État naturel du diamant
Le diamant se rencontre dans les terrains de transport provenant d'anciennes roches désagrégées ; mais il est évidemment antérieur à l'époque à laquelle ces terrains furent remués par les eaux. Il n'est donc pas certain qu'il ait été produit soit dans des terrains aqueux, soit dans des terrains ignés.
La rareté des diamants naturels, doués d'un éclat et d'une transparence remarquables, les a fait de tout temps apprécier à on très-haut prix. Les anciens ignoraient l'art de les tailler : on comprend donc que la plupart des diamants dussent alors rester sans valeur et sans emploi.
S. Taille dn diamant.
Les lapidaires romains savaient appliquer la poudre du diamant pour user et polir les pierres fines ; cependant ils n'ont pas connu la propriété qu'offre le diamant de s'user ou de se polir par ses propres débris pulvérulents.
La taille du diamant ne remonte qu'à Tannée 1576. Elle s'exécute au moyen d'une plate-forme horizontale en acier doux, qu'on arrose avec un mélange d'huile et de poudre obtenue par le frottement des diamants bruts les uns sur les autres» Le diamant à polir est fixé, à l'étain, dans une coquille en cuivre, qui est pincée par une tenaille en acier. Celle-ci, chargée d'un poids, presse le diamant sur la plate-forme, à laquelle on donne un mouvement de rotation rapide. Lorsque l'une des facettes est usée, on change de position, et Ton forme ainsi toutes les facettes.
Les diamants employés autrefois avec leur poli naturel sont nommés bruts ingénus; ceux qui offrent une cristallisation régulière, comme les diamants des anciennes armures, sont dits à pointes naïves. Il est impossible de tailler certains diamants, qui sont du reste peu nombreux; on les appelle diamants de nature. Ils sont réservés pour les vitriers, ou pulvérisés dans un mortier d'acier, de même que tous les diamants et d'autres pierreries dures.
On a recours quelquefois au clivage. Le diamant se clive parallèlement aux faces d'un octaèdre régulier. On cerne d'abord la portion à enlever, eu pratiquant autour une légère entaille; on y applique une lame d'acier aiguisée, bien trempée, et, d'un seul coup frappé juste, on divise le diamant dans le sens de l'entaille.
On peut, en certaines circonstances, abréger la taille par le sciage, au moyen d'un fil d'acier enduit de poudre de diamant huilée.
A l'époque où Louis deBerquem découvrit ce polissage spécial, on cherchait surtout à polir le diamant sans trop lui ôter de son poids. C'est encore ce qu'on s'est proposé dans la taille en rose et dans la taille en brillant, seules formes conservées aujourd'hui. Le cardinal Mazarin fit exécuter le premier la taille en brillant sur douze diamants des pierreries de la couronne : ce sont les douze mazarins.
La taille en rose est simple : le dessous du diamant est plat, le dessus s'élève en dôme taillé à facettes, au nombre de vingtquatre. On y voit six triangles dont les sommets réunis forment une pointe de pyramide, et six autres triangles appliqués base à base aux précédents, et dont les sommets se terminent sur le contour de la table inférieure. Ces six derniers triangles laissent entre eux six espaces qu'on subdivise chacun en deux facettes.
Dans la taille en brillant, le pourtour de la table offre huit
pans partagés en facettes triangulaires ou losangées. Cette partie comprend le tiers du diamant. Le dessous ou la culasse, formée des deux antres tiers, se compose de facettes symétriques et correspondantes à celles de la partie supérieure.
Le diamant-brillant fournit les effets de lumière et de couleurs les plus variés. Le diamant-rose lance peut-être des éclairs plus vifs, mais il joue bien moins. De nos jours les brillants obtiennent la préférence. Le régent offre un bel exemple de cette taille.