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Innovations récentes de U. Gérard et Anbert

M. Gérard est dernièrement parvenu à confectionner d'une seule pièce des tapis en pâte de caoutchouc ayant 2 à 3 mètres de long et lm,33 de large. Il dispose une feuille épaisse de caoutchouc (obtenue au laminoir) entre deux coffres en fonte de 50 centimètres de hauteur (maintenus par des cloisons ou entretoises solides et clos par un épais couvercle de fonte boulonné) ; la caisse inférieure reçoit des moules rectangulaires en fonte offrant des cavités et saillies ciselées et sculptées, de façon à produire, à l'aide d'une énergique pression transmise par deux vis en fer, des empreintes profondes : on obtient ainsi entre les faces de cette sorte de grand gaufrier des dessins réguliers, bordés d'un encadrement en bas-reliefs ou médaillons vraiment artistiques. Au moment où la pression produit son effet, on injecte dans chacun des deux coffres la vapeur d'eau à 4 atmosphères, de manière à élever la température jusqu'à 140° dans toute la masse pendant 1 heure et demie ; on démonte après le refroidissement en desserrant les deux vis de pression (*).

(*) On peut obtenir des tapis 2, 3 et même 25 fois pins longs en pratiquant à la suite les unes des autres 2, 3 ou 25 impressions semblables sur une même lame de caoutchouc. U faut avoir le soin de raccorder exactement les moules en laissant à Pair la rangée continue pour éviter de la vulcaniser une seconde fois, ce qui durcirait trop ces endroits du tapis. La pâte peut être formée arec

Fabrication des courroies pour transmission de mouvement. — Voici comment on fabrique les fortes courroies des machines, chez MM. Aubert et Gérard : le caoutchouc brut successivement trempé dans l'eau chaude, déchiqueté, lavé, séché, aggloméré, puis bien malaxé avec 5 centièmes de son poids de soufre (tamisé fin) entre des cylindres chauffés intérieurement à 50 ou 60* par la vapeur d'eau, donne une pâte bien homogène que Ton étend en la faisant pénétrer dans tous les interstices d'une forte toile, à l'aide d'une machine appelée Spreader (fig. 48). Cette machine est composée de 3 cylindres creux en fonte A, B, C, chauffés intérieurement par la vapeur introduite dans l'axe de l'arbre creux tournant dans un Stuffing-box. Ces cylindres d'égal diamètre (36e) portent chacun une roue d'engrenage : le cylindre intermédiaire B qui reçoit le mouvement, le transmet par sa roue dentée D (qui a 24e de diamètre) à chacune des deux autres roues E, E', celles-ci ayant un diamètre .double (48e). U résulte de cette disposition que le cylindre B tournant deux fois plus vite que chacun des deux autres, la forte toile (d'un mètre de large et 10 à 50 mètres de longueur) qui passe entre ces cylindres reçoit la pâte de caoutchouc avec un frottement tellement énergique que l'enduit la pénètre, et qu'en superposant les toiles ainsi préparées au nombre de 3 à 10, entre les cylindres chauds d'un laminoir, elles adhèrent intimement entre elles; on les découpe au couteau mécanique suivant la largeur des roues qu'elles doivent faire tourner. Pour leur donner une plus grande force et rendre leurs bords unis, on peut les envelopper d'une toile enduite semblable et poser sur le joint une bande moins large qui rend toute l'enveloppe solidaire avec les tissus sous-jacents.

C'est alors que Ton effectue la vulcanisation, en plaçant les

Fig. 48.

50 de caoutchouc, 15 de linge effiloché, 25 d'oxyde de zinc, k de soufre, 5 de

absor- : éviter t avant

la pression toutes les surfaces du moule avec un linge gras ou mieux imprégné

d'eau de savon.

courroies dans des moules en fer formant une rainure rectangulaire (préalablement savonnée) , qui reçoit ensuite une plaque de fer également bien polie, entrant dans le moule qu'elle dépasse de 10 ou 12 millimètres; on pose tous les moules ainsi remplis sur le coffre inférieur de la presse à vulcaniser (indiquée cidessus); lorsque toute la surface de ce coffre est garnie de moules on abaisse (à l'aide d'une vis sans fin qui fait tourner les deux roues d'engrenage commandant les deux vis de cette presse) le coffre supérieur, et pendant que la pression s'exerce on élève la température jusqu'à 140° dans les moules en injectant sous une pression de A à 5 atmosphères la vapeur dans les deux coffres. Dans ces conditions il suffit d'une heure pour vulcaniser les courroies (*). Alors on relève le coffre supérieur en faisant tourner en sens contraire les vis de pression, on retire les courroies des moules et on replace une deuxième longueur dans les mêmes moules, et l'on vulcanise de même cette deuxième longueur jusqu'à ce que l'on ait vulcanisé les courroies dans toute leur étendue. Afin de donner une idée de l'économie qu'offre l'usage de ces courroies, nous ajouterons qu'une d'elles ayant une largeur de 30e, une épaisseur de 2e et uue longueur de 30 mètres, revient (y compris la cloùure plate de rivets en cuivre réunissant les deux bouts sur une longueur égale à 3 ou 4 largeurs) à 400 ou 500 (t., tandis qu'elle coûterait 1400 fr. environ , si on la faisait établir en cuir ordinaire.

Nous indiquerons en terminant les principales applications du caoutchouc normal et sulfuré. Ces applications graduellement étendues se multiplient chaque jour; aussi le prix de la matière première est-il doublé depuis quelques années.

*6. Applieatloas du eaoutehone ordinaire.

Feuilles sciées (en caoutchouc première qualité aggloméré) pour ustensiles de chirurgie et ballons très-minces.

Feuilles sciées ou ettbees à confectionner,,

tubes.

| lanières, [rondelles, vases, chaussures , etc.

(*) Le contact du fer distribuant avec rapidité la chaleur diminue de moitié comparativement avec la vulcanisation par la vapeur confinée (lh à lk jf au lieu de 2h à 2h ^) le temps nécessaire à la vulcanisation. Pour éviter que celleci soit trop avancée aux extrémités des moules, on les évase légèrement, en sorte que dans les changements de place de la courroie, celle-ci ne se trouve pas deux fois vulcanisée près de la ligne de démarcation.

Feuilles très-mutces étirées à chaud employées f Ie9 *?"* ********<»•

à il préparation f . . . . . j *» P4^

rr^ \ des solutions.

(bois l^^^V

Icollaaes des ) d'instruments.

* S laines à former des tapis décorés.

( fleurs artificielles.

Caoutchouc aggloméré (à la râpe) pour confectionner des balles pleines, nues ou cou

rertes de laine tontisse teinte.

Morceaux découpés eu piiismes rectangulaires usités pour effacer le crayon. Caoutchouc fondu à 200* uni à la chaux (ou chaux et minium) employé pour préparer

des mastics souples destinés à dore différents vases. Caoutchouc uquefd! (isomérique) par la chaleur pour lots et emplâtres adhésifs,

imperméables.

Huai de colza contenant 0,02 de caoutchouc dissous à -f* 420° centésimaux employé

dans les machines pour adoucir les frottements. Caoutchouc, dit gomme <£ Assorti, arec addition de benzine pour impressions à chaud ,

des poudres d'étain, de bronze, etc.

Glu marins [yoy. à la fin du 2* volume les applications des goudrons).

%!%• Usages dm ea«nteh«me valeaalsé ou sulfuré (*)•

Mahchoks étroits pour interposer sous les cloches à faire le vide*

Courroies pour ligatures des rouleaux de papiers, paquets, etc.

Bardes des afp»arejls chirurgicaux à pression graduée.

Lahièees élasteques pour éteindre les vibrations.

Expériences dh TRAjfsi'ORM atiow , de force en chaleur et réciproquement (**).

CotDBS sans fin pour les tours.

Pilotis, supports et pessaires plus ou moins gonflés à part on sur place, cylindriques, ovoïdes, arrondis ou déprimés.

Foras rLxxiBLis de bassins plats à circulation d'eau tiède pour incubation et essais des œufs avant et après la 48e heure.

Plaw et cartes marines imprimées.

| fauteuils.

Coussins élastiques à ] chaises, demi gonflés des j lits, divans.

( voitures, etc.

COUSUM ET LITS HYDROSTATIQUES pour les malades.

BouLE-s nveloppk d'un biscaÏen pour claquet sphértque.

Lacets filés, fils, tricots, tissus, bretelles, bracelets de gants, bottines, ceintures, tissus à compression Ses varices, jarretières, etc.

halles pleines, balles et ballons creux élastiques.

Guides a double effet, par lanières courtes élastiques interposées dans les guides ordinaires en cuir pour conduire les chevaux des voitures.

Ressorts cylindriques pour filatures, dynamomètres.

Iet marteaux de pianos, de serrures, loquets, sonnettes, de portes battantes, etc.

tampons pour prévenir les chocs des wagons, locomotives, etc., en blocs sous les coussinets.

Coussins des sucettes pour raffineries.

Encriers a pompe.

(*} Et parfois désulfuré, c'est-à-dire dont l'excès de soufre a été enlevé par les solutions alcalines de soude ou de potasse afin d'éviter l'odeur forte et l'action du soufre qui noircit les objets dorés, argentés, etc.

(**) Par une extension rapide qui diminue le volume total et une contraction brusque qui augmente le volume.

Accumulateurs dz force pour lever les poids.

Genouillères unissant les locomotives au tender.

Coussins des bandes et tables de billards.

Tampons moulés coniques à écrasement limité dans frettes en fonte.

Rondelles et rou- i pour interposer entre les brides des tuyaux et les va*es divers.

leaux en cercles . '. f pour fermetures hermétiques des obturateurs, robinets, soupapes. Rondelles en caoutchouc et talc pour Stuf/ing- boxes. Rondelles très-épaisses ou assemblées, au nombre de 40, 30 ou 60, pour amortir les

chocs des wagons (caoutchouc du Para) .

Soupapes épaisses de 3 à 6 c, de machines des steam-boats (de 30 c. jusqu'à \ mètre

de diamètre).

Garnitures des pistons {ttuffing-boxes) et rondelles entre brides avec fibres textiles,

0,25 à 0,30 plus 0,46 à 0,20 de chaux ou carbonate de plomb, malaxés avec caoutchouc

avant sulfuration.

Soupapes coniques des baignoires, citernes, bassins. Soupapes et pistons à anches ou lèvres (de M. Peireaux). Cuir artificiel pour cardes et pour semelles des chaussures à vis.

/ d'encrage pour impressions typographiques et lithographiques.

° u \ contre-presseurs destinés aux impressions en relief.

I d'impression de filigranes sur les feuilles humides du papier \ continu.

Rouleaux circulaires pour joints flexibles de jonction des tubes métalliques sans brides.

Id. avec 33 0/0 filasse, 3 soufre et 30 chaux pour joints des trou

d'hommes, à l'aide de grands obturateurs. f eaux naturelles (en caoutchouc désulfuré) . lassives alcalines.

acide chlorhydrique et acides végétaux.

1 acides sulfurique et azotique non concentrés (*). Tubes et robinets j chlore et hypochlorites liquides. volants pour \ cloches à plonger.

j vapeur d'eau pour transmettre la chaleur et la force mécanique, gaz appliqué au chauffage et à l'éclairage dans les laboratoires, jets d'eau flottants et mobiles.

\ appareils divers de physique et de chimie. Gants pour les ouvriers qui manipulent des liquides corrosifs. Tubes à hélice métallique interposés pour résister à l'écrasement. Tubes plats ou cylindriques très-longs sans joints. Calottes a tubes pour amorcer les siphons introduits dans les bombonnes («>/. Acide

chlorhydrique et la planche II, fig. 6 et 7). Balles creuses pour pipettes, tate-vin, amorces-siphon, injections. Clysoirs. •

Sacs pour fermeture momentanée des conduits de gaz et d'eau.

Doubles chaussures contre l'humidité, souliers des ouvriers malteurs , à semelles vulcanisées d'un côté (**), semelles moulées et vulcanisées. Feuilles sans empreinte / manteaux, tabliers, enveloppes diverses, biberons, sacs, bâches, de tissu (4m,33 sur 30 ] équipements de chasse et de marine, bateaux flotteurs et ou 40 mètres), pour. . ' ceintures de sauvetage. Paillassons des portes externes, tapis moulés ou gaufrés à carreaux et bas-reliefs. Figurines moulées.

Soufflet de chalumeau.

Planchettes cannelées et brosses à dents flexibles de caoutchouc pour savonnage. Étrilles a dents de caoutchouc pour pansement des chevaux atteints d'écorchures. Fabrication du caoutchouc dur (***) et des meules artificielles (wr. plus loin.)

(*) Ces deux acides concentrés attaquent vivement le caoutchouc soit normal soit sulfuré.

(••) Le côté externe n'étant pas sulfuré, on peut y appliquer, arec la pâte de térébenthine ou benzine, une semelle de cuir.

(***) On pourrait, sans doute, utiliser les rognures de caoutchouc Tulcanisé

Dialyse des gaz. — M. Th. Graham vient de réaliser une remarquable application du caoutchouc en minces lamelles , pour séparer les gaz en les liquéfiant au passage : si par exemple on fait le vide dans un petit ballon (Gillard) rempli de sciure de bois (qui soutient la mince enveloppe), la pellicule de caoutchouc laisse passer un mélange gazeux contenant 0,416 d'oxygène, qui peut rallumer le bois incandescent, tandis que l'air renferme seulement 0,21 d'oxygène; la cloison de caoutchouc retient donc la moitié de l'azote, et laisse passer l'autre moitié avec la totalité de l'oxygène (*).

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