Raffinage
Autrefois, pour raffiner ou épurer le soufre brut, on se contentait de le faire fondre et de le décanter comme dans le premier procédé d'extraction décrit plus haut ; on obtint ensuite des résultats meilleurs, mais non irréprochables, en distillant le soufre brut. Aujourd'hui Ton réussit mieux encore à l'aide des deux
procédés réunis dans un seul appareil qui sert à préparer à volonté le soufre, raffiné soit en canons, soit à l'état pulvérulent, c'est-à- dire de fleurs de soufre.
La planche F* représente cet appareil. Il se compose de deux cylindres en fonte B (fig. 1 et 2), ayant 1 mètre 5 de longueur et 0 mètre 5 de diamètre, fermés d'un bout par un obturateur B', amovible ; chacun des deux cylindres est adapté à un deuxième cylindre B", de même diamètre et de 1 mètre de long, courbé en col de cygne. L'ensemble des deux cylindres, l'un droit, l'autre à double courbure, représente une cornue à large col, et se trouve engagé dans une épaisse maçonnerie de briques. La portion antérieure B est chauffée par un foyer A, où l'on brûle de la houille, du bois ou de la tourbe. La flamme et les gaz de la combustion, après avoir enveloppé tout le cylindre droit, et avant de se rendre dans la grande cheminée commune E, passent dans une cheminée rampante C, pour s'introduire et circuler dans des carneaux autour d'une chaudière D où la fusion se préparé, et le soufre commence à s'épurer. Cette chaudière, quia
1 mètre de diamètre et 1 mètre de profondeur, est munie d'un couvercle en tôle et d'un robinet droit. L'extrémité de chaque cylindre en col de cygne vient affleurer la paroi interne d'une chambre voûtée G, reposant sur des fondations solides, et construites en briques compactes cimentées à joints minces avec un mélange de chaux et de sable très-fin. Un registre I, tenu par une tige articulée II', permet de fermer et d'ouvrir l'embouchure du cylindre. La chambre, ayant 7 mètres de longueur, 5 de largeur et
2 mètfes 3 de hauteur, présente une capacité d'environ 80 mètres cubes. Vers l'un des bouts, une baie de porte Q est ménagée pour l'entrée d'un homme : le seuil est en maçonnerie solide ; le surplus est fermé à volonté par une porte en tôle plombée et une maçonnerie provisoire. A la partie inférieure de Tune des parois de la chambre, une petite embrasure est close par une plaque en fonte percée d'un trou rond d'un centimètre : une tige conique JK s'engage à volonté dans ce trou, de façon à le fermer ou à l'ouvrir plus ou moins. Ce mouvement est facilité par la vis filetée sur la tige, et passant dans un écrou qui tient à une traverse fixée des deux bouts dans l'épaisseur des murs.
Une plaque ou bavette en fonte reçoit le soufre liquide sortant du trou, et le conduit dans une petite chaudière L, posée sur un foyer. Auprès de cette chaudière se place un baquet tournant M, divisé par des cloisons en 6 ou 8 cases; enfin on dispose à portée
un bâti en bois N, entre les deux montants duquel les bâtons de soufre doivent être rangés.