Propriétés de la gutta pure et de la ffutla-percba
Ces propriétés sont à peu près les mêmes : 1° dans la gutta percha commerciale de première qualité ; 2° dans le produit de son épuration par solution dans le sulfure de carbone, filtration et dessiccation ; 3° dans le principe immédiat, la gutta isolée, obtenu après avoir éliminé par des lavages alcooliques les deux principes résinoïdes.
La gutta isolée, pure, qui forme des 0,75 aux 0,82 de la gutta-percha ordinaire, est blanche, translucide en feuilles minces à la température de 100° qui soude toutes ses parties; opaque ou demi -translucide à froid. Dès lors sa texture se manifeste par l'interposition de l'air ou d'un liquide doué d'une réfraction différente de la sienne. En lames minces, à la température de + 10 à 30e, elle est souple, tenace, extensible, peu élastique.
En cet état, elle est douée d'une propriété curieuse que j'ai maintes fois constatée et dont il importe de tenir compte dans certaines applications, surtout pour la confection des courroies, lanières et cordes de tirage : parvenue par une traction suffisante aux deux tiers de son extensibilité, elle garde, à quelques centièmes près, sa longueur, qui s'est doublée : sa texture
poreuse est alors transformée en une texture fibreuse, en même temps que sa transparence est devenue plus grande (*).
Chauffée à -h 50® et au delà , en lames minces, elle s'amollit ; son épaisseur augmente > sa surface en longueur et largeur diminue; elle devient de plus en plus adhésive, éprouvant une sorte de fusion pâteuse, vers 100 à 1 10* , qui permet de la mouler sous toutes les formes; elle reprend ensuite par degrés sa dureté et sa ténacité primitives; elle se fond vers 130*; chauffée davantage elle entre en ébullition, et distille en donnant une huile pyrogénée accompagnée de gaz carbures.
La gutta, comme les deux autres principes immédiats, s'électrise très-vite par le frottement, conduit mal la chaleur ; ordinairement elle surnage l'eau, lorsqu'elle n'a pas subi d'altérations; son poids spécifique d'ailleurs augmente à mesure que la date de son extraction s'éloigne.
La gutta pure est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; trèspeu solnble dans la benzine et l'essence de térébentliine à 0*; sa solubilité augmente dans ces deux liquides à mesure que la température s'élève.
Le sulfure de carbone et le chloroforme dissolvent à froid la gutta pure comme la gutta-percha normale. Celle-ci, préalablement débarrassée d'albane et de fluavile par des lavages à l'alcool anhydre et séchée , peut donner à froid, par le sulfure de carbone, une solution qui, évaporée à l'air sur une lame de verre ou une soucoupe de porcelaine, s'en détache spontanément sans qu'on la recouvre d'eau, comme cela est nécessaire pour la dissolution dans le sulfure de carbone de la gutta-percha ordinaire.
Ni les alcalis en solution faible ou forte, ni les acides affaiblis n'attaquent ces deux substances ; mais les acides sulfurique et azotique concentrés attaquent vivement la gutta pure comme la gutta-percha, l'albane et la fluavile.
L'acide chlorhydrique en solution saturée attaque peu à peu
(*) Des phénomènes semblables se produisent a l'égard de la gutta-percha tout entière de très-bonne qualité ; ainsi, une très-mince lanière de celle-ci, ayant 0e"1, 03 d'épaisseur, S9111, 60 de large et 20 centimètresde long, soumise à une tract ien graduée, s'allongea jusqu'à 43 centimètres en supportant un poids de 1098 grammes; l'allongement additionnel fut de moitié moindre, présentant en somme une longueur de 65 centimètres sous un effort total de 2008 grammes. La rupture eut lieu, sous le poids de 2128 grammes, après un nouvel allongement de 1 centimètre; le retrait ensuite, après la rupture, ne fut que de V*nl,5 ; la température de l'air étant de-f- 19°.
la gutta-percha et la gutta pure et les colore en brun (les deux autres principe* isolément ne manifestent pas cette réaction).
4* Altérations spontanées.
La gutta-percha normale et la gutta isolée éprouvent à F air, surtout sous F influence d'une température de + 25 à 30* , et lorsqu'elles sont en feuilles minces ou en fils, une altération spéciale, plus ou moins lente ou rapide, que décèle une odeur piquante, parfois assez forte, accompagnée d'un dégagement de vapeur acide et d'une coloration jaunâtre. Cette altération doit fixer l'attention des fabricants et des consommateurs : elle ôte, peu à peu, à la gutta-percha sa flexibilité, sa ténacité, son extensibilité, à ce point que cette substance peut devenir friable et dépourvue de ténacité ; alors ne contenant plus de gutta, elle est devenue presque totalement soluble dans l'alcool anhydre froid.
On comprend toute l'importance de ces changements, qui peuvent rendre fragiles divers ustensiles minces, tels que les sondes chirurgicales , les cordes et courroies des machines. Des accidents assez graves sont arrivés par cette cause, depuis la première publicité que j'ai donnée aux faits ci-dessus que j'avais observés. Les mêmes altérations continues sont cause de l'odeur sensible que contracte en quelques heures l'eau ainsi que les autres boissons enfermées dans des vases en gutta-percha.
Il serait fort désirable que Ton pût trouver un vernis souple, capable de prévenir ou de retarder ces altérations spontanées. Une immersion constante dans l'eau produit en grande partie ces effets de conservation, bien que le liquide devienne légèrement . acide : on comprend donc que les applications dans lesquelles la gutta-percha se trouve constamment immergée doivent être particulièrement avantageuses (*).
Les transformations faciles de la gutta-percha commerciale tiennent surtout à ce qu'elle s'amollit par la température de 60 à 100\ au point d'être moulée, laminée et étirée en fils ou tubes; de pouvoir être soudée avec elle-même, et de reprendre par le refroidissement sa dureté et sa ténacité primitives. Elle peut alors être travaillée au tour, et par ces di-
(*) Et qu'il puisse être avantageux, aussi, de conserver la gutta-percha brute sous l'eau dans des vases fermés, en tôle ou en fonte : le métal en s'oxydant débarrasserait le liquide de l'oxygène libre qui peut oxyder la gutta.
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vers moyens être mise sous toutes les formes désirables, ornée de toute espèce de moulures et sculptures en creux et relief. Elle conserve, aux températures ordinaires de notre climat (de +- 5 à 27°), une dureté comparable à celle du bois, avec une souplesse et une ténacité analogues à celles du cuir, et de plus une extensibilité notable qui change sa structure : celle-ci de celluleuse devient alors fibreuse et se maintient à la température ordinaire.
S. Extraction.
On abat l'arbre (*), on place sous son tronc soulevé des vases en bois ou formés de feuilles de bananier, dans lesquels est reçu le suc laiteux qui s'écoule. La matière qui forme l'émulsion se concrète à l'air, on la sépare du liquide aqueux, on la laisse dessécher, puis on superpose ou l'on enroule cette matière fibreuse, grisâtre en masses plus ou moins fortes, que Ton expédie en Europe dans des caisses ou des enveloppes de tissus grossiers.