‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 14 sur 412 · Apilne (du nom Apium petroselinum ^ persil · texte numérisé non relu

Apilne (du nom Apium petroselinum ^ persil

Braconnot a donné ce nom à un principe immédiat gélatineux que Ton extrait du persil par le procédé suivant :

On fait bouillir un mélange d'eau et de persil ; la solution filtrée bouillante laisse déposée par le refroidissement Tapiine en gelée diaphane verdâtre; après Favoir lavée à Teau froide, on la dessèche, puis on achève son épuration par l'alcool et l'éther qui enlèvent les matières colorées. Elle est alors blanche, sans odeur, se fond à + 180^, se décompose de 200 à 210® ; peu soluble à froid elle se dissout dans l'eau à 100*, l'alcool la dissout à chaud, elle est insoluble dans l'éther. Soumise à une longue ébullition dans l'eau elle perd la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement. La solution aqueuse d'apiine est colorée en rouge de sang par le protosulfate de fer. Dissoute dans l'alcool, elle prend, au contact de la solution alcoolique d'acétate de plomb, une belle teinte jaune, et ne précipite ni le chlorure de baryum ni l'azotate d'argent.

L'apiine se dissout, sans être altérée, dans les solutions alcalines, et se précipite en gelée lorsque Ton sature l'alcali par un acide; sa composition élémentaire est représentée par C** H** O".

30IS. îJi

1. GOHPOSinOIV KT PROPRIÉTÉS DBS DIFFÉRENTES ESPÈCES DE BOIS. ~ 2. APPLICATIONS DBS BOIS. — 3. CONSBRVATIOIf DES BOIS(*). — 4. ASSAINISSEMENT DES NAVlllBS. — 5. FLAMBAGE DES ROCHES. — 6. BOIS DDRCI.

t. Composition et propriétés des différentes espèees de bois.

La cellulose pure et plus ou moins injectée de matières organiques incrustantes renfermant en faibles proportions des substances azotées, grasses et salines , forme le tissu des bois employés dans les constructions, le charronnage , la menuiserie, rébénisterie, divers ustensiles, les poteaux télégraphiques , les traverses des chemins de fer, le boisage des mines, la fabrication du charbon, des produits pyroligneux, le chauffage, etc.

La matière incrustante des bois injectée dans la cellulose spongieuse des couches concentriques interne des fibres ligneuses est dure et cassante ; ses proportions varient dans les différents bois ; eUe est plus abondante dans le cœur que dans Taubier, et dans les bois durs et lourds que dans les bois tendres et légers. Elle contient plus de carbone que la cellulose; c'est à sa présence surtout qu est due, dans les tissus ligneux, l'excès d*hydrogène sur les proportions qui avec Toxygène constituent l'eau, ainsi que les plus fortes proportions de carbone que l'on rencontre dans tous les bois, même lavés ; c'est elle qui explique les différences notables de la composition du ligneux que l'on considérait autrefois comme un principe immédiat, et qui est en réalité, comme je suis parvenu à le démontrer, un assemblage de matières incrustantes complexes et de cellulose en proportions variables, suivant la nature du bois et la rapidité ou la lenteur de sa croissance.

La matière incrustante donne aux bois une densité plus con sidérable (**) et une plus grande dureté ; elle les rend suscep^

(*) ^^X» rétadc de» tissus ligneux, t. IX, p. 50 à 75 du Recueil des savants étrangers de C Académie des sciences^ et Comptes rendus de F Académie des vienees, jum 1867.

(**) lia densité réelle des différents bois ne varie guère, suivant Rumfort,

tibles de prendre un poli plus brillant. Si les bois sont employés comme combustibles, la matière incrustante y est utile en raison de son excès d'hydrogène, qui, pour se brûler et former de Teau, exige, à poids égal, trois fois autant d'oxygène que le carbone pour former de Tacide carbonique, et qui, à Tétat de combinaison où il se trouve dans la matière Ugneuse, développe au moins trois fois autant de chaleur que le carbone {*). Si Ton considère les bois comme matière première de Facide acétique, il est bon de savoir aussi qu'à poids égal, la quantité diacide produit augmente avec la quantité de matièi*e incrustante et des matières grasses et azotées contenues dans les substances végétales. En effet, j'ai obtenu en opérant autant que possible dans les mêmes conditions :

Pour 1 00 de chêne 4,0 d'acide acétique.

Pour 4 00 de peuplier 8,6 »

Pour 100 de coton â,7 (**) »

Pour 400 d*amidon 2,8 b

1 80 de bois contenant 26 poar 4 00 d'eau enriron, peurent donner 28 charbon, 33 eaux, acides f 39 gax = 400— l'acide acéticpie obtenu C^H^O^ représente au maximum 6 pour 400. En grand ^ on en peut recneiUir 3 pour 100 du bois employé, il en reste toujours beaucoup dans les goudrons.

Le tableau ci-conti*e donne la composition élémentaire de plusieurs bois et de la cellulose : dans la 4' colonne on a signalé Texcès d'hydrogène sur la quantité qui avec l'oxygène de la substance représentent les proportions de Teau (H O). La dernière colonne indique Téquivalent, en charbon, de chaque substance

u*eutre 1 462 et 1 534 ; taudis que la densité apparente, c'est-à-dire le poids l'nn décimètre cube de bois desséché , diffère beaucoup sui'vant les espèces d'arbres, la nature du terrain, les climats plus ou moins humides. Voici quelques exemples de ces différences remarquables :

Gayac, ébène, buis 4 300 à 4 330

Cbéne (60 ans, cœur) H 70

Noyer (cœur) 4 000

Palissandre 800

Chêne i Cœur 850 à 800

Q. pcdunculata. } Aubier. . . 700 à 640

Id. JCœur 790

des Landes. f Aubier 600

Acacia (Robinia) 700 à 720

Hêtre, méièze 750 à 800

Charme 720 à 760

Pin maritime 600 à 660

Sapin 490 à 496

Saule ronge 492

Peupliers 400 à 650

Paulownia imperialis 3BU

(*) Fojr. le 1«' volume, p. 107, les pouvoirs calorifiques comparés du carbone à rétat solide, de l'hydrogène à Tétat gazeux, etc.

(* "^j Le coton et Tamidon contiennent des traces de matières organique» (azotées, grasses, salines, etc.) étrangères à la substance amylacée ou à la cellulose, mais ne remerment pas de matière ligneuse ou incrustante.

considéréecomme combustible, dans l'hypothèse que l'hydrogène, n^étaat pas à Tétat libre dans le bois, produirait, à poids égal, seulement trois fois autant de chaleur que le carbone. En vue de comparer les éléments de la nature organique ou a déduit les cendres qui pour les bois écorcés représentent moins d'un centième, généralement de 0,5 à 0,9 pour 100; plus abondantes dans les menus branchages et dans les écorces, surtout, qui en donnent 2,5 à 3 pour 100; l'azote également déduit ne dépasse guère les proportions de 0,5 à 1 pour 100.

Bois analysé.

Carbone.

Hydrogène.

Oxygène.

Excès d'hydrogène.

ÉqnÎTalent en charbon.

Sainte-Lacie ...

Ébénier

Sapin

62,30 62,87 Bl,79 50,00 49,26 48,00 44,44

Chêne

Hêtre

Peuplier

Ceflulose

J'avais dès longtemps établi que les membranes végétales des cellules, vaisseaux, fibres ligneuses, épiderme, résistent d'autant plus à Faction des acides concentrés, de l'acide sulfurique notamment, qu'elles sont douées de plus de cohésion et renferment eu proportions plus grandes des matières azotées, des substances grasses, etc., dans l'épaisseur de leurs parois; que c'est là un des bons moyens d'analyse sous le microscope et de séparation entre les organes fortement ou faiblement injectés de ces substances étrangères^ à la cellulose ; mais qu'en tout cas celle-ci, extraite pure de tous ces organismes de composition complexe, présente toujours la même composition élémentaire et les mêmes propriétés chimiques, sauf, parfois, de légères différences dont une cohésion variable peut rendre compte.

C'est ainsi, par exemple, qu'une simple division mécanique suffit pour rendre les différents bois attaquables par des dissolvants inertes en apparence sur la masse ligneuse ^ faute d'effectuer celte division au point convenable, on aurait pu croire à une exception dans l'action dissolvante du réactif de Schweitzer, sur la cellulose des tissus ligneux; il n'en est rien cependant, et je me suis assuré que la plus grande partie de la cellulose des tissus ligneux se dissout à froid dans Xammoniure de cuwre à la seule condition d'une division suffisante, telle par exemple qu'on l'ob-

JSk

tient sans peine au moyen d'une lime fine (qu'on fait agir perpendiculairement aux fibres) et d'un tamisage; la poudre ligueuse traitée directement et épuisée par ce réactif donne des solutions qui laissent précipiter la cellulose par une saturation avec un léger excès d'acide chlorhydrique. Voici les résultats numériques de ces réactions à froid sur le micocoulier {Celtis Australis\ F aubier et le cœur de chêne :

Micocoulier

aubier .

cœur . .

Chêne.

KATIEILE INDUSOim.

\*^ traitement.

CELLULOSE DISBOUTE.

I"* traitement.

2* traitement (*).

(*) Ce 2* traitement par le réactif coiyriqoe eut lien après avoir enlevé du résida Dsoluble une partie des matières incrusUntes p— ** "«•— —

( ) Ce 2* traitement par le reactif cuiynqne eut heu après insoluble une partie des matières incrusUntes par la potasse.

Résultats conformes avec les notions positives que nous possédons sur la structure et la composition de ces tissus plus injectés de matières incrustantes et étrangères dans le cœur du bois de chêne que dans Taubier du même bois et que dans le tissu plus flexible du micocoulier.

Bien que ces tissus ligneux aient laissé dissoudre et précipiter ensuite la plus gi*ande partie de leur cellulose , on peut voir qu'une notable proportion de la substance totale, après le l^*" traitement, est restée en dissolution : 27,75 pour le cœur de chêne, 1 1 ,20 pour l'aubier, 23,75 pour le micocoulier, en tenant eompte de l'eau hygroscopique : 9,86 pour le 1*'',9,80 pour le 2*, et 10,5 pour le 5*^; c'est, d'une part, que le bois oflTre à l'état normal une composition fort complexe ; que, d'un autre côté, le réactif de Schweitzer peut dissoudre divers principes immédiats étrangers à la cellulose, la plupart non susceptibles de se précipiter avec elle. Le tableau ci-contre (p. 55) offre à ce double point de vue des données nouvelles :

Afin de reconnaître la présence des substances qui entrent dans la composition des bois , on a déterminé la proportion d'eau qu'ib contiennent, puis les quantités de matières différentes que peuvent dissoudre successivement l'eau et divers réactifs que Ion a fait agir après épuisement par les réactifs précé-

dents, lavages, dessiocatioD et pesage du résidu ; voici les résultats numériques de ces expériences Ç) :

TABLEAU DBS QUANTITÉS d'bAU ET DES SUBSTANCES BXTRAITBS DB DIFFÉHBNTS BOIS.

MIOO- COUUER.

oauR ▼cit.

rouge.

Ean âiminée par desaioeation à 100*.

& /Eao : quantité dissout». . .

3 J « . I Acide cblorhydrique à 0,04

^ *g 0 si Aminoaiaqae à 0,06

•â M Jt ..1 Ammoniaque en solution sa-

Sfai; turée..;

•« 5 =9 "3 \ Éther hydrique

'S f S ^ i Sulfure de carbone

*g g "" ^ f Acide acétique cristallisable.

g :3 9^ 1 Ammoniure de cuiTre=cd-

& \ lulose dissoute

Matière îndîssoute

Subatanees non précipitée et pertes. . .

Foîds total

On voit que successivement Teau, Tacide chlorhydrique étendu, lammoniaque faible, TammoDiaque en solution saturée (20 fois plus forte), Téther hydrique, le sulfure de carbone, Tacide acétique cristallisable et Tammoniure de cuivre ont pu extraire des tissus ligneux des substances distinctes parmi lesquelles se trouvent les matières grasses, plus une partie des matières azotées, incrustantes, minérales et de la cellulose.

Il restait dans la portion non dissoute, de la cellulose, des principes iounédiats incrustants et d* autres indéterminés, 60« lubies dans la potasse à chaud , qui par leur présence et leurs proportions pouvaient concourir à expliquer les variations de composition entre les tissus ligneux, parmi lesquels la cellulose forme un principe immédiat de composition constante (**).

(*) y^ojr, aussi plus haut, p. bk, les quantités de différentes substances que le réactif de Schweitzer peut dissoudre.

(**) De Candolle, qui ne connaissait pas la cellulose, considérait comme un principe immédiat le tissu ligneux lavé 4 la température de l'ébuIlitioD, par racooly l'eau y Tacide chlorhydrique étendu, et Peau une deuxième fois; il loi donnait le nom de lignine : admettant d*après plusieurs savants chimistes de cette époque (Gay«-Lussac, Thénard, Proust) une composition spéciale qui

n est en tout cas bien évident que les fibres ligneuses, loin d'être formées, comme on pouvait le supposer en 1832 (et avant les rapports faits à TAcadémie de sciences de 1 834 à 1 840) , d'une substance homogène graduellement épaissie, ont pour base la cellulose parfaitement définie (*), contenant 0,444 de carbone, injectée de substances incrustantes qui, suivant leur nature et leurs proportions, portent à 48, 50, 52, et même parfois au delà, la dose de carbone, en introduisant un eicès d'hydrogène dont j ai constaté la présence dans tous les tissus ligneux à Tétat normal et Tabsence dans la cellulose pure.

En analysant la substance incrustante de différents bois, on ne lui trouve pas la même composition, ce qui prouve qu'elle est un produit complexe. Elle comprend en effet quatre principes immédiats, au moins, que j*ai désignés par les noms de lignose^ lignone^ lignin et ligniréose. Plusieurs propriétés de ces substances isolées et de la cellulose sont indiquées dans le tableau suivant :

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