RENDEMENTS EN ACIDES GRAS
vée à raide de la sapeur surchauffée qu*amène le tube E F auquel est adapté un tube horizontal percé de trous; la vapeur d'eau entraînant les acides gras s'éièye et passe dans les conduits en cuirre J, K, L, pour se rendre au réfrigérant M; les produits condensés s*écoulent dans le réservoir N où la séparation s^effeotue : les accides gras surnageant se dégagent par le robinet O, tandis que les liquides aqueux sont soutirés par un robinet de fond. Un tube vertical, surmontant le récipient N, laisse exhaler dans une cheminée les produits gazeux non condensables.
S. PMSsagea» elarlfleattoA.
On verse les acides gras de la distillation des graisses , dans des cuvettes ou cristallisoirs en tôle à couverte vitreuse {çoy. i*' volume, fin du chapitre de la Verrerie), afin de les épurer par des pressions successives, à froid et à chaud comme les produits stéariques ordinaires; les dernières parties de la distillation de Thuile de palme peuvent également être soumises à la pression; quant aux premières parties distillées, fusibles de 56* à 54*, 5, on préfère en général les soumettre directement au moulage sans en rien séparer, leur point de fusion étant assez élevé et la pression à froid ne pouvant en extraire que de faibles quantités d'acides gras huileux.
Les tourteaux blancs de la deuxième expression à chaud, obtenus des divers acides gras cristallisés, sont refondus dans des cuves chauffées par des serpentins de plomb contournés en spirale, au fond de ces cuves.
L'eau employée est préalablement clarifiée par le dépôt, après addition de ^ millième environ {*) d'acide oxalique qui précipite la chaux des composas calcaires.
Voici les rendements en acides gras fournis par différentes matières traitées au moyen de la saponification sulfurique :
aWdo. d, gr.i«.g, « de d*gr.i«.,e d» Ui»« d. j Ç^^- ; »;" » J;»
Huile d'oliye épaUse 0,65 k 0,60
. Hoile de Palme, 0,76 à 0,80
Suifs d'intestins ....• 0,80 à 0,66
Acide oléique des Ikbri^es stéariques , V,2ft à 0,30
(*) On détermine par un essai préalable la dose utile qui yaiie suivant la juinre de Teaa dont on peut disposer.
0* Hoalage des bougies*
On procède au coulage dans des moules avec les précautions usuelles (quant à la température des moules et des acides gras, ra>'. plus haut). Afin de mieux éviter toute apparence cristalline à Textérieur des bougies et souvent aussi pour enrober d'une pellicule plus blanche les acides gras légèrement jaunâtres, on se sert de jeux de 30 moules montés ensemble sur un seul axe; on les remplit jusqu'à la cuvette d'acide gras bien blanc et mêlé de trois centièmes de cire ; aussitôt après on fait basculer les moules, en sorte qu'il ne reste qu'une pellicule solidifiée, adhérente aux parois internes des moules.
Dans les moules ayant reçu ce premier enduit, on verse Tacide gras de nuance ordinaire ; il convient encore d'économiser celaici en remplissant, aussitôt après, la cuvette (qui doit former la masselotte de tous les moules) avec un des acides gras les plus communs, cette portion de la matière fondue ne devant servir qu'à faciliter le dégagement des bulles et Je retrait sans qu'il reste de cavité dans le corps de la bougie.
Le retrait à lu cristallisation des acides gras distillés étant plus considérable que dans les bougies stéariques ordinaires, il convient de faciliter ce retrait en fixant la mèche sous la pointe du cône des moulés, à l'aide d'un fil de laiton de 2 millimètres de diamètre plié en deux, formant un ressort qui pince la mèche assez solidement pour la maintenir droite dans Taxe du moule, mais assez légèrement pour que le retrait puisse faire ren trer un peu la mèche dans le moule plutôt que de rompre la bougie; les deux fils du ressort ou pinces sont aplatis au milieu de façon à présenter une largeur suffisante pour former obturateur au bout conique du moule.
Les résidus, bruns, goudronneux, extraits de la chaudière à saponification acide, peuvent servir à la fabrication du gaz d'éclairage, après avoir été lavés à l'eau bouillante; on les mélange dans ce cas avec des sciures de bois imprégnées de matières résidus de l'épuration et de la filtration de l'huile de colza.
Le résidu épais de la distillation pourra sans doute être employé dans la fabrication des savons communs et peut-être dans la confection des vernis pour les cuirs. Ces résidus sèches mêlés
à la sciure de bois et traités par le sulfure de carbone laissent dissoudre les acides gras que Ton réunit en séparant le sulfure dissolvant à Pacide d'une distillation à la température de 48 à 50*. Les acides gras sont alors très-bien préparés pour être distillés avec le concours de la vapeur d'eau («'oj. les Annales du Conserifatoire impérial des arts et métiers^ octobre 1 862 et 1 862- 1863, p. 391 à 402).
Les huiles fluides extraites par la pression à froid servent à Téclairage dans des lampes d'atelier, à la préparation des savons mous, et entrent dans la composition des savons communs, solides à base de soude.
§• ApplleatloBs et Importanee conmierclale*
I^ fabrication des bougies par distillation réalise déjà de grands avantages : elle facilite Temploi d'une foule de résidus ou matières grasses, impures ou infectes, et donne des produits blancs cristallins rivalisant avec les autres bougies de luxe dont elle a fait abaisser les prix.
Cest surtout en produisant avec les huiles de palme et quelques autres graisses végétales des bougies très-économiques, qu'elle a pris une grande importance et que déjà elle fait une concurrence sérieuse aux chandelles, dont la lumière très-inégale, la fusibilité très-grande, l'odeur désagréable et les taches graisseuses offrent de notables inconvénients.
La transformation des matières grasses végétales tirées d'Afrique et des colonies ouvre un débouché qui facilite des échanges annuels pour plusieurs millions avec les produits de nos industries agricoles et manufacturières (*).
•• Dernières améliorations.
Nous signalerons ici les améliorations récemment introduites par MM. Petit, manufacturiers à Saint-Denis, soit en modifiant les procédés de saponification calcaire et sulfurique, soit en combinant ces deux opérations de manière à utiliser directement l'excès d'acide de la saponification sulfurique pour décomposer le savon calcaire de la saponification à la chaux.
(*} Les importations des huiles de palme, de touloucouna, de coco et d*illipé(dont l'huile de palme forme la pins grande partie], graduellement accrues pendant dix années, se sont éleréps à 7 724659 kilogr. en 1857, et seulement i 6 383 klk kilogr. en 1866.
La saponification calcaire s'effectue actuellement dans leur usine en employant, pour 100 de suif, 10 de chaux éteinte. Le mélange de chaux éteinte tamisée plus Teau étant introduit dans une chaudière autoclave, on y fait arriver 700 kilogr. de suif fondu et l'on chauffe par la vapeur barbotant pendant une heure à la température et sous la pression correspondant à 7 atmosphères (on peut facilement effectuer 6 à 10 opérations par jour).
Le mélange de savon calcaire mou et d*eau est à la fin de chaque opération remonté (en profitant de la haute pression interne, de Tautoclave) dans une grande cuve, chauffée par le barbotage de la vapeur d*eau, où Ton peut traiter à la fois le produit de 10 à 12 saponifications calcaires, c'est-à-dire représentant remploi de 7000 à 8000 kilogr. de suif. Les 7300 à 8400 kilogr. de savon calcaire obtenus dans ces conditions servent d*abord à désacidifier les eaux acides d'une opération précédente, puis on achève la décomposition du savon de chaux en faisant usage de Tacide sulfurique résidu de la saponification sulfurique, cet acide mis en excès devant être saturé ou d^cidifié sur le savon calcaire d'une opération suivante (*).
Quant à la saponification sulfurique, elle Teffectue séparément, d'une part sur le suif, de l'autre sur l'huile de palme; ces deux opérations distinctes ont lieu d'ailleurs dans les mêmes conditions ci'après spécifiées :
Dans une cuve installée à 2 mètres 1/2 au-dessus du sol, on entretient la matière grasse (huile de palme ou suif) à la température de 80* C* au mqyen d'un serpentin en plomb à retour d*eau.
Dans un autre réservoir, ayant à peu près une capacité 1 5 fois moindre, doublé de plomb, dont le fond se trouve au niveau du fond de la cuve, on maintient à la température de 120* (par un serpentin en plomb à soudure autogène, et retour d'eau, recevant la vapeur des générateurs chauffés sous une pression de 4 atmosphères), on soutire par le robinet de la cuve 100 kilogr. du liquide gras mesurés avec une règle ou jauge graduée; dès que le vase intermédiaire est ainsi rempli aux 2/3 de sa capacité, on ajoute à cette matière grasse 10 kilogr. mesurés dans un vase en cuivre plombé, de l'acide sulfurique concentré ayant une température de 120*. Ce mélange pesant 110 kilogr. est vivement agité
{*) Les eaux acides désacidifiées sont écoulées bouillantes par une gouUière en bois dans de grands bassins où elles laissent déposer graduellement le sulfate de chaux et surnager les acides gras dVbord fluides, mais bientôt figés.
durant une à deux minutes (*) à Falde d'un petit râteau en bois ou en cuivre plombé ; le mélange est alors vivement versé dans le bac doublé en plomb, sous-jacent, à moitié plein d*eau entretenue à la température de 100*^. Aussitôt et par une réaction immédiate les composés glycériques dissous laissent surnager les acides gras mis en liberté ; ceux-ci, épurés par des lavages, sont soumis à la distillation à Taide d'un courant de vapeur surchauffée à 350* environ en passant dans un serpentin en fer disposé sous une voûte où circule la flamme du foyer, comme nous l'avons dit plus haut.
La première moitié passée à la distillation, contenant une plus forte proportion d'acides gras solidifiables, est moulée séparément afin d'en obtenir des pains que l'on soumet directement à la pression à chaud ; la deuxième moitié devant, après le moulage, subir successivement les deux pressions : à froid, puis à chaud.
MM. Petit ont reconnu que, pour éviter l'écueil des cristallisations confuses qui rendent très-difficile la séparation par la presse entre les acides gras solides et les acides gras fluides à la température ordinaire (de -)- 15 à 20*), il convient de mélanger en certaines doses les produits des deux principales matières grasses saponifiées à la chaux et à l'acide sulfuriqué ; ils ont obtenu les meilleurs résultats en traitant par jour les quantités ci-dessous de matières premières :
(7000^ de soif soumis à U saponification calcaire.
Ces très-habiles manufacturiers sont parvenus à reconnaître expérimentalement les diflerences notables de produits en acides gras solides, pressés, que donnent en moyenne les suifs importés de Buenos-Ayres et ceux obtenus à Paris (principalement des animaux de l'espèce bovine) traités par les deux méthodes de saponification.
Saponification Saponification
calcaire. solfariqua, 400 de suif := en acides gras pressés :
Prorenance de Buenos-Ayres 64 6ft
Id. des abattoirs de Paris 47 60(**)
(*) n est facile de reconnaître le moment où la réaction est développée au pomt conTenable : c'est lors^e te dégagement de gaz et Tapenri d'acide snU fureaXy etc., fait monter le liquide en mousse Tolumineuse.
{**) La graine d'ot extraite par ébuUition telle qu'on la Tend à Pari» («oj . U
812 SAPONIFICATION ACIDE SANS DISTILLAIIO.N.
Les tourteaux blancs obtenus par simple ou double pression subissent comme à Tordinaire une refonte à la yapeur, des lavages à Tacide et à Teau^ une clarification à Taide de 6 blancs d'œufs battus, pour 500 kilogr . ; quant aux moules, clos à la pointe par des écrous, ils sont rapidement portés à la température convenable en introduisant dans la caisse commune de Feau à 45* qui la remplit. Le refroidissement s'effectue de même en substituant dans la caisse Teau froide [^*) à l'eau tiède; les étendoirs établis sous des vitrages clos mettent les bougies à labri des poussières, de sorte qu^elles peuvent être rognées et polies sans lavages.
f O. Extraetlon des «eldes gras par saponlllcatioa salfarifM sans distillatioa.
Déjà depuis plus d'un an M. de Milly, Tun des fondateurs (avec M. Motard) de l'industrie stéarique basée sur les travaux et les découvertes de M. Chevreul, avait, en perfectionnant le procédé dit de saponification sulfurique instantané, dû à M. Knab, perfectionné ce système au point de pouvoir extraire à Fétat blanc une grande partie des acides gras solides sans les faire passer par la distillation. Voici comment il opère actuellement :
Le suif liquéfié et mainleau à la température de 120' s'écoule continuellement, mélangé avec un léger filet d'acide sulfurique formant 6 centièmes du poids de la matière grasse, dans une baratte cylindrique horizontale en fonte munie d'un agitateur mécanique; le mélange s'ccoule à l'autre bout de la baratte ayant, durant son parcours, subi pendant 2 minutes la réaction qui se trouve arrêtée par la chute dans une cuve aux trois quarts pleine d'eau bouillante où se délaye la glycérine peu altérée.
Dans ces conditions on évite la formation dé la matière goudronneuse dure obtenue naguère; il se produit seulement de l'acide sulfureux et une matière brune soluble dans les acides gras liquides, de telle sorte qu'en mettant dans des cristallisoirs usuels le mélange des acides gras lavés comme à 1 ordinaire on
chapitre Noir animai.), traitée par la méthode de saponiiicatioD sulfurique, a donné pour 100 en moyenne 43 diacides gras pressés.
(*) Cette méthode de refroidissement que j ai yu pratiquer en 1862 chei M. Wilson, dans ia grande usine Priée et C", donne lieu à une telle abondance d'eau tiède, que Ton a pu ainsi mettre i la disposition des nombreui ouvriers de vastes bains de natation continuellement renouxelés.
SAPONIFICATiON ACIDE SAINS DISTILLATION. 813
obtient des pains qui, soumis aux deux pressions à froid et à chaud, donnent des tourteaux blancs prêts à être épurés à Teau, clarifiés et moulés.
1 00 parties de suif donnent par ce traitement 52 diacides gras solides fusibles à 54® (*).
{*) A la condition que les acides gras liquides sortis des presses et renfermant des acides solidifiables seront soumis à la distillation : ils donnent ainsi 9 ou 10 centièmes d'acides gras solides, outre Tacide oléique distillé en même temps. {F'or* le Rapport de M. Balard, Bulletin de la Société tf encouragement j 8<*ptembre 1867.)
814 ÉCLAIRAGR.AU GAZ.