, une grande partie du gaz s'échappe en projetant le bouchon et entraînant une portion de l'eau ; celle-ci reste plus ou moins gazeuse tant que dure le dégagement du gaz en excès sur un volume à peu près égal à celui du liquide. Ce terme arrive d'autant plus vite et la quantité réelle d'acide carbonique qui reste est d'autant moindre que la température ambiante est plus élevée.
On peut obtenir l'eau chargée de gaz au point convenable soit au moyen de l'appareil Briet (page 320), ou de l'appareil Greffier qui permet d'obtenir des quantités plus grandes, soit, lorsqu'on se propose d'opérer en grand et d'en livrer aux consommateurs des quantités plus considérables, à l'aide d'un appareil dont nous allons donner la description : c'est un de ceux qui fonctionnent le mieux.