‹ Précis de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 27 sur 218 · Extraction · texte numérisé non relu

Extraction

Les combustions vives ou lentes dans l'air enfermé donnent un produit formé d'oxygène uni au combustible brûlé, et laissent en résidu l'azote gazeux plus ou moins impur. Si, par exemple, après avoir introduit un bâton de phosphore dans un tube plein d'air, on ferme ce tube en plongeant l'orifice dans l'eau, la combustion lente du phosphore, ou sa combinaison avec l'oxygène, donnera, au bout de 24 heures, un produit acide condensable, et l'azote restera gazéiforme dans le tube.

On peut obtenir rapidement un volume plus considérable d'azote par la combustion vive du phosphore. Voici comment on opère : un large bouchon ou disque de liège est placé dans une cuvette sur de l'eau pure, bien privée de gaz; on pose sur ce disque une petite capsule ou coupelle contenant un fragment de phosphore que l'on enflamme ; puis on recouvre aussitôt le petit appareil surnageant, au moyen d'une cloche dont les bords entrent dans l'eau. L'air, ainsi confiné, perd presque tout son oxygène, qui active la combustion en se combinant avec le phosphore et formant de l'acide phosphorique ; celui-ci se condense et se dissout dans l'eau. Le volume du mélange gazeux (oxygène 21+ azote 79) diminue dans la proportion de la quantité d'oxygène absorbé : par conséquent, le niveau du liquide s'élève dans la cloche, qui contient alors de l'azote presque pur.

Il est facile de préparer une quantité plus grande d'azote pur en faisant passer lentement dans un tube horizontal, rempli de tournure de cuivre métallique et chauffé au rouge, un courant d'air poussé par un gazomètre, qui dans les laboratoires est disposé comme l'indique la figure 2, p. 26 (*). Entre le gazomètre

(*) On se sert pour celte opération d'un tube en verre de Bohême peu fusible, ayant environ 1 mètre de longueur et 15 millimètres de diamètre. Ce tube est enveloppé d'une bande ou lanière mince de laiton, contournée en hélice, et maintenue par une ligature faite à chaque bout avec du gros fil de laiton. Un fourneau, long de 75 à 80 centimètres (semblable à celui qui est décrit à la un de cet ouvrage, chapitre des Engrais commerciaux, pour l'analyse élémentaire des substances organiques azotées), ainsi que le fourneau chauffé par le gaz (va?, la description fin du 2e volume), permet de chauffer régulièrement au rouge le tube dans toute cette longueur.

elle tube, on interpose trois tubes recourbés en U : le premier coDUeot de l'amiante au travers de laquelle l'air doit filtrer pour se dépouiller de tous les corps légers tenus en suspension ; le deuxième est rempli de fragments de pierre ponce humectée uec une solution de potasse, afin de retenir l'acide carbonique; le troisième, plein de ponce imprégnée d'acide sulfurique concentré, est destiné à retenir la vapeur d'eau contenue dans l'air. Celai-ci arrive donc, débarrassé de corpuscules en suspension, d'acide carbonique et d'eau, sur le cuivre échauffé au rouge qui fixe l'oxygène en s'y combinant et formant du protoxyde, puis dnbioxyde de cuivre; l'azote isolé se dégage à l'autre extrémité du tube horizontal, qui doit contenir un excès de cuivre métallique; un tube recourbé dirige ce gaz sous une cloche, ou un flacon rempli d*eau. On laisse perdre les premières portions de gaz qui contiennent l'air de la partie antérieure de l'appareil, et l'on recueille ensuite l'azote pur.

On prépare enfin du gaz azote pur en décomposant, par lu température de l'ébullition, une solution concentrée d'azotite d'ammoniaque; l'oxygène de l'acide azoteux, s'unissant à l'hydrogène de ^ammoniaque, forme de l'eau qui se condense. On conçoit que l'azote de l'acide devienne libre en même temps que l'azote de la base ; c'est ce que montre l'équation suivante :

AzH»,HO, AzO* = 4HO -|- 2 Az.

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