Diatlllallon
La chaudière A est en cuivre, close par un couvercle boulonné B, surmonté d'un chapiteau à trou d'homme; elle a 1™,40 de diamètre et l'°,80 de hauteur sous le couvercle. On y introduit le liquide gras par le tube e en ouvrant le robinet iC. Ce liquide y est chauffé par l'intermédiaire d'un bain de sable contenu dans une chaudière en fonte, laissant un intervalle de 3 eenti*
mètres entre les parois concentriques des deux chaudières ; un couvercle B' B' creux, en tôle, plein de cendres, maintient la température.
Dîès que la température du liquide gras est à 250*, reconnue à Taide d*un thermomètre dont la tige graduée apparaît au dehors, on y dirige le courant de vapeur (*) (dont on observe la température de 250 à 300^ à Taide d'un thermomètre placé près du robinet K).
A celte température et sous Tinfluence du courant de vapeur, la transformation (en acides gras et glycérine) des dernières portions de graisses neutres s'achève : les acides gras sont entraînés en vapeur dans le courant, et passent avec l'a vapeur d'eau par le tube L dans le vase intermédiaire M, et de celui-ci par le tube N dans le serpentin à double hélice 00.
Le vase intermédiaire permet de séparer, en ouvrant au-dessus d'un tube à entonnoir le robinet inférieur /ti, les premières portions distillées qui entraînent une partie de la mousse, des liquides globulaires de la première ébullition, et contiennent de l'acide sulfurique, de l'acroléine et de petites quantités d'acides gras.
Les vapeurs grasses et aqueuses condensées dans le serpentin O (**) forment des liquides qui s'écoulent par le tube P dans un récipient florentin Q. On conçoit que les acides gras plus légers restent dans la première case et peuvent être soutirés par le robinet R, tandis que le liquide aqueux passant sous le diaphragme est soutiré par le robinet S.
Les acides gras qui se sont successivement volatilisés dans la chaudière distillatoire ont une composition variable suivant le temps écoulé depuis le commencement de l'opération et suivant les matières employées; les produits condensés ont aussi
{*) Ici le tube indiqué par des lignes ponctuées se termine dans la chaudière A par une pomme d'arrosoir qui fait barboter la vapeur en bulles nombreuses au milieu du liquide gras; M. de Milly est parvenu dernièrement à effectuer la même distillation sans barbotage, en chauffant le liquide à -|- 180* par l'intermédiaire d'un bain d'air, et injectant la vapeur chauffée à 150® au-oessus de la superficie du mc^me liquide gras. Il n'emploie alors que 1 à 2 de vapeur d'eau en poids pour 3 à 4 d'acide gras obtenu, au lieu des 16 parties d'eau en vapeur pour la même quantité d'acide gras distillé.
(**) Ce serpentin en cuivre est fixé dans une cuve en bois remplie d'eau, ayant 3 mètres de diamètre intérieur et 3^,33 de haut, les armatures en fer qui le soutienneut peuvent s'enlever en dévissant des boulons ; on démonte ainsi le serpentin a valonté.
des fusibilités différentes, comme on le voit dans le tableau ciaprès :
Graisses vertes Huile
et graisses d*os. de palme.
1' produit 40» 54»,6
Les quantités de matières grasses dont on charge Talambic varient, pour les dimensions indiquées, de 950 à 1 100 kilogr.; l'opération dure de 12 à 15 heures. Il reste dans la eucurbite un résidu brun fluide qu'on extrait par une vidange T j: à soupape ouvrant dans la chaudière (fig. 328) et qui acquiert, par le refroidissement, la consistance de l'asphalte ou bitume concentré; les proportions de ce résidu sont de six à sept centièmes du poids de la matière provenant des graisses vertes et d'os. 100 d'huile de palme de consistance butyreuse ordinaire donnent 76 à 80 d'acide gras compacte distillé, ou 50 à 52 d'acide plus solide dont on a éliminé la partie fluide (25 à 28) au moyen d'une forte pression.
Appareil distillatoire modifé, — On avait songé à rendre la distillation continue, en employant l'appareil ci-dessous (fig. 329
Fig 329.
Fig. 330.
et 330); il se compose d'un cylindre B, analogue aux générateurs de vapeur d'eau; ce cylindre est chauffé par l'intermédiaire d'un bain de plomb G (*); un trou d'homme ordinairement
(*) On comprend qu'il soit facile, au moyen de cette sorte de bain-marie, d'entretenir une température constante dVnviron 300® dans la chaudière, il suffît de chauffer au point où le plomb reste en partie fondu, en partie liquide; sa température reste alors entre 345 et 350® centésimaux.
clos permet de pénétrer daas le générateur lorsqu'il est refroidi.
La matière première acidifiée , lavée et séchée comme nous l'avons dit, arrive par un petit filet dans Tentonnoir G (un flotteur qui surnage le liquide dans le cylindre B transmet par une tige verticale le mouvement à un levier tenant la clef du robinet et arrête Técoulement lorsque le niveau voulu est atteint) ; le mélange des acides gras maintenu dans le cylindre B à la température de 300' reçoit un courant de vapeur d'eau par le tube à robinet D, communiquant avec un générateur; Teau entraînée se dépose ou se vaporise dans le vase intermédiaire E, le deuxième tube D la dirige sur la matière grasse fondue et entraîne les vapeurs d'acides gras dans le tube F qui les conduit au réfrigérant.
On a reconnu dernièrement qu'au lieu de faire arriver ainsi la vapeur libre à 100*, il valait mieux employer la vapeur surchauffée à 250*9 ou faire plonger le tube D et le terminer par un tube horizontal percé de trous qui insuffle la vapeur dans le fond du cylindre B, la forçant à traverser le mélange d'acides gras; d'ailleurs la distillation pendant trois ou quatre jours, accumulant une trop grande quantité de résidus dans le générateur, on a dû ajouter à ce dernier une vidange analogue à celle de la chaudière A (fig. 328) : il en résulte que le nouvel appareil ne diffère plus sensiblement du premier que par la forme cylindrique allongée horizontalement et par le bain de plomb fondu, ce qui peut être plus commode en certaines circonstances, sans changer notablement les conditions du procédé.
Les figures 3 et 4, planche YIII, indiquent la modification adoptée par M. Poisàt^ en vue fée rendre plus facile l'emploi du bain de plomb.
L'appareil, dans ce cas, se compose d'une chaudière en fonte D, ouverte à la partie inférieure plongeant dans un bain de plomb G, chauffé par le foyer AB, les produits de la combustion circulent sous le bain en C par les carneaux latéraux avant de se ren« dre à la cheminée; un entonnoir H, dans lequel passe une tige à soupape munie d'un flotteur I, facilite l'alimentation de la matière grasse (préalablement saponifiée à l'acide sulfurique et lavée) ; on comprend que cette matière entretenue à niveau con* itant dans l'entonnoir par un réservoir spécial, s'introduit spontanément dans la chaudière G (ou sur le bain de plomb); dès que le niveau baisse par l'effet de la distillation, celle^i est acti*