‹ Précis de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 58 sur 218 · Soufre en cmom · texte numérisé non relu

Soufre en cmom

Voici comment on prépare cette variété de soufre raffiné dans l'appareil que nous venons de décrire. Pour une première opération, on charge chacun des deux cylindres B, B' de 300 kilogr. de soufre brut, le plus sec et le moins impur possible ; ou ferme et on lute les obturateurs avec de l'argile ; on allume le feu sous l'un des cylindres, et, lorsque la distillation du soufre y est à demi opérée, on chauffe l'autre cylindre. Les produits de la combustion des deux foyers élèvent la température de la chaudière D où l'on a mis 750 à 800 kilogr. de soufre ; celui-ci se fond et s épure par le dépôt des matières lourdes (sable» sulfure de fer, carbonate de chaux, etc.), par la volatilisation de l'eau, enfin par la séparation des corps légers (débris ligneux, etc.) qui surnagent.

Dès que la distillation est finie dans le premier cylindre, on le charge de nouveau , mais cette fois en décantant par le robinet le soufre liquide qui passe de la chaudière dans le cylindre au moyen du tuyau F, qu'on vient d'adapter d'un bout au robinet, et d'introduire par l'autre bout dans le trou de l'obturateur. Lorsque l'abaissement du niveau dans la chaudière montre que 150 litres environ se sont écoulés, on ferme le robinet, puis on été le tube et on bouche le trou de l'obturateur par un tampon de poterie garni d'argile.

Pendant les opérations, une soupape H, formée d'une plaque de tôle mince tenue presque en équilibre par un contre-poids, permet à l'air, brusquement dilaté, de sortir sans un grand effort et sans compromettre, par conséquent, la solidité des parois de la chambre.

Chaque distillation dure huit heures; on charge ainsi alternativement un des cylindres, de quatre en quatre heures, et les six opérations en vingt-quatre heures représentent 1890 kilogr. de soufre distillé. Cette quantité suffisant pour maintenir dans la chambre la température au-dessus de 110°, le soufre y reste liquide : lorsque le niveau s'élève à 12 ou 18 centimètres, on commence à soutirer dans la petite chaudière (*), et on règle

(*) La tige conique est ordinairement alors empêchée de se mouvoir par du •oufre pru en musse auprès de la plaque ; mais on détruit l'obstacle en ebauf-

no SOUFRE.

l'écoulement de façon qu'un ouvrier puisse le suivre en remplissant avec la cuiller (fig. 5) les moules en bois (de buis tourné)

p,p'(fig.ô).

Afin d'accélérer le moulage, qui se fait à l'attache et de jour, un enfant retire d'avance un des moules plongés dans l'eau du baquet tournant M (fig. 3) et M' (fig. 4), le vide et le présente à l'ouvrier qui le remplit et le range dans une des cases. Chaque case est ainsi successivement garnie de moules pleins, et par ce moyen, le refroidissement et la cristallisation (d'abord en fines aiguilles prismatiques, dirigée de la périphérie au centre), puis la prise en masse et le retrait s'opèrent dans une case tandis que les autres se garnissent.

Pour retirer le soufre des moules les plus froids il suffit de frapper sur un billot avec le tampon conique O, O' (fig. 6) : celui-ci s'enfonce dans le moule et soulève le cône de soufre qui sort sans difficulté. La cristallisation confuse s'achève dans le bâti N, où l'on empile les canons de soufre. Leur nuance» légèrement orangée, brune, translucide, passe peu à peu à la couleur jaune citron opaque du soufre commercial (*).

Le soufre en canons s'expédie en tonneaux de bois blanc, revêtus de papier à l'intérieur.

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