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COMPOSITION OU MÉLANGE POUR TERRES A VITRES DE RIVE-DE-GIER

Sable (carrière de Veteaux) 60 kilogr. ) inn , .,

Quarte (cailloux étonnés^) et broyés. 60 ) *U° ™°&'

Sulfate de soude 40

(Carbonate de chaux en poudre 30

Charbon de bois pulvérisé 3 , 50 (ou coke 4 , 50)

Manganèse (de Romanèche) 4 , 60

Groisil quantité variable.

On consomme par four 400 hectolitres i pour fusion en 48 heures. 7b

de houille, savoir : \ pour le temps du travail SB

(*) Pour faciliter le broyage du quartz, on le chauffe au rouge, et on le jette brusquement dans Peau froide (de là l'expression étonner les quartz ou cailloux). Ce changement rapide de température détermine de nombreuses fissures.

Le prix de la houille étant de 1 fr. l'hectolitre, représente 6 pour 100 de la valeur du verre à vitres fabriqué.

Ordinairement, l'activité d'un four qui allait d'abord en croissant, baisse au bout de quelques mois de service, par suite de l'altération des parois; il faut alors augmenter la dose des fondants.

Façon. — On façonne le verre à vitres de deux manières : l'une, longtemps pratiquée dans toutes les verreries, et qui est maintenant abandonnée en France, s'est conservée en Angleterre; l'autre, d'invention plus récente, est généralement en usage dans nos verreries.

D'après l'ancien procédé, l'ouvrier cueille au bout de la canne (préalablement échauffée et plongée un instant dans la portion fondue) une petite masse de verre qu'il maintient, en tournant continuellement la canne jusqu'à ce que la masse commence à se figer; il cueille alors une nouvelle dose de verre, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le bout de l'instrument en soit suffisamment chargé. Dès qu'il a ainsi rassemblé la quantité de verre convenable, il présente le bout de la canne à un grand ouvreau pour ramollir le verre. Il souffle alors cette masse et en forme une sphère volumineuse qui, présentée de nouveau à l'ouvreau, s'y ramollit encore, et permet à l'ouvrier, en tournant toujours, d'aplatir le côté opposé au bout de la canne. Au milieu de la partie plate, il soude une autre canne et coupe le col du sphéroïde vers le bout de la première canne. Il fait alors dilater l'ouverture de ce col au moyen d'une planche qu'un aide introduit dans l'orifice et qu'il appuie contre ses parois, tandis que l'ouvrier fait tourner la pièce ; il obtient de la sorte un cône tronqué semblable à une cloche. Il apporte la pièce à l'ouvreau et la chauffe assez pour la ramollir. La canne est alors placée horizontalement sur une barre de fer, et soumise à un mouvement de rotation très-rapide. En vertu de la force centrifuge, la cloche s'étend et s'aplatit de manière à donner une table de verre ronde et d'une épaisseur assez égale jusqu'à une certaine distance du centre.

Quand l'opération est terminée, l'ouvrier porte la feuille de verre, en ayant soin de tourner encore, sur une aire plate faite avec des cendres chaudes et placée très-près du fourneau de recuisson. Il y dépose la feuille horizontalement, et, au moyen d'un coup léger, il la détache de la canne; un aide la reprend avec une fourche et la pose dans le four à recuire, puis la relève dans une situation verticale.

Ces sortes de vitres ont au centre un pontis épais d'un effet désagréable. Si on les découpe, pour éliminer la protubérance, les vitres ne peuvent avoir de grandes dimensions, mais eDes offrent un éclat qu'on ne retrouve pas dans les vitres obtenues par le procédé moderne; celles-ci, d'ailleurs, sont bien préférables sous d'autres rapports.

Procédé adopté en France. — Lorsque le verre est affiné et écrémé (*), on échauffe les cannes au petit ouvreau ; l'aide prend la canne chauffée, la plonge dans le verre, en cueille une certaine quantité, la retire, la tourne afin d'empêcher que la matière fluide ne s'en sépare, puis reprend une plus grande quantité de matière et passe la canne garnie au souffleur. Celui-ci la pote par le bout sur une plaque en fonte en tournant toujours ; il rassemble le verre près de l'extrémité, replonge la canne dans le creuset et cueille encore de nouvelle matière. H place la masse de verre rouge, eu continuant de la tourner, dans l'eau que contient une des fossettes creusées dans le bloc en bois (pi. XIII, fig. 6 et 7). Pendant cette rotation en sens divers, un aide verse un peu d'eau sur la partie du verre qui touche la canne afin de refroidir celle-ci et de rendre le verre plus adhérent.

La masse de verre refroidie est portée à l'ouvreau pour la réchauffer et ramollir l'extrémité. Lorsque l'ouvrier juge que le verre est assez mou, il le retire et recommence à le tourner dans l'eau, mais de manière à former un sphéroïde de la grosseur convenable; il retire alors la canne et lui (ait décrire le mouvement d'un battant de cloche. En même temps il souffle dans la canne , surtout à chaque instant où elle se trouve à peu prés verticale ; le globe s'allonge ainsi et prend la forme d'un cylindre par les actions combinées du poids du verre et de l'action du soufflage. {Voy. la planche XIII et les détails successifs de la façon indiqués fig. 10, en A, B, C, D, E....)

(*) Une disposition nouvelle hâte et simplifie l'affinage et l'écumage : eOe consiste à diviser le creuset en deux capacités A, B (fig. 15, pi. XIII J par un diaphragme vertical percé en bas ; un double manchon A' B' surmonte le creuset et correspond à ses deux capacités. On verse par le manchon A' la composition frittée, dans la capacité qui retient les écumes, et l'ouvrier puise par lé manchon B' dans la deuxième capacité, où le verre arrive affiné, tout prêt pour lr travail : on gagne ainsi le temps de l'affinage ordinaire, c'est-à-dire 0,5 <k temps total, par conséquent au moins 0,5 du combustible, 0,5 de fusé des fours, des intérêts, des premiers frais de chauffage à vide, et de la plupart des frais généraux.

TERRES. 62i

Ea pièce de verre ne doit jamais rester en repos tant qu'elle est encore molle, car elle se déprimerait inégalement.

Le souffleur porte la pièce à l'ouvreau, pour la ramollir, trois et même quatre fois, avant qu'elle ait acquis l'étendue nécessaire; dès lors Û pose la canne sur un crochet portatif qu'un aide soutient, et introduit le cylindre dans le four (il chauffe l'extrémité fermée en tenant le doigt appliqué sur l'autre bout de la canne). L'air contenu dans le manchon se dilate, et la pression qu'il exerce sur l'extrémité ramollie suffit pour la crever. Dès que l'ouverture est faite, on tourne vivement la pièce de manière que l'ouverture s'agrandisse ; le souffleur retire du foufneau ce cylindre percé en tournant la canne avec vitesse , et lui faisant faire le mouvement de battant de cloche. Par ce moyen, le trou déjà fait s'agrandit encore et le bout du cylindre présente enfin une ouverture circulaire égale à son diamètre.

Le verre se solidifie graduellement ; à mesure qu'il devient plus froid et plus ferme, l'ouvrier ralentit les mouvements, et, dès que la matière est arrivée à une consistance qui lui permet de se soutenir sans déformation, il passe la pièce à un aide, qui la place sur un tréteau à deux appuis, prend avec un outil en fer une goutte d'eau qu'il pose sur le bout du cylindre près de la canne, et, par un coup du même outil sur le milieu de la canne, la pièce se détache avec une cassure plus ou moins égale (*)•

On doit couper alors le cylindre du côté qui tenait à la canne, afin d'obtenir un manchon de la grandeur convenable. A cet effet, on cueille une grosse goutte de verre dans le creuset, on la pose à la distance indiquée par une règle; puis étirant cette goutte en un fil qu'on tourne autour du manchon , on détermine une dilatation brusque qui coupe net toute la circonférence du cylindre.

Il faut refendre ensuite le cylindre dans sa longueur : pour cette opération on le pose sur un tréteau à deux appuis ; on trace avec une goutte d'eau une ligne droite dans le sens de l'axe

(*) Les cloches qui servent à recouvrir les pendules, etc., se font de la même manière ; seulement on ne perce point le bout du cylindre, qu'on s'efforce, au contraire, de bomber très-régulièrement.

Les verres elliptiques se préparent comme les précédents; mais ils se terminent en les descendant entre deux planches dont les bords taillés en biseau offrent une ouverture graduellement rétrécie, après les avoir chauffés à l'ouvreau au point convenable pour les ramollir et faciliter le changement de forme.

du cylindre , et on passe un morceau de fer rougi sur la ligne tracée par l'eau, ce qui détermine sur-le-champ la fracture du cylindre dans toute sa longueur et très-uniformément. On porte le cylindre fendu au four à étendre, dans lequel on Y introduit avec précaution, à mesure qu'il s'échauffe; et, quand il est prêt à plier sur lui-même, l'ouvrier étendeur le porte vers le milieu du four sur la plaque à étendre.

Cette plaque, connue sous le nom de lagre, n'est autre chose qu'une feuille ordinaire de verre. C'est la première feuille de la fournée qu'on étale sur la sole , et qu'on saupoudre d'un peu de verre d'antimoine ou de plâtre. De temps en temps on jette de la chaux dans le foyer; celle-ci se trouve entraînée par le courant d'air et s'attache en partie à la superficie du lagre. Ces deux précautions suffisent pour que la nouvelle feuille ne s'attache point à la première, et que l'opération s'exécute avec facilité. Au bout de 12 à 24 heures de travail, il faut remplacer le lagre, car il se dévitrifie , durcit et rayerait les vitres que Fou fait glisser sur sa surface.

Ce cylindre étant arrivé sur la plaque et suffisamment ramolli, l'étendeur affaisse à droite et à gauche les deux côtés qui cèdent facilement (*) . Au moyen d'un rabot en bois emmanché qu'on fait glisser à la surface du verre avec vitesse , on donne alors m carreau des faces planes. Le carreau de vitre ainsi terminé, on le pousse plus avant dans le four à recuire où il prend presque aussitôt assez de consistance en se refroidissant pour se soutenir sans s'affaisser dans la position verticale qu'on lui donne (poy. en dd, fig. 8, pi. XIII).

C'est aussi par ce dernier procédé qu'on façonne le verre en tables à base de potasse , ou verre de Bohême ; il y a toutefois cette différence, que, dans le verre à vitres, le côté le plus long de la vitre se trouve suivant l'axe du manchon qui sert à le produire, tandis que, dans le verre en tables (pi. XIII, fig. 10), le plus long côté de la table provient du développement du cylindre lui-même.

(*) On obtient les vitres cannelées en soufflant le manchon dans de bronze. Les cannelures imprimées par ce moule peuvent être à l'étendage.

4i • Verre de Bohème t erown-glass.

Le verre dit de Bohême, qui est un silicate de potasse dans lequel il entre d'assez faibles proportions de chaux et d'alumine, est remarquable par sa légèreté et par l'absence complète de coloration. Ces deux qualités le rendent propre à la fabrication des objets de gobeleterie. Il convient parfaitement à la fabrication des instruments d'optique pour achromatiser le flint-glass. La beauté de ce verre est telle que les anciens auteurs l'ont confondu avec le cristal dont il diffère beaucoup par son poids spécifique.

COMPOSmOHS OB YEBRR DB BOlltME QUI DOItHEHT DES YITRB8 HT DES GOBELETERJES DE BOXE QUAXITB.

Quartz en poudre 400 I HO I 420

Carbonate de potasse épuré (*) 60 [ 64 66

Chaux 20 I 24 I 25

La fusion et le travail de ce verre se font comme nous venons de le dire pour le verre à vitres.

Le verre de Bohême se fabrique à pots ouverts ; on ne peut donc le fondre à la houille. Quelque soin que l'on prenne, la fiimée de ce combustible le colore toujours sensiblement et en détruit la belle limpidité. La fusion s'opère au bois résineux qui brûle complètement avec excès d'air sans jamais donner de fiimée charbonneuse.

Ce verre est employé depuis longtemps pour les vitres de prix dans les grands hôtels, pour garnir les portières des carrosses, recouvrir les gravures , et en général pour tous les usages qui rendent indispensable une épaisseur de 4 à 6 millimètres sans coloration. Le cristal et le verre de Bohême peuvent être façonnés en tables épaisses sans que leur couleur devienne sensible.

On fabrique en Bohême un verre diaphane et très-durable avec la composition suivante : silice, 100; potasse épurée (**), 30 ; chaux vive, 15. MM. Maës et Clémandot rendent cette composition fusible dans nos fours, en y ajoutant quelques centièmes d'acide borique : ils obtiennent ainsi des boro-silkates constituant un verre de la plus belle qualité.

(*) Plus pour chacune : acide arsénieux 0,5, bioxyde de manganète 2 on azotate de potasse 2.

(**) Par le procédé de dissolution à courte eau indiqué précédemment.

Sous le nom de crown-glass {yerre en couronnes) on désigne l'espèce de verre dont on façonnait, en AngleteiTe, des vitres circulaires par l'ancien procédé. On avait d'abord cru, dans les ateliers d'instruments d'optique, désigner par là un verre commun quelconque, dont la réunion avec le cristal, on flintglass , procurerait les objectifs achromatiques ; mais une étude attentive a montré que, lorsqu'on veut lui donner des qualités convenables pour- les besoins de l'optique , le crown-glass doit offrir une limpidité parfaite, et être assez peu coloré pour qu'une lentille très-épaisse ne présente pas de coloration notable. Il doit être exempt de stries, de bulles et de nébulosités laiteuses.

Il n'est pas toujours facile de réussir dans la fabrication do crown-glass. Pour l'obtenir incolore, on doit se servir de potasse et non de soude ; quand même la soude donnerait un verre sans coloration , elle devrait être rejetée par suite de la facilité avec laquelle le verre à base de soude se dévitrifie , surtout dans les masses épaisses qui exigent un long recuit.

En évitant la qualité hygroscopique par une trop forte addition de chaux, on retombe dans l'inconvénient, grave aussi, d'une dévitrification facile. Le verre à base de potasse et de chaux soumis au recuit ou refroidissement prolongé qu'exigent les blocs épais destinés à produire les grandes lentilles, peut alors prendre un aspect laiteux qui provient d'un commencement de cristallisation dans la masse.

f £• Terre A gobeletorle.

Ce verre peut être à base de soude ou de potasse; mais le dernier est généralement préférable en raison de sa teinte plus blanche et de sa diaphanéité complète. Du reste, le verre à gobeleterie ne diffère pas notablement du verre à vitres. Ainsi, pour tous les ustensiles de chimie, on refond simplement des rognures ou des groisils de verre à vitres. A la vérité, le verre se colore» mais cela n'offre pas d'inconvénients dans cette application.

Verre filé. — Quand le verre a été ramolli, on peut l'allonger et le filer très-rapidement, au moyen d'une roue sur laquelle le fil s'enroule. Si l'on étire un tube de verre creux, le trou se conserve, quelle que soit la finesse du fil. Un morceau de tube de thermomètre, étiré en fils par une roue ayant un mètre de circonférence et mue avec une vitesse de 500 tours par minute, s'est allongé jusqu'à 30 000 mètres; le fil obtenu était d'une finesse

ejt^éfl^ ^ oflfnût udt diamètre iptçriem* à pein£ calculable. Ce fil ét*U creux cependant car, placé sous le répipient d'une machine pneumatique, un bout en dedans» l'autre. en dehors, un fragment de 5 centimètres laissa passer, le mercure en petits filets brillants lorsqu'on fijt.le vide^

Le» fiUvtrè*tfins provenant d'un petit parai iélipipède de verre à vitrea, cpupé avec un diajnajit, , présentent un grand éclat ; vus au .microscope, ils offrent une forme aplatie et quatre angleç droits distincts. C'est sans doute à cette forme anguleuse et à leurs . faeettes qu'ils, doivent l'éclat remarquable dont ils sont doués.

Levais de verre sont assez souples pour être tissés à la manière du fil commun, et employés en ornements, MM. Dubus et Bonnel en ont tisse des étoffes : les verres jaunes orangés donnent, ainsi des tissus brillants qui imitent la soie ou l'or; les verres blancs imitent l'argent. On comprend que la grande différence de densité qui existe entre le verre et. l'air interposé dans ces tissus, détruise la transparence et multiplie l'éclat des surfaces au point de leur donner un brillant métallique*

Les vitres communes et lés gobeleteries de qualités inférieures se préparent avec des compositions analogues, quant aux dosages, mais différentes par l'impureté des matières; elles offrent en général des produits vitreux à teinte verdâtre.

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