Pâtes A papier des fibres du bois, de la paille, ete
Un procédé mécanique et quatre procédés chimiques se sont fondés depuis peu de temps et ont été mis en grande activité pour fournir économiquement aux papeteries plusieurs succédanés des chiffons.
Le procédé mécanique le plus remarquable est dû à M. Wœlter; ses machines sont actuellement employées au nombre de plus de 80 en Allemagne et en Belgique. En France les usines de Pontcharra (près de Grenoble, Isère) et Domène produisent chaque jour, avec quatre machines, 2000 kilogi*. de pâte sèche.
. DÉPIBREUR WCELTER. 661
Le procédé Wœlter consiste en une sorte de ràpage du bois continuellement mouillé, appuyé parallèlement à ses fibres ou à i*axe de Tarbre contre la surface cylindrique d'une meule de grèsC).
1° Le défibreur ou meule de grès qui doit effectuer le rude frottement nécessaire pour user et désagréger les fibres ligneuses ; 2® la série des tambours garnis de toiles métalliques de plusieurs numéros séparant les fibres par un tamisage dans Teau ; 3^ le raffineur dont Teffet utile est de convertir les pâtes des numéros inférieurs en pâtes affinées.
Voici comment on opère : le bois est d*abord débité en tronçons de 35 à 37 centimètres de longueur; on enlève Técorce avec une plane de charron et les nœuds à l'aide d'une machine à per* cer; les tronçons les plus gros sont refendus à la scie circulaire: c'est alors qu'on les porte au défibreur. Le principal organe de celui-ci est une meule en grès de 1 ",20 de diamètre et 40 centimètres d'épaisseur; son axe est horizontal et tourne avec une vitesse de 150 tours par minute, entre 2 bâtis en fonte, absorbant une Force de 45 à 55 chevaux. Une machine Wœlter employant une force moyenne de 50 chevaux ne fournit pas plus de 500 kilogr. de pâte vendable par jour. Cette dépense considérable de force, relativement aux quantités de produits, restreint l'usage de cette machine aux localités montagneuses où se trouvent à la fois de la force à bon marché et des bois en abondance, sous la condition, en outre, que la proximité des papeteries rende peu onéreux les frais de transport de ces pâtes qui doivent être expédiées avec 50 ou 60 pour 100 d'eau pour faciliter leur emploi.
Les deux bâtis en fonte entre lesquels tourne la meule défibreuse sont consolidés et rendus solidaires par des entretoises et diverses pièces; les quarts de cercles inférieurs qui circonscrivent la meule de chaque côté sont reliés par des cloisons en > qui constituent les parois des chambres où l'on place les bois à défibrer, et la meule tournante forme le fond de ces chambres. Les morceaux de bois sont pressés contre la meule par des sabots en fonte et bois fixés au bout de tiges filetées qui s'avancent lentement au fuc et. à mesure du défibrage, puisqu'ils reçoivent
(*) Le meilleur grès pour cette application se rencontre dan» la Prusse rhénane, près de Trêve*; les bois les plus convenables sont, par ordre de valeur: le tremble {Populus tremulà)^ le sapin, les peupliers communs (^Populus alhà)^ le tilleul, le charme, le boaleaa, le hêtre.
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leur mouTement de progression de la meule elle-même par Tintermédiaire d*une vis sans fin et d*un écrou muni d'une articulation ; on voit que ces dispositions ont de l'analogie avec celles des râpes à poussoirs mécaniques pour réduire les betteraves en pulpe.
Dès que le bois contenu dans une chambre est défibré, on ouvre les deux branches de Fécrou : alors la tige filetée n*exerce plus de pression sur la meule, et Ton peut, en enlevant cette tige avec le sabot qu*elle porte à son extrémité, remettre d'autres morceaux de bois dans la chambre.
Au fond de chaque cloison en > est pratiquée une fente par laquelle s'échappe une lame d'eau qui mouille constamment la meule.
La pulpe obtenue ainsi, et très-étendue d'eau, passe successivement au travers de tambours cylindriques tournants, garnis de toiles métalliques de numéros graduellement plus élevés ; on parvient ainsi, par l'élimination des fibres grossières, à obtenir les deux n°* 2 et 1 , de la pâte commerciale : les cinq tambours dont l'action se succède sont garnis de toiles n^' 20, 30 et 200; les vitesses sont respectivement 1® de 30 à 36 tours; 2^ 15 à 18 ; 3** et 4^ 18 à 20 ; 5M5 par minute.
Le tamisage s'effectue de l'extérieur à l'intérieur, chacun des tambours tournant sur deux tourillons creux dans la caisse qui contient la pâte à tamiser ; la plus grosse est retenue à la surface extérieure du tambour, d'où de petits rouleaux pleins la font tomber dans un compartiment spécial.
La pâte plus fine qui passe au travers de la toile métallique sort continuellement par l'arbre creux du tambour et se rend dans la caisse où tourne le tambour suivant. Le tambour qui effec* tue le dernier tamisage ne doit laisser passer que de l'eau; il se trouve en conséquence garni d'un tissu extrêmement serré.
Entre les tambours garnis des toiles n^ 20 est disposé le raffineiu\ formé, comme dans les moulins à farine, de deux meules de la Ferté, l'une gisante, Tautre tournante; on remonte continuellement au raffineur la pâte retenue par le deuxième tambour à toile métallique n® 20, afin de la convertir en pâte commerciale des n°" 2 et 1 . Le déchet total est d'environ 50 pour 100 à l'état brut(*).
\*) MM. Decker et €'•, fabricants du Wurtemberg, ayaient à l'Expositioa univiTselle de 1867 une importante machine à défibrer le boit.