PROCÉDÉ DE M. CHA»ÏPONNOIS
On effectue les macérations suivantes avec la \inasse obtenue en proportion double de ce que produisait la méthode naguère employée. Cette vinasse sortant, 'comme à lordinaire, à 100* de Talambic, on abaisse sa températui*e à 70*^ en la faisant circuler dans les tubes d'un réfrigérant disposé comme le réfrigérant anglais (fig. 291, p. 543); cet ustensile est interposé entre le dernier réfrigérant, où Talcool doit se Condenser entièrement, et le cliauffe-vin, dentelle sorte que le vin descendu de son réservoir supérieur passe d abord dans le dernier réfrigérant •où il abaisse jusqu'à la température -ordinaire Falcool entièrement condensé. De ce condensateur clos, il est conduit par on tuyau dans le réfrigérant interposé, où la vinasse circule, échange avec lui une grande partie de sa chaleur en abaissant à -f- 70* sa propre température, tandis que celle du vin s'élève.à 55 ou 60*. Ainsi se trouvent réalisées facilement les améliorations précitées et la conduite plus facile des opérations.
Distillation. — Cette opération s'effectue à Taido des appareils économiques de combustible, dits à distillation continue, que nous avons décrits plus haut. Sa production journalière doit correspondre à la quantité de liquide vineux : on y fera donc passer, en dix heures, les 2250 ou 2700 litres, ou même, suivant la méthode que nous venons de décrire, 5000 litres disponibles chaque ftiatin Ç) .
Voici comment on opère :
Le liquide vineux est élevé, à l'aide d'une pompe, du récipient où il s'est écoulé, au sortir de la cuve, dans le réservoir au-dessus de l'appareil. Un flotteur attaché à une corde mince passant sur deux poulies indique, à l'ouvrier qui fait mouvoir la pompe, le niveau du liquide dans le réservoir élevé.
Un robinet adapté à ce réservoir permet de verser dans l'appareil le liquide à distiller, et d'une manière continue, en réglant l'écoulement de façon, d'une part, à obtenir, au sortir du serpentin, l'alcool de 50 à 55*, d'un autre côté, à bien épuiser la
{*) L'appareil du petit modèle no 3, construit par M. Cail et figuré
Slanche XXXVIIT, portant une colonne de 25 centimètres de diamètre, peut istiller 4000 à 5000 litres de vin en vingt-quatre heures ; Tappareil du même système, n» 2, dont la colonne a 30 centimètres, distille de 6000 h 8000 litres; et Tappareil n» 1, portant une colonne de kO centimètres, distille 12000 litres de vin dans le même temps. On ne peut distiller que moitié de ces quantités lorsque les opérations ont lieu seulement de jour, ou douze heures sur vingtquatre.
RÉGULATEUR CHAMPONNOIS. î$77
vinasse pendant le temps que met à se remplir la deînière chaudière de Tappareil distillateur.
On satisfait à cette double condition, d'une manière économique, en réglant cet écoulement continu du liquide vineux contenant, suivant la qualité des betteraves, de 3,5 à 5 centièmes d'alcool réel, de telle sorte que l'alcool sorte du serpentin entre 50 et 55^ centésimaux. La quantité de vinasse obtenue par heure est alors à peu près de 200 ou 250 litres, en une ou deux fois, pour un appareil produisant 180 litres d'alcool à 50" en dix heures (*).
La distillation, comme on le voit, suit les autres opérations que nous avons précédemment décrites.
Depuis 1856, M. Champonnois, ayant reconnu les difficultés que présentent la distillation des moûts faibles en alcool avec des appareils construits pour des vins plus alcooliques, et Tengorgement, qui résultait de la mousse produite entre les plateaux, mit ce travail à la portée des ouvriers des campagnes, en établissant une communication directe entre Tintérieur de la chaudière et un manomètre à eau ; il suffit alors d'observer la colonne manométrique et le repère indiquant la pression et le travail normal : si le liquide dépasse le repère, on ralentit le feu, en baissant le repère ou Tentrée de la vapeur de chauffage.
Mais bientôt, comprenant l'utilité d'une disposition qui rendrait la régularité du travail indépendante de toute surveillance très-attentive, il augmenta le diamètre du tube manométrique, a6n d'y introduire un flotteur qui, suivant les fluctuations du liquide, et à l'aide de poulies de renvoi ou d'un balancier, fait jouer soit le registre du foyer, soit la valve du tube abducteur de la vapeur, suivant que le chauffage a lieu par le feu directement ou par la vapeur. Tout excès de pression est alors prévenu, ainsi qu'un ralentissement par défaut de chauffage.
Au lieu de se borner à produire de l'alcool à* 50 ou 55^* centésimaux, on pourrait aussi rectifier cet alcool et le porter au degré commercial de 90 à 94.
Il sera souvent plus avantageux d'envoyer à un établissement central les liquides alcooliques à 0,50 ou 0,60, obtenus dans
(*) Si l'on t'aperoerait que la TÎnasse coDtint encore de Talcool au moment où il faudrait la soutirer, on ralentirait Técoiilenient du vin en diminuaM l'ouverture du robinet : on prolongerait ainsi le séjour dans l'appareil, e-t répuisement serait plus complet. Le contraire arrivant, on devrait ouvrir davantage le robinet pour faire passer plus de vin.
CHIMIE IVDUSTB. lî — 37