Falsification et essais de la cérnse
Lorsqu'on achète la cérnse à des prix inférieurs au cours des produits purs, on doit s'attendre à y rencontrer certains mélanges qui permettent de vendre à bas prix ; dans ce cas, il est utile de vérifier si les mélanges ne contiennent pas les matières étrangères en proportions trop fortes.
Les mélanges les plus ordinaires contiennent les uns du sulfate de baryte, les autres du sulfate de plomb. En traitant ces mélanges par l'acide acétique on dissout tout le carbonate : l'acide carbonique se dégage et le liquide retient dissous l'acétate de plomb formé ; la totalité du sulfate de baryte et la presque totalité du sulfate de plomb restent insolubles. On peut donc constater leur poids. Ou pourrait savoir si la portion non dissoute contient du sulfate de plomb, ce sel donnant lieu, avec un sulfure alcalin, à la formation du sulfure (noir) de plomb. Si le mélange contenait les trois sels, on pourrait déterminer la proportion du sulfate de plomb, en faisant bouillir avec une solution de carbonate de soude ou de potasse : il se formerait alors un sulfate alcalin soluble, qu'on séparerait par filtration et lavage; puis on précipiterait à l'aide d'une solution barytique tout l'acide sulfurique, dont on connaîtrait l'équivalent en sulfate de plomb, par le poids du sulfate de baryte obtenu. Quant au résidu insoluble après l'ébullition avec le carbonate alcalin, s'il contenait du sulfate de baryte, on le séparerait en traitant par l'acide acétique qui le laisserait insoluble. Si enfin la céruse contenait du carbonate de chaux, on s'en assurerait facilement en dissolvant les deux carbonates par l'acide acétique, séparant le plomb par un sulfure alcalin; filtrant et précipitant alors la chaux par un oxa-
late soluble. L'oxalate de chaux recueilli sur un filtre brûlé, transformé en sulfate par l'acide sulfurique et calciné, permettrait de prendre le poids du sulfate de chaux et d'en conclure F équivalent du carbonate de chaux.
•• Applications de la eérase*
La presque totalité de la céruse s'emploie dans la peinture, et Ton n'en consomme que des quantités fort restreintes pour fabriquer la mine orange (minium pur) et pour préparer quelques sels de plomb pur. Quelquefois aussi on fait entrer directement la céruse dans les mélanges destinés à former la composition des cristaux, des couvertes et des couleurs vitrifiables. Le carbonate de plomb servait naguère à fournir l'acide carbonique dans les analyses; on préfère maintenant le bicarbonate de soude, qui est moins cher et dégage plus facilement un plus grand volume de gaz acide carbonique [yoy. p. 410 et 411).
f O. Dangers que présentent les manipulations de la eérnse.
Les ouvriers qui fabriquent la céruse et les peintres qui remploient sont exposés à ces coliques saturnines très-graves, dont les effets se prolongent et parfois sont mortels. Des lotions et des bains sulfureux (*) fréquents peuvent arrêter l'intoxication en transformant sur la peau le carbonate en sulfure; on enlève ce sulfure avec du savon vert, et Ton réitère une ou deux fois cette double opération. II est rare toutefois que les hommes exposés aux funestes effets de la céruse veuillent s'astreindre à de pareils soins; d'ailleurs les poussières plombeuses qui pénètrent à l'intérieur produisent des désordres que l'on ne peut guère prévenir complètement.
f f. Divers modes d'Intoxication saturnine.
Le carbonate de plomb se forme parfois dans des bassins et tuyaux , surtout lorsque ce métal contient des alliages irréguliè-
(*) On désigne sous le nom de bains sulfureux les solutions de sulfures alcalins. On peut préparer économiquement le sulfure de sodium en décomposant dans un four à réverbère semblable à celui que Ton emploie dans la fabrication de la soude, le sulfate de soude par \Ôr à 12 centièmes de son poids de charbon.
rement disséminés et que l'eau aérée renferme de l'acide carbonique et des traces d'acide acétique : dans ces circonstances l'eau peut contenir des quantités sensibles de carbonate et d'acétate de plomb, et devenir insalubre au point d'occasionner des effets toxiques. Les boissons légèrement acides : le cidre , la bière, la piquette, attaquent, oxydent et peuvent ainsi dissoudre le plomb qui forme les réservoirs, tubes, etc.; ce métal est aussi parfois attaqué par les eaux potables lorsque ces eaux proviennent des pluies (rassemblées sur les toits, terrasses, ou s'écoulant sur un terrain sableux) ; en un mot , elles sont presque aussi pures que l'eau distillée. C'est ce qui est arrivé, en 1850, dans une circonstance où presque toute une famille et les personnes qui habitaient avec elle le château de Claremont (en Angleterre) faillirent être mortellement empoisonnées. Les eaux potables qui contiennent même en faibles quantités (25 à 30 cent-millièmes) des sels en solution, notamment des sulfate et carbonate de chaux, n'attaquent pas les vases de plomb où elles séjournent. Toutefois, j'ai reconnu que, si l'on frotte avec une brosse ou un corps dur le plomb en contact avec ces eaux, le métal est attaqué : sous l'influence de l'air et de l'acide carbonique contenus dans ce liquide, il se produit de l'oxyde de plomb hydraté, puis du carbonate de plomb, l'un et l'autre doués d'action vénéneuse. Dans toutes ces circonstances, l'intoxication saturnine est d'autant plus dangereuse que souvent elle se prépare trèslentement par une accumulation quotidienne de l'agent délétère dans l'organisme, puis tout à coup, lorsque la dose atteint un certain terme , l'empoisonnement se déclare avec un ensemble de phénomènes morbides, dont il est parfois difficile d'enrayer la marche et de prévenir la terminaison fatale.
1. HISTORIQUE ET FABRICATION DU BLANC DE ZINC — 2. NOUVELLES DISPOSITIONS DBS USINES. — 3. SYSTÈMES DE LÉVIGATION. — 4. FABBICATION DES COBNUES. — 5. PROCÉDÉ SUIVI DANS L' USINE DE GRENELLE. — 6. PRÉPARATION DBS PEHITU1ES AU BLANC DE ZINC. — 7. SICCATIFS DU BLANC DE ZINC. — 8. COULEUBS A L'bUHJ EN PlTE ET PEINTURE PRÊTE A EMPLOYER. — 9. COULEURS USUELLES AU BLANC DE ZINC. — 10. APPLICATIONS DES PEINTURES A L'HUILE SUR DES OBJETS EN ZXK. — 11. PRIX DE REVIENT COMPARES DU BLANC DE ZINC ET DE LA CBBCSE. — 12. SALUBRITÉ DANS LES USINES ET DANS L'EMPLOI. — 13. APPLICATIONS. — 14. DURÉE. — 15. NOUVELLES PEINTURES ÉCONOMIQUES.
f • Historique et fabrication do blaae de zine.
Bien que les perfectionnements que nous venons d'indiquer eussent, dans ces derniers temps, considérablement amoindri les dangers de la préparation de la céruse , il restait encore des causes d'insalubrité dans la fabrication ainsi que dans l'emploi et le grattage des peintures. Courtois, préparateur au laboratoire de l'Académie de Dijon, dès 1780, avait proposé la substitution de l'oxyde de zinc au carbonate du plomb. Guyton Morceau, en 1783, dans une dissertation {Mémoires de r Académie de Dijon), établit les avantages de la peinture au blanc de zinc sous le rapport de l'hygiène comparativement avec la peinture à la céruse. Il avait dès lors préparé l'oxyde de zinc par voie humide et par combustion du métal à l'aide d'un creuset couché dans l'échancrure d'un four à réverbère; il séparait les fleurs de zinc (oxyde) des parcelles métalliques au moyen d'un lavage à l'eau. Sa fabrication fut établie en employant des fourneaux assez convenables , et plusieurs applications à la peinture furent réalisées.
En 1796, Atkinson, de Liverpool, prit une patente pour la même industrie, qui fut entravée en Frauce comme en Angleterre par diverses causes. Ces divers essais étaient tombés dans l'oubli, lorsque M. Leclaire, ancien ouvrier, entrepreneur de peinture, s'en occupa de nouveau en 1849 avec plus de succès : on lui doit la fondation définitive de l'industrie du blanc de zinc et des couleurs ayant cet oxyde pour base.
L'industrie du blanc de zinc est remarquable tout à la (bis par sa grande importance et son extrême simplicité.
Le zinc métallique en saumon constitue sa matière première et il suffit d'échauffer le métal au point de le volatiliser, puis
d'enflammer sa vapeur pour obtenir dans le courant d'air une poussière fine d'oxyde blanc qui forme le produit fabriqué (Zn -f-0 = ZnO), l'équivalent du zinc étant de 406,6, l'oxyde de une est de 506,6, et 100 de zinc produisent théoriquement 125 de blanc de zinc.
Fig. 153.
1(1/ Fig. 154.
Fig. 155.
Fig. I5«.
On voit (fig. 153 à 159) les premiers ustensiles, fours et appareils au moyen desquels on a réalisé ces opérations.
Les vases distillatoires (fig. 1 53 et 1 54) offrent des dispositions
CHOUX IKDU8TB. 1 — 43
analogues à celles des retortes à gaz : ce sont en effet des cylindres déprimés en terre à creusets de verrerie, dont les coupes (fig. 153) et l'élévation (fig. 154) montrent la forme; leur longueur est d'environ 70 centimètres, la largeur de 25 centimètres, la hauteur de 16 centimètres, l'épaisseur des parois de 3 centimètres; une embouchure £, large de 10 centimètres*, haute de 5 centimètres , sert à charger les saumons et laisse exhaler la vapeur de zinc.
Ces sortes de cornues sont disposées au nombre de huit ou dix sur deux rangs, adossés (fig. 155, 156 et 157) dans un four
à réverbère que chauffe un foyer G ; la flamme passe en C autour et au-dessus des cornues, s'introduit par les carneaux £, e» 4 au-dessous en /*, /*, g\.., et gagne la cheminée centrale À, h' (*). Lorsque la température est élevée au rouge blanc, on introduit trois ou quatre saumons de zinc dans chaque cornue ; le métal fond, entre bientôt après en ébullition, se réduit graduellement en vapeur qui se dégage par l'orifice b des cornues.
Un courant d'air échauffé à 300° environ dans des tubes en fonte ou en argile, par la chaleur perdue, sort sous l'embouchure des cornues et détermine la combustion de la vapeur de zinc,
L'oxyde formé au moyen de cette combustion est entraîné par le mouvement des gaz , passe dans les tubes K, K\ qui
(*) Ces cornues pourraient être chauffées comme les retortes à distiller u houille des usines d'éclairage au gaz.
surmontent les embouchures. La matière blanche pulvérulente se dépose ensuite dans les chambres /,... qu'elle parcourt successivement du haut de Tune au bas de l'autre, alternativement à l'aide des ouvertures de communication entre elles.
Les figures 158 et 159 montrent ces dispositions générales : A, fourneau des huit cornues; B, tubes conduisant aux chambres.
La dernière ouverture M... de chaque série est recouverte d'une toile métallique tendue sur un châssis en fer et assez large pour laisser passer les gaz tout en retenant l'oxyde ; on peut ajouter dans les conduits G, G, qui ramènent l'air dans la cheminée H, deux autres toiles semblables, en ménageant un regard vis-à-vis chacune d'elles, afin de vérifier de temps à autre si les mailles s'engorgent par les particules d'oxyde, les nettoyer et les changer au besoin.
Le blanc de zinc est de belle qualité dans toutes les chambres lorsque le métal employé ne contient que des traces de métaux étrangers ; il ne se trouve de qualité inférieure que dans le premier récipient o (fig. 155), immédiatement au-dessous de l'embouchure, parce que quelques oxydes étrangers s'y mêlent, entraînant des parcelles de zinc condensé à l'état métallique; on doit tamiser et laver ce produit pour le consacrer aux peintures communes.
L'oxyde de zinc étant fixe ne peut qu'être entraîné mécaniquement par le mouvement des gaz ; on comprend donc comment il se fait que les particules adhérentes par contact aux bords des embouchures des cornues en retiennent d'autres, et sous diverses formes irrégulières , tubulaires parfois , obstrueraient bientôt le passage, si Ton ne dégageait fréquemment ces embouchures à l'aide d'une tige de fer.
L'oxyde de zinc déposé dans les autres parties de l'appareil est facilement recueilli , car il suffit de placer sous les trémies qui terminent le fond de ces chambres, un sac ou un baril, puis d'ouvrir le registre pour qu'aussitôt le récipient se remplisse; il convient d'envelopper l'embouchure de la trémie et l'ouverture du tonneau d'une toile serrée , afin d'empêcher la déperdition de la poussière d'oxyde qui se répandrait dans l'air de l'atelier.
Lorsque l'oxyde est recueilli, on doit le comprimer pour réduire son volume , diminuer ainsi le prix relatif des emballages et rendre les chargements moins volumineux ; on y parvient sans peine, soit en le piétinant dans le baril (*), soit en présentant à tour de rôle chaque baril ouvert sous une presse à vis en fer, terminée par un boulon qui tourne librement au milieu d'un disque ; on remplit et l'on presse à plusieurs reprises de façon à faire tenir la plus grande quantité possible du produit avant de foncer le baril.
Trois appareils, dont chaque four contient huit cornues, peuvent ensemble produire (à 300 kilogr. d'oxyde de zinc chacune) 300 X 24 ou 7200 kilogr. par jour; si l'on n'éprouvait de déchets, 100 kilogr. de zinc donneraient (dans le rapport de 406,6 équivalent du métal à 506,6 équivalent de l'oxyde) 124,58 de blanc de zinc; mais on n'en recueille que 112 environ.
%. Nouvelles dispositions des usines.
Le système de fours à foyer transversal et à cornues disposées horizontalement et chauffées par la flamme réverbérant sous une
(*) L'ouvrier qui doit tasser ainsi l'oxyde se tient debout dans le baril, s'appuyant sur un pilon en bois et piétinant le produit à mesure qu'un autre ouvrier ajoute de nouvelles quantités d'oxyde.
Les pieds peuvent être enveloppés de plusieurs doubles de linge, afin de rendre le piétinement plus efficace et moins pénible pour l'homme qui l'effectue.
voûte , semblable à celui que nous venons de décrire, s'emploie en France (à Tours), à Liège et à Borbeck, en Prusse.
Les fours que nous allons décrire maintenant sont construits d'après la méthode silésienne. Leur foyer est situé longitudinalement dans Taxe du four, entre deux doubles rangées de dix cornues chacune, disposées par paires, Tune superposée à F autre dans une espèce de niche.
Les figures 160 et 161 ci-dessous montrent une des cornues par deux coupes verticales, la première suivant sa longueur, la seconde suivant sa largeur; les dimensions à l'intérieur sont
Fif . 160.
de 1 mètre 6 centimètres de long, 32 centimètres de large, 10 centimètres de haut. Les dimensions extérieures des cornues sont 1 mètre 10 centimètres et 40 centimètres ; l'épaisseur du fond ou sol de la cornue est de 3 centimètres ; l'épaisseur du haut ou fond supérieur est de 2 centimètres; elle pèse desséchée 45 à 48 kilogr. (les cornues de la deuxième rangée supérieure n'ont qu'une épaisseur de 2 centimètres à 2 centimètres et demi); l'embouchure a, par laquelle on charge les saumons et qui laisse sortir la vapeur de zinc, présente une section de 24 centimètres de largeur sur 4 centimètres de hauteur.
La figure 162 indique, par une coupe verticale en avant des cornues, la disposition des cornues a, a par pairies; chaque cornue est supportée en avant et en arrière <!c façon à laisser la surface de son fond en contact avec la flamme qui doit envelopper toute la cornue. On a modifié dernièrement les supports en brique de chaque cornue supérieure : au lieu de faire porter le poids sur la première cornue, on a construit des briques formant un arc de voûte dont les pieds-droits reposent sur la sole du four, laissant entre Wg' 1OT# eux un passage libre pour la cornue in-
férieure; en sorte qu'il devient facile de retirer ou de remplacer celle-ci sans être obligé de soulever la cornue qui se trouve audessus.
La même figure montre la coupe de deux des guérites, en avant des cornues : on voit que la première case 6, directement correspondante aux deux cornues, peut recevoir à sa partie inférieure, dans un vase en tôle, l'oxyde lourd et les parties métalliques échappées à la combustion ; tandis que l'oxyde léger, entraîné par le courant d'air, s'élève vers l'embouchure d des conduits coniques en argile, auxquels s'adaptent les tubes en tôle réfrigérants 6gurés plus loin.
La partie supérieure b des guérites, ainsi que les conduits coniques, sont inclinés, afin que tout l'oxyde qui , après s'être élevé au-dessus du petit mur vertical, entre b et c, peut retomber, soit recueilli à part, dans un récipient en tôle c, à la partie inférieure du conduit formé entre le petit mur et la paroi extérieure de la guérite voisine ou du fourneau ; l'avantage de cette disposition consiste à fractionner le produit, de telle sorte que la portion retombée en c, exempte de zinc métallique, soit recueillie séparément, au lieu de se mêler avec celle qui se rassemble en b et que Ton est obligé de soumettre à des lavages, pour la débarrasser des portions métalliques ou incomplètement oxydées, qui tombent directement de la bouche des cornues.
Chacune des guérites, en avant de la niche qui renferme deux cornues, est muuie d'une porte en fonte à gonds sur une forte armature en fer ; cette porte, assez grande pour livrer passage aux cornues à remplacer, s'ouvre rarement (environ une fois en huit ou quinze jours, les cornues pouvant durer quinze jours environ); deux petites portes y sont pratiquées, correspondantes à l'embouchure des cornues, et servant à les charger d'heure en heure avec des saumons plats de zinc qui remplacent le métal volatilisé. Au milieu de ces petites portes, une ouverture sert à observer la combustion de la vapeur de zinc et à passer un ringard à l'aide duquel on nettoie l'embouchure des cornues des bavures et formations tubuleuses métalliques.
Chaque cornue du bas doit être entretenue chargée environ de 40 kilogr. de zinc; celle du deuxième étage, recevant 60 kilogr. en moyenne, on ne doit pas attendre qu'une charge soit volatilisée pour en introduire une autre, car il importe d'éviter an trop fort refroidissement au moment des charges; ces cornues peuvent fournir chacune à la distillation et à la combustion 300 à 350 kilogr. en 24 heures, la consommation du combustible étant de 40 à 45 kilogr. de houille pour 100 kilogr. de zinc
distillé et brûlé. On voit que la combustion du zinc en vapeur s'effectue dans chacune des guérites correspondantes à une paire de cornues.
La figure 1 63 ci-dessous indique, par une coupe longitudinale au milieu des grilles, la disposition générale du fourneau.
A, cendrier voûté dans lequel un ouvrier, garanti de la réverbération du feu par un chapeau à très-larges bords, débarrasse, à l'aide d'une pique ou tisonnier, la grille des cendres et menues scories obstruant le passage de l'air.
Fi g. 16S.
A l'une des extrémités prolongées de la voûte et du cendrier, on remarque la porte du foyer et le cendrier et l'un des fours destinés à la cuisson des cornues; prés de ce four, comme à l'autre extrémité , se trouvent les portes vitrées communiquant avec la chambre également sous le sol, qui contient les premiers ré-
cipients de F oxyde el des parties métalliques émanées des cornues.
Au-dessus du cendrier se trouvent les grilles des deux foyer» et les portes b9 b par lesquelles l'ouvrier chauffeur jette la houille ; l'adresse que cet ouvrier acquiert par un exercice habituel est si grande qu'il parvient à charger d'une manière égale la grille sur toute son étendue de 3 mètres.
Au-dessus de chaque grille, on voit le massif de maçonnerie sur lequel s'élèvent les cinq niches c, c, c, c,cy renfermant chacune deux cornues superposées, autour desquelles la flamme circule pour se rendre par des carneaux sous la partie antérieure de chaque cornue inférieure, dans la cheminée centrale B.
On peut encore remarquer, sur la même figure, les conduits coniques en terre et les tubes en tôle d qui les surmontent et aboutissent à un conduit commun en tôle rf, d.
Ce conduit est muni, à sa partie inférieure, de larges trémies par lesquelles tombent, dans des récipients spéciaux, les parties lourdes d'oxyde précipitées du courant. Quant à la portion d'oxyde plus léger qu'entraîne le courant d'air, elle passe dans les deux conduits latéraux <£ , également munis de trémies et de récipients intérieurs et communiquant avec la suite des tubes réfrigérants circulant autour des chambres.
Ces tubes, accolés à l'un des murs latéraux desdites chambres, sont indiqués dans la figure 164 ci-dessous, ainsi que plusieurs parties ci-dessus décrites, vues ici au bout du fourneau.
A, cendrier et son prolongement voûté ; B', cheminée centrale des deux fourneaux; B, portion du four contenant le massif des niches et cornues; c' c', conduits dirigeant vers les récipients inférieurs l'oxyde lourd et vers la partie supérieure l'oxyde léger entraîné dans le conduit commun d (au bas duquel sont une trémie et un récipient d'oxyde précipité), puis, par le gros tube J recourbé vers les trémies closes e', e* ', e\ <?*, munies chacune d'un tube inférieur fermé par un sac (ouvert à volonté) et communiquant entre elles par les tubes recourbés en siphon cT, «T", <t , JP ; la dernière dirigeant par un tube f la portion de l'oxyde encore entraîné par le courant d'air vers l'extrémité des chambres les plus éloignées du fourneau.
Onvloit remarquer, dans cette disposition générale, que tous les tubes et conduits assemblés entre eux et les trémies, à angles aigus, offrent une pente assez rapide pour que l'oxyde qui s'y dépose ne puisse s'accumuler ni les obstruer, ma»
tombe continuellement dans les trémies d'où on le retire trèsfacilement.
Les tubes en siphon d*, d'" . . . . peuvent être disposés par paire,
Fi g. 104.
s" assemblant dans chaque trémie afin d'augmenter la surface de refroidissement et de contact ou de frottement qui hâte le dépôt et la chute de l'oxyde.
On peut suivre la marche de l'air chargé d oxyde en jetant les yeux sur la figure 165 ci-contre, montrant, par une coupe, Tintérieur des chambres.
Nous ferons remarquer d'abord les dispositions déjà décrites que cette figure rappelle : A, cendrier du fourneau distillatoire; on voit, dans le massif en briques de ce fourneau, la section du conduit qui règne sous la partie antérieure des cornues, et dans lequel aboutit le carneau pratiqué sous chacune de ces cornues afin de répartir également la flamme qui se dirige par le conduit horizontal vers la cheminée centrale B. On voit aussi lés tubes
c', c* adaptés aux guérites conduisant vers le bas l'oxyde lourd, et vers le haut l'air et l'oxyde léger, qui cheminent par le conduit commun d pour se rendre autour de la chambre, dans les trémies et paires de tubes en siphon dessinés sur la figure précécédente. .
C'est après ce parcours dans lesdits tubes réfrigérants que l'air, encore chargé d'oxyde de zinc, arrive à l'extrémité des chambres*, vers la façade opposée au fourneau, et qu'alors la température s'est abaissée à -h 50e centigr. ; la dernière trémie f (fig. 165), qui reçoit cet air par la dernière paire de tubes en siphon, le dirige par une ouverture pratiquée à la muraille dans le premier compartiment g d'une chambre tapissée de toile pelucheuse de
Pig. 165.
coton et séparée en deux par une toile semblable tendue verti* calement.
Le courant d'air, suivant les plus libres et larges passage», s'élève au-dessus de ce diaphragme en toile, descend dans l'es»
pace opposé pour s'introduire dans une deuxième chambre où il s'élève de même, de l'ouverture pratiquée au bas de la cloison, dans l'espace g* pour passer au-dessus de la toile et redescendre dans l'espace g* ; la circulation du courant, alternativement ascensionnel et descendant, continue de la même manière dans les huit chambres suivantes ; arrivé à la huitième, il passe dans une deuxième rangée de huit chambres semblables, en suivant une direction inverse, qui de nouveau le reporte vers le mur de la façade opposée aux fourneaux ; là, il trouve une troisième et dernière rangée de chambres disposées de même, et les parcourt en montant et descendant dans chacune d'elles, autour des diaphragmes en toile pelucheuse de coton. On comprend que, durant ce long parcours, il dépose la presque totalité de l'oxyde de zinc entraîné, et cependant, afin de l'en dépouiller plus complètement, on fait passer alors le courant d'air au travers d'une toile métallique présentant une surface égale à celle de la paroi de la chambre entière, c'est-à-dire de 90 mètres carrés, avant de se rendre dans la cheminée g1*.
La partie inférieure de chaque chambre se termine en une trémie dans laquelle l'oxyde de zinc se rassemble spontanément à mesure qu'il est entraîné par son poids sur toutes les parois verticales où il s'était graduellement accumulé. Au bas de la trémie se trouve adapté un large tube en bois ou en zinc, fermé à volonté par un manchon de toile et une ligature; il suffit d'ouvrir ce manchon, après avoir placé au-dessous un baril, pour faire la récolte du blanc de zinc.
lia figure 166 (page 684) montre, par une coupe faite horizontalement, la disposition générale du fourneau à deux grilles longitudinales, l'emplacement des dix niches et de vingt cornues pour un foyer, de chaque coté de la cheminée centrale. Chaque niche correspondant à une guérite où arrivent les produits du zinc vaporisé dans chaque paire de cornues et qui brûlent en développant d'abondantes émanations d'oxyde entraîné (quoique fixe) mécaniquement par le courant d'air vers les conduits b$ c, puis les trémies et doubles tubes d,(t,cft d"\ d*, éP, tP, (P, «P-. Là, l'air avec l'oxyde qu'il charrie, provenant de dix cornues, passe dans la première série de sept ou huit chambres, puis dans la deuxième et la troisième série, d'où il se rend à la cheminée.
On voit que la portion du fourneau contenant dix cornues envoie des produits gazéiformes entraînant de l'oxyde et parcourant d'abord les tubes et trémies externes, puis trois rangées de
chacune sept ou huit chambres séparées en deux compartiments par un diaphragme en toile.
Fi*. 166.
Les quarante cornues qui remplissent le fourneau à deux foyers correspondent donc à quatre-vingt-quatre chambres; celles-ci ayant une hauteur de 1 5 mètres et représentant près de deux fois* cette longueur à parcourir de bas en haut et de haut en bas, on voit que le parcours, dans les chambres, des gaz correspondants à quarante cornues est de 84 X 30= 2520 mètres; en y ajoutant la longueur des tubes-siphons, ou 960, la longueur totale est de 3480 mètres, ou de 870 mètres pour chaque appareil de lOcornues.
Le cube total des 84 chambres (ayant chacune 2 mètres en carré sur 1 5 mètres de haut) = 84 X 60 M* = 5040 M*.
On brûle en 24 heures dans les 40 cornues, au moins 40X300 ou 12 000 kilogr. de zinc, ce qui représente dans le cours d'une année de 250 jours (chômages déduits pour réparations) 250 X 1 2 000 = 3 000 000 de kilogr.
Dans cet appareil, la production et la récolte de l'oxyde ont lieu, comme nous l'avons dit plus haut, relativement au four réverbère et au premier système des chambres. Cependant quelques particularités présentées par le nouveau système sont de nature à offrir ici quelque intérêt.
Il se produit dans ce dernier appareil deux sortes de blancs distincts :
1° Un mélange d'oxyde lourd et de métal interposé dans l'oxyde également trop lourd pour s'élever plus que de 20 centimètres au-dessus de l'embouchure de la cornue ; ce premier pro-
cluit ainsi mélangé tombe donc spontanément dans le récipient, immédiatement au-dessous de chacune des guérites, et il doit subir une épuration que nous indiquerons plus loin ;
2° De l'oxyde plus léger emporté par le courant d'air et se déposant dans les récipients latéraux, puis successivement dans toutes les parties de l'appareil réfrigérant. Cet oxyde représentant un poids à peu près égal à celui du zinc employé, l'oxyde se refroidit dans les tubes en tôle jusqu'à 50° ayant d'entrer dans les chambres où il se dépose à peu près complètement, en raison de son long parcours et des surfaces pelucheuses très-étendues sur lesquelles il s'arrête, et de la toile de 90 à 100 mètres carrés qu'il traverse en se tamisant avant de passer dans la cheminée qui exerce une aspiration sur cette toile.
On récolte le blanc chaque jour au bas des trémies, sans suspendre les opérations.
Une grande différence se remarque entre les produits récoltés au commencement du trajet et ceux qui se déposent plus loin et vers l'extrémité des chambres; les premiers sont plus lourds, plus blancs; ils ont plus d'éclat. Les blancs déposés dans les dernières chambres sont plus légers, plus fins, mais généralement ils présentent des teintes étrangères.
Tous les matins on ouvre les trémies pour recueillir les blancs rassemblés dans les 24 heures; ces blancs offrent toujours des nuances différentes; on les mélange dans une grande caisse afin d'obtenir la nuance homogène qui convient aux peintres. La masse ainsi mélangée sans tassement représente 2500 kilogr.; on l'essaye aussitôt en délayant un échantillon avec de l'huile et l'étendant en une couche, de manière à le comparer avec le blanc type, et de s'assurer qu'il a la nuance voulue. Ce n'est qu'alors qu'on le tasse dans les barils en le piétinant, comme nous l'avons expliqué.
Afin de régulariser le commerce de ce blanc, la compagnie de la Vieille-Montagne emploie des tonneaux de dimensions calibrées et d une contenance qui représente exactement 50, 100, 150, 200* 250 et 300 kilogr.
L'intérieur du baril est garni de feuilles de papier qui empêchent le blanc de passer par les joints ou fentes entre les douves. Une notice imprimée sur papier de couleur (*) collé sur le papier
(*) Le papier employé pour caractériser le blanc de neige est vert, pour le blanc n° 1 la couleur est rouge, pour le blanc n° 2 la couleur du papier est
d'emballage indique la quantité du blanc contenu dans chaque baril ; toutes ces précautions et quelques autres sont destinées à prévenir les fraudes.
Les blancs de zinc que nous venons d'indiquer sont ceux qui se récoltent dans toutes les trémies; quant aux blancs mêlés de zinc métallique tombés au-dessous des embouchures des cornues, ils doivent être épurés par des lavages et lévigations; on j emploie les moyens, appareils et ustensiles suivants :