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Applieations de la dexirine

La dextrine, soit mucilagineuse, soit obtenue très-sucrée, en faisant réagir pendant 4 heures la diastase sur la fécule, trouve de nombreuses applications, suivant ces différents états : dans les pains de luxe, leparou des tisserands, les tisanes mucilagineuses, la bière, le cidre, Talcool, les liqueurs, les sparadraps adhésifs, etc. Elle fut employée avec succès dans les hôpitaux pour édulcorer les tisanes. Depuis, on lui a substitué le sirop de fécule, préparé par l'acide sulfurique; mais ce sirop contenant toujours une proportion notable de composés calcaires et présentant une saveur légèrement styptique, était moins agi'éable et moins salubre : on a dû renoncer à son emploi.

La dextrine très-mucilagineuse obtenue pulvérulente, par Tétuvage avec un des acides azotique, cblorhydrique ou sulfurique, comme nous Tavons indiqué ci-dessus, ou rendue plus épaississante soit par une addition de fécule hydratée à chaud, soit à Faide d'un peu de fécule délayée dans 10 à 15 fois son poids d'eau et gonflée par 2 à 3 centièmes de soude (qui neutralisent l'acide), trouve dans les arts les applications suivantes :

Apprêts des tissus et tulles ;

EncoUage des tissas, parement des chaînes en coton, lin ou chanvre {**) ;

(*) Le maximum de substance sucrée que nous ayons pu produire directement par la réaction deladiastase a été obtenu en opérant dans les conditions suivantes : 10 grammes de fécule sont convertis en empois bien homogène par i^iOO grammes d*ean, puis refroidis à -|- 40* c» ; on y mélange intimement 2 grammes de malt bien préparé en poudre (t^o/. Bière), et l'on maintient la température de kO^ pendant k heures ; au bout de ce temps le liquide représentait pour 100 de substance sèche 52,71 de glucose, plus 27,29 de dextrine. On étendit la solution à 7° Bauiiié, et par la fermentation à l'aide de la levure de bière on obtint une quantité d'alcool équivalente à 95 de glucose pour 100 de la substance amvlaoée : ce qui montre que la dextrine durant la fermentation alcoolique a du se transformer elle-même en glucose et en alcool ; on peut par suite de cette expérience expliquer les fortes proportions d*alcool obtenues dans de bomies conditions par les distillateurs de grains (fa/, le chapitre Alcool et les j4nnales du Conservatoire ^ 1862, 1865, 1866).

(**) On rend ces encollages ou parements plus hygroscopiqueseny ajoutant qoelqaes centièmes de glycérine {yoy, la Fabrication des bougies stéariques)^ ce

164 DEXTRINE.

Application et épaissifl&age des mordants sur les tissus d'indienne , de soie et de

ïaiae ; Impressions des couleurs sur les tissus de coton ; Colle fluide à froid, imputrescible ;

Papiers peints, fonçage des tons, gommage des couleurs; Papiers autographiques, fixation des papiers sur plandies à lam^ Gommage des estampes coloriées et des dessins; Bains mucilaginenx à imprimer sur soie.

M. Velpeau, mettant à profit dans Tintérét de la chirurgie les propriétés de la dextrine pulvérulente, en a fait une des plus utiles applications pour confectionner les bandes agglutinatives propres à maintenir la réduction des fractures. Cette préparation est simple et rapide : on délaye 100 grammes de dextrine (représentés par la capacité d'une mesure destinée à cet usage) ayec. 60 centimètres cubes d'eau-de-vie camphrée. Ce mélange se fait sans difficulté, car la dextrine pulvérulente s'y répartit en s'hydratant un peu, mais sans se dissoudre. On ajoute aussitôt 40 grammes d'eau tiède, la dextrine s'hydrate, ses grains se gonflent, se désagrègent et se dissolvent graduellement; en 2 ou 3 minutes le liquide est devenu assez mucilaginenx pour être appliqué à enduire des bandes de toile (^).

A cet effet, on le verse dans une petite trémie au fond de laquelle le bout d'une bande plongée dans le liquide est passé sous un rouleau ; on l'enroule aussitôt sous un petit cylindre creux mobile.

Les bandes de toile, ainsi préparées ou enduites^ sont adhésives ; elles sèchent et durcissent après avoir été déroulées en les passant autour du membre, de façon à former une enveloppe exactement* moulée. Cette enveloppe est d'une solidité telle, {u'elle évite le danger des fausses positions pendant le temps nécessaire à la consolidation des fractures; il est d'ailleurs trèsfacile d'enlever en totalité ou en partie cette enveloppe, s'il survient une enflure ou toute autre indication reconnue par le chirurgien : il suffit pour cela de mouiller les bandes avec un peu d'eau tiède qui dissout à l'instant la dextrine, ce qui per-

qui permet d'éviter le tissage des toiles, tulles, etc., dans des caves plus ou moins insalubres. Cet assainissement de l'industrie des tissus a valu un prix de la fondation Montyon décerné par TÂcadémie des sciences à M. MandeC, de Tarrare.

(*) Une mesure en fer-blanc divisée en deux capacités par un diaphragme horizontal donne immédiatement dans la plus grande le volume de 60^» et l'on obtient ensuite le volume indiqué de 40^ d*eau en remplissant l'autre capacité.

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met soit de dérouler la bande, soit de pratiquer une ouverture, dite fenêtre^ avec des ciseaux.

Le procédé des bandages moulés, dont l'idée première remonte à notre grancf chirurgien Larrej, avait déjà reçu une modification heureuse par l'emploi des bandages amidonnés imaginés par M. Seutin, de Bruxelles.

Les principaux avantages de cette méthode, perfectionnée par M. Velpeau, sont de mieux maintenir en rapport les os fracturés ; de permettre, dès le deuxième ou le troisième jour, de faire changer la position du blessé ; d'éviter surtout, pendant la durée de la consolidation, cette immobilité qui affaiblit le membre privé da mouvement, occasionne im engourdissement très-dou« loureux au moment où Ton essaye, après la consolidation complète, de se servir du membre dont la fracture a été réduite; d'ailleurs l'ancienne méthode expose parfois les blessés à des dangers réels (excoriations, gangrène). Les quantités de dextrine employées varient, avec les surfaces à envelopper, dans les proportions suivantes :

Ponr une fracture de la clavicole 400 gr.

m de la cuisse 300

» de la jambe 200

9 de l'avant-bras 4 60

166 GLUCOSE.

GLUCOSE.

1. ORIGINE J COMPOSITION, PROPRIÉTÉS. — 2. FABRICATION DE LA GLUCOSE. — 3. COMPTE DE FABRICATION DE LA DEXTRINB ET DE LA GLUCOSE. — 4* APPU- CÀTIONS PRINCIPALES DE LA GLUCOSE.

i. Origine f composition, propriétés.

La glucose^ appelée aassi sucre de raisin, offrant plusieurs variétés, se rencontre dans un grand nombre de fruits, dans le miel des abeilles, et dans Turine des malades affectés du diabète sucré (*). On la prépare artificiellement en faisant réagir la diastase ou Tacide sulfurique sur Tamidon hydraté à chaud. La composition élémentaire de la glucose de ces diverses origines est identique.

On l'obtient économiquement par une transformation de la fécule, qui change la composition élémentaire de celle-ci : la fécule représentée par C" H** O**, prend, pour passer à l'état de glucose, 2 équivalents d'oxygène et d'hydrogène de plus, et devient C"H*'0** représentant la glucose sèche. La composition du sucre de canne, C"H**0**, offre un terme intermédiaii-e entre les deux précédents ; elle représente, en effet, de la glucose moins 1 équivalent d'eau ou de la fécule plus 1 équivalent d'eau.

Il ne semblerait donc pas improbable qu'on parvînt à réaliser la transformation de l'amidon en sucre de canne si Ton trouvait un moyen d'arrêter la réaction- à ce terme C** H**0**, précisément intermédiaire entre la composition de l'amidon et celle du produit ultime, la glucose.

La glucose est trois fois moins sucrée et une fois et demie moins soluble à froid que le sucre de canne ; en cristallisant elle prend 2 équivalents d'eau C"H"0** -f-2H0; à la température

(*) On peut distinguer plusieurs variétés en observant la déviation à droite OU à gauche que leur solution exerce snr le plan de polarisation de la lumière polarisée : ainsi les glucoses extraites du miel du foie, de l'urine des diabétiques nu résultant de Ja saccbarification de Tamidon par les acides (sulfurique, chiorbydrique, etc.) ou par la diastase sont dextrogyres, tandis que le sucre incristallisable des fruits est lévogyre.

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de 100* la glucose se fond, et perd en se desséchant 2 équivalents d'eau : ce caractère permet de reconnaître son mélange, en certaines proportions, avec le sucre de canne. Desséchée, elle peut reprendre graduellement son eau de cristallisation si on l'expose à rhumidité. La glucose est plus soluble dans Talcool que le sacre de canne : 100 parties d'alcool anhydre chauffé à TébuUidon (+78',4) dissolvent 1,66 de glucose; 100 d'alcool à 83* peuvent en dissoudre 18.

Lorsqu'on soumet la glucose à une température de 200 à 220* on en obtient du caramel et plusieurs composés acides bruns.

Les bases alcalines dissoutes dans Teau, ainsi que la chaux hydratée, se combinent à la glucose ; à la température de 70 à 100*, ces composés s'altèrent et se colorent fortement en brun par la formation des produits acides (acide glucique\ C* H*0*, qui sature la base, puis le glucate se transforme au contact de Tair en apoglucate brun ; cette réaction permet de reconnaître la présence d'une petite proportion de glucose dans le sucre de canne, car ce dernier forme des combinaisons qui restent incolores dans les mêmes circonstances. Les acides sulfurique et chlorhydrique transforment, par une longue ébuUition, les solutions de la glucose en acide glucique. A la température de l'ébullition, la glucose réduit immédiatement à l'état de protoxyde ou oxydule ronge de cuivre (Cu'O) l'oxyde CuO des sels de cuivre. On applique cette réaction pour reconnaître la présence de la glucose et même doser cette matière sucrée, pure ou mélangée avec le sucre de canne qui n'effectue pas la même réduction, en se servant de la liqueur de Trommertz suivant la méthode modifiée par M. Barreswil : à cet effet on prépare une liqueur d^épreave d'un bleu un peu foncé en dissolvant ensemble du sulfate de cuivre, du tartrate de potasse, et rendant la solution alcaline par de la potasse caustique ; on étend cette solution de telle sorte qu'un gramme de glucose puisse en décolorer 100 centimètres cubes par la précipitation de l'oxydule de cuivre.

On porte à l'ébullition soutenue 60* de la solution cuivrique ; on y verse goutte à goutte à l'aide d'une burette graduée en centièmes une solution aqueuse contenant pour 50^^, 1 gramme de la glucose pesée sèche, à essayer ; on s'arrête au moment où le liquide bleu se trouve décoloré. Si la glucose était pure, on aurait dû verser la moitié ou 25^^ divisés en 50 degrés de la burette contenant 1 gramme de glucose ; si la substance soumise à l'essai renfermait seulement moitié de son poids de glucose (sans

^08 GLUCOSE.

autre matière douée de pouvoir réducteur), il aurait fallu verser la totalité de la burette ou les 100 divisions pour obtenir la décoloration du liquide bleu; en tout cas il suffira d'établir une simple proportion pour connaître la quantité de glueose contenue dans la solution d*un gramme, puisque les 50^^ de la solution cuivrique divisés en 1 00 degrés représenteront toujours par leur décoloi*ation ô décigrammes de glucose.

Si l*on avait agi sur un mélange de glucose et de sucre de canne, on constaterait la dose de ce dernier en faisant bouillir pendant quelques minutes la solution avec 0,02 d'acide chlorhydrique, saturant Texcès d'acide, puis déterminant par un second essai à la liqueur cuivrique et calculant la quantité de glucose excédant celle de la première opération pour son équivalent en sucre de canne G*' H** O'* ; s'il s'agissait de dextrine mêlée à la glucose, on opérerait de même en faisant bouillir 20 minutes, et on calculerait l'équivalent d'après la composition G" H** O*' de la dextrine sèche.

^. Fabrication de la glacose.

La glucose se prépare sous quatre formes différentes : le sirop de fécule^ la glucose prise en masse dite sucre de fécule masses la glucose granulée et le sirop impondérable^ parfois nommé improprement ^/ro/7 de, blé. Les premières opérations sont les mêmes pour obtenir ces matières sucrées sons les trois états (*).

On procède à la saccharification de la fécule par la réaction de Tacide sulfurique étendu d'eau, chauffé et maintenu a la température de 100 à 104^ (vers la fin lorsque la densité du liquide est à son maximum) ; puis on projette peu à peu dans Feau aci* dulée, constamment bouillante, la fécule qui doit former au plus I du poids total du liquide.

La saccharification s'effectue en grand dans des cuves solides en bois A, A.' (pi. XXIV), dont les douves ont 10 à 12 centimètres d'épaisseur pour une contenance d'environ 16' hecto- Utres. Dans une de ces cuves A' plonge un tube de plomb bcd^ contourné en cercle près du fond, et dans cette partie circulaire cd le tube est fendu de distance en distance par des traits de scie. La cuve, préalablement emplie, à peu près aux deux tiers, d'eau acidulée, est chauffée par des jets de vapeur que le

(*) Une quatrième espèce de la glucose, appelée sîrop de blé ou impondé rablc, est obtenue par la diastase {yojr» ci-dessus, p. 161).

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tube circulaire (mis à volonté en communication par un tube de cuivre hefg et un robinet h avec un générateur /, chauffant sous la pression de 5 atmosphères) laisse échapper directement dans Teau par les ouvertures ci-dessus indiquées de c en cl.

Pendant l'opération, la cuve doit être couverte, et la vapeur qui s'en dégage peut être utilisée en la faisant passer par un serpentin à tubes horizontaux FF sur lequel commence Tévaporaûon des sirops.

Cette disposition amoindrit beaucoup les émanations, désagrea blés pour le voisinage, qui résultent de la sacchariiication : car rhaile essentielle delà fécule, en partie condensée avec Teau dans le serpentin, coule dans un vase interposé entre les tubes FG, partiellement entraînée par le tube F'' F' avec la fumée, elle se trouve en bien plus faible proportion et disséminée dans Tair; on peut même diriger sous le foyer les gaz non condensés, et alors les dernières traces d'huile volatile sont brûlées.

Dans un appareil ainsi disposé, si Ton se propose de décomposer 2000 kilogr. de fécule, on les délaye successivement par portions de 100 kilogr. dans un baquet avec 150 litres d'eau tiède (à -{- 50^). On a mis préalablement dans la grande cuve 5000 kilogr. d'eau avec 42 kilogr. d'acide sulfurique en agitant le mélange. On fait amver un courant de vapeur dans la cuve, de manière à porterie liquide à l'ébullition ; puis on verse la fécule délayée dans l'entonnoir a, par petites quantités d'environ 25 litres à la fois, en maintenant toujours le liquide à l'ébullition jusqu'à ce que les 2000 kilogr. de fécule (^ 3000 kilogr. d*eau tiède) ayant été versés peu à peu, la transformation en glucose et dextrine soit complète, ce qui arrive 40 minutes environ après la dernière addition de fécule. Il est facile de reconnaître le terme de la réaction en prenant quelques gouttes du mélange fluide, les versant sur une assiette, puis ajoutant une goutte de solution d'iode, qui ne doit produire aucune coloration violette dans les gouttes du liquide refroidi (^).

(*) Qd est parvena à rendre plus facile Tintroduction bien graduée de la fécule dans les cuves : la figure 2 (pi. XXVI) iudique la disposition prise dans ce bat. On Toit qn*un baquet a contenant la fécule délayée est posé entre deux coTcs dans chacune desquelles il peut verser à volonté le mélange à Taide des robinets c d. Chacun de ces robinets est muni d*un tube à double enve- Itippe adapté à chaque cuve : lorsqu'on alimente une de ces cuves, le tube re- <t>it dans sa double enveloppe par le tube abducteur T et le tube d'écoulement T* iiD courant d*eau froide qui y circule, prévient la formation de Tempois et

i70 GLUCOSE.

Oq cesse alors de faire arriver la vapeur, et Ton procède à la saturation de Tacide sulfurique par le carbonate de chaux. A chaque addition de ce carbonate par le trou d'homme y, Tacide carbonique se dégage, et il se forme un composé très-peu soluble (sulfate de chaux), qui se précipite. On emploie pour 42 kilogr. d'acide, de 41 à 44 kilogr. de craie. Il faut verser le carbonate de chaux peu à peu et avec précaution, afin d'éviter qu*une effervescence trop vive ne projette le liquide hors de la cuve.

Un trop grand excès de carbonate calcaire empêcherait la solution de s'éclaircir. On peut constater, du reste, le terme de la saturation par la cessation de T effervescence, et plus sûrement en exposant une goutte sur du papier de tournesol bleu, qui ne doit plus virer au rouge par le contact du liquide. La saturation terminée, on fait écouler tout le liquide trouble dans un bassin inférieur A', où il dépose pendant 10 ou 12 heures; puis on procède au soutirage du liquide clair et à la filtration au travers du noir (Vos en grains sur les filtres H, H. Le dépôt de sulfate de chaux est ensuite enlevé à la pelle et placé sur un filtre muni d'un grillage tendu de toile, pour être égoutté, puis lavé. La filtration sur le noir peut s'opérer dans de grands filtres en cuivre que nous décrirons en parlant du sucre de betterave. Le sirop filtré, qui marque de 14 à 16^ Baume, est entreposé dans des réservoirs inférieurs L, L, L, d'où une pompe ou un montejus l'élève dans un réservoir M; de celui-ci on distribue le sirop dans le caniveau horizontal /Tt, qui le verse par de nombreuses fentes latérales sur le serpentin évaporateur EF; un caniveau y? reçoit le liquide rapproché et le conduit par le tuyau q dans un réservoir r, d*où on le tire à volonté, au moyen du tuyau s et des robinets /z, /i, pour terminer l'évaporation jusqu'à 27° bouillant correspondant à 33° froid dans des chaudières P, P' chauffées parla vapeur (*). Le sirop ainsi obtenu limpide, après un repos de 2 jours pour que la portion du sulfate de chaux devenu insoluble par l'évaporation puisse se précipiter, est expédié aux brasseurs et fabricants de pain d'épice. Lorsqu'on veut livrer aux confiseurs

permet de faire couler un jet continu de fécule délayée ; en versant de 3 en 3 minutes 25 kilogr. du melauge qui contient 10 kilogr. de fécule, les 2000 kilogr. de celle-ci sont ajoutés en 10 heures.

(*) Les détails de la construction de ces chaudières inventées par M. Pecqueur sont décrits plus loin à l'article de la fabrication du sucre de bettentve. Une hotte en bois NO surmonte ces deux cnaudières et dirige vers une che* minée la vapeur qui s'en exhale.

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ou aux liquoristes un sirop blanc et limpide, il faut le décanter, après 24 heures de repos, le filtrer à froid sur du noir animal en grains et Vembariller immédiatement après la filtration.

Si Ton se propose de fabriquer la glucose solide ou massée, on doit employer un peu plus d'acide (55 à 60 kilogr. pour 2000 kilogr. de fécule) et concentrer le sirop jusqu'à 34^ bouillaut correspondant à 39® froid , puis le verser dans un rafraîchissoir où on laisse la cristallisation commencer, enfin faire couler le sirop épais dans des tonneaux où la solidification s'achève et dans lesquels on Texpédie.

On fabrique une sorte de sirop dit impondérable et presque incolore pour la préparation des confitures , fruits confits, sirops comestibles, etc., en employant une plus faible dose d'acide, 14 à 15 kilogr. pour 2000 kilogr. de fécule, opérant comme cidessus, mais filtrant à chaud le sirop concentré à 35® bouillant (représentant 40® froid) au travers du noir animal en grains contenu dans des filtres munis d'une double enveloppe où circule de la vapeur afin de maintenir la fluidité de ce sirop qui s'épaissirait beaucoup en refroidissant (*). [f^oy. les Annales du Conservatoire des arts et métiers^ 1862, 1865 et 1866.)

On a fabriqué, chez M. Fouschard, de Neuilly, de la glucose granulée. Quoique cette fabrication ait perdu de son importance depuis que les droits l'ont atteinte, nous allons en décrire succinctement les procédés intéressants, au point de vue théorique et pratique.

Pour obtenir cette glucose en grains, on opère la saccharification de la fécule comme nous venons de le dire : il importe qu'elle soit assez complète, car la dextrine, dans la proportion de 25 à 40 pour 100, nuirait ou s'opposerait à la cristallisation.

(*) De là le nom à^'impondérabU qu*on lui donne : ou ne peut, en efFet, le

peier (constater son poids spécifique) à Taréomètre, qui ne peut s*y enfoncer

librement. Ce sirop impondérable est plus agréable au goût en raison de la

moindre dose d'acide employée; il ne présente pas Tinconvénient de faire cris-

uUiser en masse les conserves ou confitures : aussi se vend-il plus cher que

les antres sirops de fécule. Bien qu*il contienne moins de glucose et plus de

dextrine, un beau spécimen commercial titré par la liqueur de Fchling ou

Tromoiertz a donné après dessiccation 41,73 de glucose et 58,27 de dextrine.

Ce sirop contenait à Tétat normal 0,111 d*eau, c'est-à-dire très-peu plus que

la glncose cristallisée qui en renferme 0,999. La substance sècbe du sirop des

brasseurs renferme 0,85 à 0,90 de glucose ; ce sirop, marquant 33°, contient

environ 0,3 d*eau; la glucose massée renferme 0,10 à 0,12 d'eau ; sa substance

lëcbe confient de 95 à 98 de glucose pour 100 ; 1000 de sirop impondérable ont

donné S de sulfate de cbaux, et le sirop massé 5.

172 GLUCOSE.

La sacçharification terminée, le sirop est saturé et bien décoloré par une filtration sur le noir animal, puis évaporé jusqu'à 30* bouillant en été, et 28® en hiver, à Taréomètre Baume.

On le soutire alors dans de larges réservoirs pour laisser déposer les sels calcaires. Ces réservoirs doivent être placés dans un lieu frais, ou rafraîchis par un serpentin dans lequel circule de Feau tirée d'un puits, afin d'éviter la fermentation. Au bout de 24 ou 36 heures, le sirop étant clair et refroidi, on le met cristalliser dans des tonneaux ordinaires dont Fun des fonds a été enlevé, et Faulre criblé de petits trous bouchés avec des faussets en bois. Ces tonneaux sont disposés debout, sur des chantiers élevés à 40 centimètres au-dessus du sol de Fatelier. Une nappe de plomb règne sous toute Fétendu'e de chaque rangée de tonneaux pour recevoir les fuites de sirops*

Pour éviter la fermentation, qui, en été surtout, s'opposerait à la cristallisation, on ajoute sur chaque tonneau 2 décilitres d'acide sulfureux. Au bout de 8 ou 10 jours, les agglomérations de cristaux commencent à se former et à déposer successivement. Lorsque la masse épaisse devient cristalline aux deux tiers de la hauteur du liquide, on retire les 10 ou 15 chevilles ou faussets implantés dans chaque fond, afin que le sirop s'écoule, et on laisse terminer Fégouttage, que l'on favorise vers la fin en inclinant les tonneaux à 45® et les appuyant les uns contre les autres. Les sirops sont remis dans la cuve à saccharifier avant la saturation par la craie, afin de transformer en glucose la dextrine qui s'y trouve en trop forte proportion.

La dessiccation du sucre égoutté s'effectue en garnissant les étuves R, R de tablettes en plâtre, qui absorbent une partie du sirop interposé. On hâte beaucoup la dessiccation des cristaux à la faveur d'un courant d'air chauffé seulement à 22 ou 25®, afin d'éviter que les grains ne se soudent entre eux. Malgré cette précaution, il se forme toujours quelques agglomérations, que l'on sépare en passant le produit, desséché, à la claie, et que Fon brise ensuite entre 2 cylindres en fonte garnis de pointes en diamants.

J*ai reconnu, par Fobservation au microscope, que ces granulations de la glucose sont formées chacune d'un grand nombre de lamelles rhomboïdales irradiées d'un centre commun, composant ainsi une sorte de sphéroïde hérissé de lamelles pointues.

Chaque petit sphéroïde représente un grain de cette sorte de sucre ressemblant à la cassonade du sucre de canne : la forme

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grenue facilite les mélanges avec les cassonades ; nous avons indiqué plas haut (p. 167) comment on peut reconnaître les méges de glucose avec le sucre de canne ou de betterave.

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