FABRICATION DES CORNUES EN ARGJLE
Le bleu de Prusse qui se dépose est facilement recueilli sur des filtres après avoir décanté le liquide clair surnageant. Le bleu, obtenu directement ainsi sous forme pâteuse ou soumis à la dessiccation, se trouve doué d'une remarquable intensité de ton, double à peu près de celle des bleus anglais ordinaires, à quantité égale de substance sèche (*). Les résidus d'épuration du gaz après ces traitements peuvent être desséchés et lesswés en appareils clos pour en extraire le soufre à Taide de sulfure de carbone. En Angleterre, lorsqu'au lieu de sciure de bois on emploie des oxydes naturels formés de sesquioxyde de fer granuleux, on peut brûler le soufre pour obtenir Tacide sulfureux dans les fours annexes aux chambres à fabriquer Tacide sulfîirique.
^^. Fabrieation des comnea en argile*
On emploie pour cette fabrication, installée généralement aujourd'hui dans les usines à gaz d'éclairage, les débris des cornues cassées, hors de service (**), dont on a séparé les portions pénétrées du dépôt charbonneux laissé par le goudron. Ces débris sont broyés sous une meule verticale, puis tamisés, afin d'en éliminer la folle farine et les gi^ains ayant plus de 3 millimètres de
peurs à odeur nauséabonde ocf^asionnent de continuelles plaintes de la part des habitants du voisinage qu'ils incommodent. La Société d'encouragement peur l'industrie nationale a fondé un prix de 3000 fr. qui doit être déoemé à rinTenteur qui trouvera un moyen économique d'effectuer la réoxydation de ces oxydes sans laisser exhaler à l'air libre les produits volatils infects. A Londres, on a résolu le problème d'une manière assez dispendieuse en désinfectant les ojydes dans les épurateurs même : dès que ces oxydes hydratés doivent être mis hors de service, on les fait traverser par du gaz épuré jusqu'à ce qu'ils soient dépouillés des substances volatiles odorantes ; le gaz qui se charge de ces substances est envoyé dans un gazomètre spécial pour être de nouveau soumis à l'épuration. Quant aux oxydes ainsi désinfectés, on les étend à l'air libre durant 48 heures, en les retournant de temps à autre à la pelle, mais sans qu'ils puissent exhaler des vapeurs nauséabondes.
(*) Il est facile de s'en rendre compte : à cet effet on délaye une quautitc égale des bleus à comparer, en mélangeant chacun d'eux, d*une façou très-' intime, avec dix fois son poids de belle céruse très-blanche, dite blanc d*arf^ent. Après cette addition les nuances affaiblies sont facilement comparables, et l'on a reconnu que, pour arriver à une teinte égale, le bleu des résidus en question pouvait supporter une quantité de blauc double de celle qui a été mélangée avec le bleu anglais.
A l'aide du traitement ci-dessus indiqué l'inventeur obtient d'un mètre cube de résidus 15 kilogr. de bleu de Prusse.
(**) Lorsque dans une première installation on ne peut disposer de scmblubles débris, on y substitue de l'argile pétrie en pâle, découpée en copeaux épais, séchée, puis calcinée au rouge. On emploie pour préparer cette sorte de ciment la même argile plastique réfractaire qui sert à compléter la pâte: la terre de Forges, en Normandie, est une des argiles les plus convenables.