Systèmes de lévigmtio
L'appareil de lévigation dessiné ci-contre (fig. 167) se cornpose d'un réservoir a muni d'un robinet £, à l'aide duquel on arrose et Ton immerge le mélange d'oxyde et de métal placé dans une caisse c à compartiments dans lesquels circule le liquide tenant en suspension une assez grande quantité d'oxyde de zinc, avant de passer au travers d'un tamis vertical c pour se déverser dans une série de bassins de repos.
Pendant que l'eau coule sur le mélange, on remue celui-ci avec un martelé t ou racloir d pour faciliter la séparation de l'oxyde. On peut achever le lavage ou la séparation de l'oxyde resté adhérent aux gramilles en traitant celles-ci par l'eau bouillante.
Du récipient à compartiments ce' le liquide blanchâtre s'écoule dans le vase de repos e; à mesure que de nouveau le liquide arrive, ce premier vase déverse dans un deuxième**; celui-ci dans un troisième ek , puis dans un quatrième e%.
En se déposant d'un vase dans l'autre, le liquide passe sous des traverses ou chicanes e\ e", e*. Une semblable chicane tut infléchir et remonter le liquide jusqu'à un trop-plein qui le laisse couler dans un caniveau ou rigole fg. Celle-ci est garnie de bondes en bois fermant des trous situés au-dessus de cuviers à repos À, h\ h\ h'".
Afin de remplir successivement tous les cuviers, on ouvre h bonde correspondante à chacun d'eux.
Chaque cuvier doit être laissé en repos huit jours, afin que le dépôt de l'oxyde blanc s'y fasse dans de bonnes conditions; au bout de ce temps, des bondes, à deux hauteurs, permettent de décanter le liquide éclairci par le dépôt de l'oxyde. Le liquide
jaune, enfin la couleur grue est destinée à caractériser le blanc grisâtre dit de pierre.
provenant de la décantation s'écoule de chaque cuvier, à tour de rôle, dans un caniveau qui le dirige vers une citerne en maçon-
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Fig. 167.
nerie I. Un nouveau dépôt d'oxyde fin a lieu lentement dans cette citerne ; on lui donne le temps de s'y former en F y laissant séjourner un an. Les dépôts de blancs contenus dans les vases de décantation e, e\ ek , e§, ainsi que ceux formés durant huit jours dans chacun des huit ou dix cuviers A, A', A*, A'", en sont retirés, après avoir décanté les eaux surnageantes. On porte ces dépôts sur des filtres formés de toile de coton, fixés dans un bâti en bois au-dessus d'un dallage ou d'une aire bitumée offrant une pente suffisante pour l'écoulement des eaux d'égouttage hors de l'atelier.
La figure 168 ci-dessous indique cette disposition : on voit que
chacun des filtres, sortes de poches, a, a, af recevant une charge d'oxyde pâteux ou demi-fluide, laisse écouler l'eau, ne retenant que le liquide interposé.
Lorsque cet égouttage est complet, qu'il ne se sépare plus d'eau, la pâte d'oxyde est devenue très-consistante; il s'agit d'enlever ce qui reste d'eau interposée par une dessiccation à l'aide de la chaleur.
Cette dessiccation doit s'effectuer très-rapidement; car si on l'opérait lentement, l'oxyde de zinc prenant un retrait régulier, deviendrait consistant au point de résister aux moyens ordinaires de broyage. On parvient à réaliser la condition utile d'une rapide^ dessiccation qui laisse remplies d'air les cavités que l'eau remplissait, et rend ainsi l'oxyde spongieux et facile à diviser, en
Fi,. 168.
étendant en couches de 8 à 10 centimètres la pâte, bien égoattée, sur des plaques en fonte, ou mieux en tôle zinguée, chauffées par une cheminée traînante utilisant la flamme perdue des fours à combustion du zinc, ou par un foyer spécial, comme l'indiquent les figures 169 et 170 ci-dessous.
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Fif. 169.
A (fig. 169), foyer dont la porte et le cendrier s'ouvrent au dehors de l'atelier, afin d'éviter que les cendres puissent être entraînées par l'air et se déposer sur les blancs en cours de fabrication. De A en B, les flammes et la fumée se dirigent vers la cheminée.
Le vase en fonte ou tôle b (fig. 170) a une largeur de 1 mètre, une longueur de 15 mètres et une profondeur de 20 centimètres; il repose sur une maçonnerie mince en briques, afin de répartir uniformément la chaleur.
Un couvercle ce, en tôle galvanisée, à charnières, garantit le blanc en voie de dessiccation des poussières qui pourraient le salir; ce couvercle aboutit à une rigole d (fig. 169), dans laquelle s'écoule l'eau de condensation; il est, d'ailleurs, divisé en pièces rectangulaires séparées, afin qu'on puisse à volonté lever chacune de ses parties pour examiner l'oxyde, le remuer, l'enlever lorsqu'il est sec et le remplacer par de la pâte égouttée.
Le blanc bien sec est facile à écraser à l'aide d'une batte en bois. On peut, après l'avoir tamisé, le livrer directement à la consommation pour être mélangé avec le blanc des chambres.
La méthode de lavage que nous venons de décrire est en usage dans plusieurs usines. Un autre système est employé dans l'usine de M. Latry, à Grenelle. D'après une observation faite par le directeur, ayant remarqué que le mélange d'oxyde et de zinc métallique, projeté dans l'eau bouillante, occasionne une effervescence par suite de laquelle l'oxyde se sépare du métal et vient surnager quelques instants, on a fondé sur ce fait un autre système rapide de lévigation : le mélange en question est projeté dans
une chaudière munie d'une bavette à déversement, remplie d'eau maintenue à l'ébullition; la séparation indiquée ci-dessus a lieu : le zinc métallique tombe au fond, tandis que l'oxyde, entraîné par de nombreuses bulles gazeuses, vient en écume à la surperficie et se déverse aussitôt sur la bavette, et tombe avec l'eau ajoutée en excès dans un bassin de repos et à déversement; de celui-ci, le liquide passe successivement dans une série de bassins étages. On comprend sans peine que, durant les charges successives dans la chaudière (dont on extrait chaque fois, à l'aide d'une pelle courbe trouée, le zinc métallique), les bassins se remplissent et laissent déposer l'oxyde; on prolonge d'ailleurs le repos dans les récipients et même dans deux grandes citernes alternativement (chacune remplie en six mois et déposant pendant six mois), comme nous l'avons exposé plus haut. L'oxyde déposé est recueilli, après décantation des eaux claires, égoutté sur les filtres, séché, enfin écrasé et tamisé comme suivant la première méthode.
Les résidus de zinc métallique mêlés d'oxyde, grenus, provenant des deux sortes de lavages ou lévigation, soumis à un broyage et à un nouveau lavage, donnent un blanc à reflet grisâtre, vendu sous la dénomination de gris de perle. Ces parties métalliques restant après le dernier lavage, peuvent être refondues et remises en lingot, si l'on ne trouve à les placer pour la fabrication du chlorure de zinc ou du sulfate de zinc, utilisés dans une peinture spéciale [yoy. fin de ce chapitre), dans la désinfection des matières animales et la conservation des bois {yoy. ce chapitre dans le 2e volume).