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FABRICATION DES AODES GRAS

2 de plomb. On fixe dans leur axe une mèche à Taide d^une traverse percée d'un trou au milieu de Tentonnoir, et d*une cheville fermant le bout conique inférieur, dès que l'on a tendu la mèche retenue par un nœud au-dessus du trou. Les moules étant ainsi disposés et rangés verticalement sur un bâti, on verse successivement dans le petit entonnoir qui surmonte chacun d'eux le suif à la cuiller, et on laisse refroidir avant de démouler, de rogner et de mettre en paquets de 2^,6 {yoy. plus loin les figures 323, 324, 325, et la description de ces moules, p. 791).

Le poids du coton employé, qui est d^environ 1 pour 100 du suif, compense le déchet; le poids du papier épais des enveloppes, qui forme 4 pour 100 du poids total, concourt au bénéfice du iabricant.

Dans les provinces, on prépare encore des chandelles grossières, dites à fa baguette. A cet efiPet, on enfile sur des baguettes, ayant la longueur d'une chaudière en trémie, 1 5 à 20 mèches, que Ton trempe un grand nombre de fois dans le suif entretenu à la température de la solidification qui commence. A chaque immersion, il se superpose sur les couches précédentes une nouvelle couche mince, qu'on laisse se consolider à Pair pendant que l'on trempe d'autres chandelles, également suspendues. On répète ces immersions et refroidissements alternatifs jusqu'à ce que le poids de douze ou de seize chandelles soit égal à 1 kilogramme.

Les chandelles à la baguette coûtent moins, brûlent un peu plus longtemps et sont plus économiques que les autres, aussi les préfère-t-on dans les campagnes de plusieurs départements de la France.

S. FabrIeatloB des acides ^nis par ta etaax.

La fabrication des bougies stéariques exige deux opérations distinctes : 1* la conversion du suif en acides gras, 2® l'élimination de la portion fluide non cristallisée. La première se fait économiquement dans le voisinage des fabriques d'acide sulfiirique.

Les suifs que Ton emploie pour la préparation des bougies stéariques au moyen de la saponification par la chaux proviennent en général des bœufs et des moutons.

Le suif de mouton contient plus d'acides solides et est plus

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facile à travailler; mais le suif de bœuf étant moins cher, cette considération détermine les fabricants de bougies stéariques à remployer presque exclusivement.

Voici les opérations qui se succèdent dans la fabrication des bougies stéariques :

1* Saponification, — Elle consiste à décomposer le suif par rbydrate de chaux, c'est-à-dire à hydrater et à combiner les acides gras avec la chaux et à éliminer ainsi la base organique, glycérine, qui s* unit avec Teau ;

Les trois acides gras, mis en liberté à Taide de Tacide sulfurique et de la chaleur, se séparent hydratés et surnagent le liquide contenant la glycérine dissoute et hydratée que les lavages entraînent.

Voici comment on explique ces transformations : les corps gras neutres à Fétat de suif normal sont des mélanges de stéarine (stéarate de glycérine), fusible de 60 à 62% de margarine (margarate de glycérine), fusible à + 47% et d'oléine (oléate de glycérine), liquide à 0*.

Si nous considérons chacun de ces corps, la stéarine représente 3 équivalents d'acide gras unis à 1 équivalent de glycérine : de là le nom de tristéarine qu'on lui donne. En supposant qu'on la décompose par 3 équivalents de chaux, on aura l'équation suivante : tristéarine C"*H"'0"= 11 125 seront décomposés par 3 équivalents de chaux (3 X350) ou 1050, ce qui représentera '8,65 de chaux pour 100 du corps gras; en grand, on emploie 12 à 14 de chaux pour 100 de suif. Après la saponification par la chaux, puis la décomposition du savon calcaire par Facide sulfurique et l'eau , on aura mis en liberté les 3 équivalents d'acide gras, plus la glycérine hydratée, c'est ce qu'indique l'équation C*"H"«0" + 6H0 = 3(C"ff •()*) -|-C*H'0*; on peut en déduire que 11 125 de stéarine donnent ainsi 10650 d'acide stéarique, 100 donneraient 95,7; les 3 corps gras neutres, stéarine, margarine, oléine, constituant le suif sous les mêmes conditions, donnent les trois acides fusibles à des températures différentes que l'on représente ainsi : acide stéarique, C"H" O*, fusible à + 70^ acide margarique, C" H" O*, fusible à + 60* 5 acide oléique, C" H" 0% fusible à — 12% c'està-dire au-dessous de 0^

2* Pulvérisation du savon calcaire ;

3^ Décomposition de ce savon par l'acide sulfurique étendu;

4^ Laçage des acides stéarique, margarique et oléique

SAPONIFICATION A LA CHAUX. 783

mis en liberté , par de l'acide étendu d'eau , puis par de Peau pure.

5^ Cristallisation des acides gras;

6® Pression à froid;

7® Pression à chaud;

Épuration des acides solides par de l'eau acidulée, puis par de Teaupure;

9"* Clarification;

10^ Moulage des acides solides;

11® jS/a/icA//7i^/i^ des bougies;

1 2® Lavage^ polissage^ mise en paquets ;

13* Marque y épuration de ï acide oléique^ applications.

Saponification, — La chaux pour la saponification des acides gras doit être aussi pure que possible, c'est-à-dire qu'on emploie de la chaux grasse de bonne qualité. On Téteint complètement avec dix fois son poids d'eau chaude, et on la passe au travers d'un tamis en toile de fil de fer.

La saponification a pour but de détruire la combinaison des acides gras avec la glycérine, au moyen de la chaux qui la remplace, et d'obtenir des stéréate, margarate et oléate de chaux solides. La glycérine, mise en liberté, se dissout dans l'eau.

On procède de la manière suivante : dans une cuve en bois légèrement conique, de la contenance de 4000 litres, doublée en plomb, on verse lOOOkilogr. de suif avec 1600 litres d'eau environ. On chauiFe au moyen d'un tube circulaire placé dans le fond de la cuve, et qui lance de la vapeur par un grand nombre d'ouvertures faites avec des traits de scie. Quand le suif est fondu, on ajoute peu à peu une quantité de bouillie de chaux (1200 litres environ) équivalant à 140 kilo^. de chaux vive, et on facilite la combinaison en ayant le soin d'agiter continuellement la masse. Cette agitation peut être opérée à bras ou mécaniquement; dans ce dernier cas, le mouvement est transmis par une courroie, afin qu'au moment où la solidification du savon calcaire oppose une forte résistance, la courroie gUsse et ne fasse pas tordre ou rompre l'arbre de l'agitateur.

An bout de sept heures, durée moyenne de la saponification, on soutire la partie liquide qui entraîne en dissolution la glycérine, puis on extrait de la cuve les stéarate, margarate et oléate de chaux, sous forme d'un savon consistant qui devient très-dur par le refroidissement. Dans quelques fabriques on profite du temps pendant lequel le savon, encore chaud, est un peu mou

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