Composition et propriétés
Le carbonate neutre de plomb est formé de 1 équivalent de protoxyde de plomb, PbO, pesant 1 400, plus 1 équivalent d'acide carbonique, 00*= 275. 1 équivalent de carbonate pèse donc 1675;
est souvent mêlé, dans la céruse commerciale, avec des traces de sulfure de plomb, d'acétate tribasique (3PbO, C*H,Ol 4- HO] et d'hydrate de protoxyde de plomb, 3 PbO, HO, dans des proportions variables, formant quelquefois 12 à 18 centièmes du poids total.
Le carbonate de plomb est insoluble dans l'eau pure ; 3 se dissout avec effervescence et dégagement de gaz acide carbonique, dans les acides azotique, acétique, etc. Sa solubilité dans divers acides, même dans l'eau chargée d'acide carbonique, favorise son action vénéneuse; il est décomposé par l'acide sulfhydrique et le sulfhydrate d'ammoniaque, qui, enlevant l'oxygène de l'oxyde pour former de l'eau, laissent le soufre s'unir au plomb, constituant un sulfure noir, opaque; de là, les altérations des peintures exposées aux gaz sulfurés des fosses d'aisances, du gaz d'éclairage, etc. Chauffé au rouge le carbonate de plomb se décompose en perdant son acide carbonique; si la calcination est prolongée au contact de l'air, le protoxyde absorbe de l'oxygène et se change par degrés en mine orange (variété la plus pure de minium).
La préparation de la céruse, qui remonte aux Grecs et aux Romains, a été décrite par Théophraste et Dioscoiïde. Cette industrie fut ensuite pratiquée chez les Arabes et successivement à Venise, à Krems, en Hollande, en Angleterre ; introduite depuis trente ans en France, elle y a pris une telle extension qu'elle peut subvenir à la consommation totale, qui s'élève annuellement chez nous à 4 millions de kilogr. ; on n'en importe plus de quantités notables et nos fabriques ont fourni à l'exportation 220793 kilogr. en 1857. Il est peu probable que la consommation s'en accroisse maintenant, car le blanc de zinc remplace avec de grands avantages la céruse sous le rapport de la salubrité des opérations dans les fabriques, de l'application des peintures et de l'inaltérabilité de la couleur en présence des émanations d'hydrogène sulfuré {voy. le chapitre suivant).