ENGRAIS FLAMAND
tÎTés; relatÎTeraent aux énormes dépôts de ces matières, à Montfaueon, par exemple, TemploI d'un pareil procédé serait sans doute d'une haute utilité. Aujourd'hui, pour fabriquer dans de pareilles Toiries Fengrais appelé poudrette^ on soumet les matières fécales à une dessiccation spjutanée qui, plus ou moins retardée par les pluies, dure en moyenne cinq années, pendant lesquelles les matières étendues sur le sol perdent, par la fermentation et le lavage, environ les | de leur valeur, et répandent sans cesse dans l'atmosphère des exhalaisons qui infectent Tair jusqu'à de grandes distances. La valeur de Tengrais obtenu est encore amoindrie de moitié par l'addition de son volume de tourbe, qu'on a pris l'habitude de pratiquer afin de hâter un peu la dessiccation.
En Flandre, les matières fécales sont depuis des siècles recueillies avec soin et employées en agriculture sous le nom A^engrais flamande On les enferme dans des citernes voûtées et bien closes d*où les gaz ne s'échappent que par une issue très-rétrécie : l'air n'y pouvant avoir accès sensiblement, la fermentation est suspendue, et l'on évite de cette manière les déperditions et l'odeur infecte des dépôts de vidange en fosses ouvertes. Les matières ainsi conservées s'emploient à l'état fluide. On les conduit sur le sol dans des grands tonneaux installés sur train roulant, on les fait écouler pendant la marche par une bonde de fond d'où elles tombent sur une planche inclinée qui les fait jaillir de tous côtés et les divisent en les répandant sur les terres. Quelquefois on les fait distribuer aux plantes sarclées par des enfants ou des femmes, qui les puisent dans des baquets et les versent par grandes cuillerées près de chaque touffe des plantes sarclées.
L'emploi de ces engrais putrides présente quelques inconvénients, lorsque les parties foliacées des plantes ainsi fumées (certains légumes, les feuilles d'épinards, par exemple) doivent servir de nourriture aux hommes, ou lorsque ces plantes sont destinées à la nourriture des vaches laitières peu de temps après la distribution de l'engrais : car l'excès de vapeurs infectes qu'elles ont absorbées par leurs stomates et qu'elles retiennent dans leurs pores communique à ces substances alimentaires un goût désagréable, qui peut même se transmettre à la sécrétion lactée (*).
(^) Les Chinois, qui paraissent aroir devancé tons les antres peuples dans Tapplicatlon à ragriculture des déjections humaines, n*ont guère d'autres en-