AUainetCes a« phosphore amorphe
L^applicalion du phosphore amorphe indiquée en 1851 par M. Schrœtter a été réalisée en gi*and par M. Lundstrom, Sué* dois, vers 1853, et Vannée suivante à Paris, par M. Coignet (**).
Cette préparation peut être faite soit à la gomme, soit avec la gélatine. Dans le premier cas, on a disposé d'avance des mélanges de gomme arabique et d'eau donnant une solution visqueuse. Dans 60 grammes de cette solution, on délaye 40 grammes de chlorate de potasse trés-finement pulvérisé; on y ajoute ensuite 40 grammes de phosphore amorphe en poudre, puis 25 grammes de verre pilé. Le mélange étendu sur un marbre creusé de 5 à 6 millimètres, bien nivelé, doit former une couche de 2 ou 3 millimètres, que l'on entretient à la même épaisseur par des additions successives au fur et à mesure que les bouts des allumettes soufrées qu'on y pose en enlèvent des quantités notables.
Lorsqu'on veut employer, au heu de gomme, la colle forte qui adhère plus fortement et résiste mieux aux influences atmosphériques, on prend de la colle blonde, façon anglaise, concassée, on la laisse tremper quatre à six heures dans deux fois son poids d'eau, puis on la fait dissoudre en élevant à l'aide du bain-marie la température de 50 à 60*, maintenue 15 à 30 minutes. On ajoute alors dans 75 parties de cette colle visqueuse 40 grammes de chlorate de potasse, puis 40 grammes de phosphore amorphe en poudre, enfin 15 à 20 grammes de verre pilé. Le mélange est étendu sur un marbre dont la température est entretenue à 35 ou 40® par la vapeur d'eau d'un vase inférieur; on trempe le bout soufré des allumettes, puis on les fait
(*) D*après de récentes recherches faites par M. Henri Peligot, communiquées à la Société d^encouragement, le, nombre des ouvriers employés à la fabrication des allumeUes à frottement dans toute l'Europe atteint 50 000 et les produiu obtenus représentent une valeur de 250 millions de francs.
(**) L'invention réclamée en 1855, à la fois par MM. Lundstrom de Jœnkœping et Bœttger, a été considérée dans une mstance judiciaire comme appartenant k M. Bœttger, dont les premiers travaux n'avaient pas été publiés.