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Consommation du soufre en France

La grande consommation du soufre dans les arts chimiques date de la fondation même de ces industries en France, et de leur propagation chez les nations étrangères. Or, le soufre étant la base de la fabrication de l'acide sulfurique, à l'aide duquel on prépare presque tous les autres acides commerciaux, les sulfates, et la soude, base alcaline la plus usuelle, on peut dire que la consommation du soufre, au delà des quantités destinées aux anciens usages, donne la mesure de l'état ou de l'importance de la chimie industrielle chez les peuples.

On verra quels ont été, sous ce rapport, les progrès effectués en France, en comparant la consommation du soufre à diverses époques.

Le tableau ci-après montre la progression rapide depuis 1792 de nos industries chimiques, qui elles-mêmes peuvent être considérées comme offrant la mesure de toutes les industries manufacturières : car il en est bien peu parmi celles-ci qui n'empruntent le secours des produits ou des applications de la chimie.

En 1792, on pouvait évaluer la consommation du soufre d'après les quantités indispensables à la préparation de la poudre de guerre, de chasse, de mines et des feux d'artifice, à la fabrication des allumettes et des mèches soufrées, enfin aux usages de la pharmacie et aux scellements dans les constructions.

Depuis cette époque, nos états de douane fournissent des données bien plus exactes ; nous leur emprunterons les chiffres suivants que nous compléterons pour 1863, en y ajoutant les quantités de soufre représentées par les pyrites employées tous les

ans, depuis 1862, à fabriquer environ les 0,85 de l'acide sulfurique annuellement consommé chez nous.

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