C94 NOIR ANIMAL
ENGRAIS GOHHERGIAUX.
]. NOXl kraitÂLf MOIB kmUkUSÈ, POUDRETTB, engrais flamand, guano. — 2. FA- BRICAnON DO StJPBRPBOSPBATB VB CBKUX, ^ 3. ESSAIS DBS ENGRAIS COBIHEB- GUnZ. — 4» TABLEAU DES ^QOIVAJJINTS DBS ]>RINGKPAUZ ENGRAIS. — > Ô. ËQUIVA^ LENTS DES ENGRAIS SOUS LE RAPPORT DE L'aCIDB [PHOSPHORIQUE. — 6. ESSAIS DES SUBSTANCES ALIlfBNTAIBES PAR LE DOSAGE DE L'AZOTE ET DES MATIÈRES GRASSES. — 1^ COMPOSITION IMMtHATB DBS POISSONS ALWBNTAIRU. — 8. NOUTBLLB 1N« DUSTBIB DES EBORAIS S& POUflONS. — 9. MALA2UB DU GUANO. — 10. VAJUÉTés DE GUANO.
i . Hoir animal , noir anlfliallfié , poadrette » eniprals flamand »
svaao.
Les fours coulants que nous venons de décrire peuvent servir à la préparation d*un charbon désinfectant employé dans la préparation des engrais ; cette application paraît pouvoir contribuer à résoudre un problème intéressant pour la salubrité et Tagriculture, en enlevant aux déjections animales leur putridité, tout en conservant les principes azotés utiles à la nutrition des végétaux (*).
Parmi les faits qui ont préparé la solution de cette question d'intérêt général| nous devons citer la première application en 1824, dans l'agriculture, d'uu engrais réunissant ces conditions favorables : la présence d*un agent antiseptique qui condense les gaz et aide la nitrificalion (le charbon poreux) d'une matière organique très -azotée (le sang coagulé) outre les phosphates de chaux, de magnésie, et d'autres sels utiles à la nutrition végétale.
Durant les premières années de l'application, dans les raffineries, du Doir fin et du sang de bœuf pour la décoloration et la clarification des sirops, le résidu de cette opération, mélange de charbon d'os, et de sang coagulé, était entassé dans les sucreries et raffineries, puis transporté aux décharges publiques. £n 1822, à la suite d'un concours où j'avais indiqué l'application nouvelle alors qui, en 1820 et 1821, m'avait réussi dans la culture des terres récemment défirichées, on essaya ces résidus comme engrais; les résultats furent tellement heureux que les raffineurs
(*) Cette désinfection des matières animales putrides ofire une des meilleures applications du noir en poudre séparé du noir en grains réTivifié par mne sorte de déoortication {vojr» le chapitre précédent}.
NOIR AMMAL. 095
puript bieiltôt commencer à Tendre cette matière, dont le cour»^ graduellement élevé, dépasse souvent aujourd'hui le prix du Boir d'os en poudre 6ne.
Le noir animal^ résidu des clarifications, employé principriement dans les départements de Touest approvisionnée par la Loire, est transporté à Nantes, non-seulement des villes de France qui comptent des raffineries (Marseille, le Havre, Paris, etc.), mais encore des raffineries d'Angleterre, de Hambourg, d'Amsterdam, de Russie, etc. La quantité de oe noir consommé comme engrais, dans l'ouest de la France, s'élève annuellement au delà de 16 millions de kilogrammes (*),
On a cru pouvoir attribuer exclusivement le pouvoir fertilisant du noir à la présence du phosphate de chaux ; mais des expériences directes, faites avec des phosphates de chaux provenant des os ou des résidus de colle d'os incinérés, ont démontvé que ce produit demeure bien moins actif lorsqu'il est totalement dépourvu de matière animale. Le charbon animal (neuf) employé sans mélange est surtout efficace s'il a retenu des quantités notables de matières azotées après la calcination. De semblables résultats ont conduit naturellement à reconnaître que le sang est une des causes des effets très -remarquables produits par des résidus charbonneux (**)•
En comparant l'effet obtenu du noir qui renferme 15 à 20 centièmes de sang avec les résultats d'une quantité équivalente de sang employé seul, on a constaté que le noir produit environ
(*) Dans le cours de 12 mois, 1866-1867, la quantité de Tengraîs dit noir animal^ dont les échantillons ont été soumis aux essais du laboratoire dirigé par M. Bobierre, k Nantes, représentait une iraleur de 1500000 fr.; la moyenne générale des phosphates représentait 0,69. Les phosphates fossiles contenaient 0,48 de phosphate pur. (Bulletin de la Société tt agriculture ^ 1867, p. 664 à 669.)
(**) Os employés comme engrais. En Angleterre, de nombreuses expériences faites par MM. Thackeray, Spooner, Lawes, etc., ont démontré que les os contenant toute leur matière animale ont une puissante action fertilisante ; Toîci comment on les prépare : 90 kilogr. d*os pulvérisés au moyen de cylindres à disques cannelés sont mêlés ayec 15 kilogr. d'eau et macèrent pendant 24 heures; alors on les mélange dans un tonneau avec 30 kilogr. d*acide sulfurique concentré; on laisse la désagrégation s'effectuer durant quatre ou cinq jours : on peut alors les délayer dans l'eau pour les employer en arrosages, ou bien y ajouter 40 kilogr. ae noir animal résidu des raffineries qui absorbe Texcès de liquide et d'acide produisant un mélange qu'on répand en poudre ; ces quantités, sous formes liquides on solides, suffisent pour 1 acre de terre = 0 heot. 404, oe qui représente 222 kilogr., 7 d'os pour 1 hectare; on a obtenu de trè»-reinarquab]es effets de cet engrais dans la culture des firrneps (narets de Suède : voy. la Fabrication du superphosphate de chaux).
696 IfOIR ANIMALISÉ.
quatre fois plus d*effet que le sang qu'il renfenne. Cette s^te d*anomalie apparente est facile à comprendre en se rappelant que le charbon a la propriété de modérer la putréfaction, et, de plus, d'absorber les gaz que celle-ci développe. Le sang coagulé mélangé avec du charbon d'os se décompose assez lentement pour faciliter la désagrégation et l'assimilation des phosphates de chaux et de magnésie en même temps que la plante peut absorber et s'assimiler en outre les produits de la fermentation ; tandis que le sang employé seul se putréfie tellement vite qu'une grande partie des produits de cette décomposition se dégage en pure perte, et se répand dans l'atmosphère sans agir sur les plantes du champ ainsi fumé.
Noir animalisi. — Dès que les utiles effets du noir des raffineries furent admis dans la pratique, son emploi prit une telle extension que la production devint insuffisante. Alors d'habiles manufacturiers imaginèrent de fabriquer un engrais analogue.
Il s'agissait d'abord de préparer un charbon poreux en poudre et bien désinfectant, puis de le mélanger avec une quantité de substances organiques azotées en rapport avec les proportions de sang contenues dans le noir des raffineries. On obtient des noirs désinfectants qui remplissent ces conditions, en calcinant de la terre végétale contenant assez de débris organiques pour que le charbon divisé qui en résulte donne au produit une nuance brun foncé; il est facile d'y ajouter, avant la calcination, des matières carburantes à bas prix telles que les goudrons provenant de la distillation des houilles et du bois. Sans aucun doute on obtiendrait des résultats plus favorables encore si Ton pouvait ajouter aux matières terreuses absorbantes des phosphites minéraux très-divisés que Ton commence à exploiter avec grand succès en Angleterre et, depuis quelques années, en France (t'oj. plus loin).
Les terres que Ton veut carboniser ainsi doivent être argileuses et contenir un peu de carbonate de chaux. L'argile pure pourrait même être employée et serait très -absorbante (*),
(*) Dans plusieurs séries d'analyses comparées, j*ai constaté les pouvoin antiseptiques de diverses matières pulvérulentes susceptibles d'être ajoutées aux litières des animaux, et d'amoindrir les déperditions ammoniacales. Un fait important entre autres est ressorti de ces recherches expérimentales ; il a mis en évidence la propriété antiseptique de la chaux mélangée avec les matières
MATIÈRES FÉCALES DÉSINFECTÉES. 697
pourvu qu*on la chauffât seulement à la température de la carbonisation des matières organiques (260* environ), car elle éprouve par Teffet d'une forte calcination un retrait qui diminue sa porosité. Les terres trop légères ou sableuses ne sont pas douées d'une feculté d'absorption assez grande pour former la base de cette fabrication.
Les terres argileuses carbonisées, en raison de leur action antiseptique et absorbante, sont employées avec succès dans la préparation des engrais des matières fécales qu'on appelle noirs animalisés; la désinfection produite par la terre sera d'ailleurs plus efficace et plus complète si on a préalablement mélangé aux matières stercorales une faible proportion d'un sel métallique, tel que du sulfate de fer ou du chlorure de manganèse : en effet, ces sels transforment en composées inodores, par voie de double décomposition, les produits volatils, causes ou véhicules de Todeur infecte, le carbonate et le sulfhydrate d'ammoniaque, et donnent lieu à formation de sulfures métalliques et de sels ammoniacaux fixes (*).
Il serait sans doute fort désirable de voir s'introduire dans les fermes l'usage de désinfecter les matières fécales pour les convertir en engrais faciles à doser et à répandre sur les sols cul-
les plas putrescibles avant leur fermentatioD. Un «autre résultat curieux a été la démonstration d'une propriété contraire, appartenant au carbonate de chaux, qui bâte la putréfaction : de là l'explication toute simple des effets de la chaux animalisée, mélange de matière fécale avec l'hydrate de chaux, produit d'une industrie fondée par M. Mosselmann, depuis la publication du Mémoire sur les litières terreuses, exploitée actuellement et perfectionnée par M. Renard. {yoy, les Comptes rendus de C Académie des sciences et le Bulletin de la Société impériale et centrale de France^ 1859.)
(*) Les résidus de plusieurs opérations chimiques, notamment ceux qui renferment des mélanges de sulfate de protoxyde et de sesquioxyde de fer et du sulfate de cuivre, ont été indiqués et sont employés avec succès dans la fabrication des engrais. Cette fabrication peut utiliser, en les désinfectant et les mettant sous forme de noir animalisé, les matières fécales des grandes villes. Dans plusieurs exploitations agricoles on parvient à utiliser de cette manière les déjections liquides et solides de tout le personnel de la ferme {yoy. le Mémoire sur les animaux morts, 1824, Société centrale d'agriculture), on a même étendu avec grand profit cette méthode, au moyen de la terre desséchée appliquée seule ou mieux encore avec le concours ae la paille, à former la btière des bœufs et génisses entretenus ou engraissés à Tétable (dans sa ferme de Lens, Pas-de-Calais, M. Decrombecque, qui vient d'obtenir un grand prix à l'Exposition universelle de 1867, parvient ainsi à doubler la valeur de ses fumiers). Les terres sèches et absorbantes mises sous les bei^eries planchéiées recevant les urines et fientes qui passent aisément par les nombreux trous du plancher, maintiennent les moutons dans une ti^-bonne condition hygiénique, et permettent d'éviter presque toute déperdition ammoniacale.