VIOLET D'ANILINE
nage avec les huiles brunes en dissolution, on soutire le liquide acide que Ton sature par la potasse. Les deux bases ainsi mises en liberté peuvent être séparées par une distillation fractionnée, dans laquelle mettant à part les premières et les dernières parties, on recueille l'aniline sensiblement pure dans le produit intermédiaire.
L'aniline est incolore, liquide même à 20* au-dessous de 0^; plus lourde que Teau, volatile, elle bout à -f- 182*. Sa composition est ainsi représentée : C**H"Az*.
On obtient le violet d'aniline par la réaction oxydante du bichromate de potasse additionné d*acide sulfurique sur Taniiine. On peut encore la préparer en traitant par le zinc ou la limaille de fer ou de fonte la nitrobenzine, additionnée dWde acétique> et maintenant le mélange à -f- ^0*, puis ajoutant alors une solution d'hypochlorite de chaux.
Le violet d* aniline peut s'appliquer aux tissus sans mordant, mais on obtient sur coton les nuances les plus belles, avec la plus grande intensité, en préparant le tissu avec une solution albumineuse renfermant 50 grammes d'albumine par litre.
Le violet d'aniline, préparé industriellement par MM. Renard frères et Franc, de Lyon, a reçu de ces habiles manufacturiers le nom à'indisine (*) ; il peut en effet se décolorer et se dissoudre conmfie l'indigo lorsqu'on y ajoute de la potasse et qu'on le met en contact avec un corps réducteur, glucose, protoxyde d'étain, sulfure d'arsenic. L'air et les matières oxydantes lui font reprendre sa coloration. M. Scheurer-Kestner représente la composition de laniline par la formule C'*H**Az'0" qui n'est ps encore définitivement fixée.
Voici le procédé indiqué par M. Perkin et généralement adopté. On prépare deux solutions, l'une de 100 de sulfate d'aniline et l'autre de 33 de bichromate de potasse ; on les mélange ensemble, et après douze heures de repos un précipité abondant brun s'est formé ; on le recueille sur un filtre, puis, après des lavages à l'eau froide et dessiccation, on en sépare les substances brunes résinoïdes qui se dissolvent dans le sulfure de carbone ou l'huile de houille, ou plus économiquement d'après M. Ver
(*) Cette belle couleur violtltc offrant quelques variétés de nuances »ui?anl le mode de préparation est désignée sous difTéientes dénominations : aniléinft vloCne^ harmaline, rosolane, etc.
FUSCHINE. 921
guin, on épuise directement le précipité par Teau bouillante qui dissout rindisine seulement; celle-ci est précipitée par un alcali; le dépôt recueilli, lavé, est livré à Tétat de pâte au commerce.
Fuschine. — Sous cette dénomination, MM. Renaj-d frères ont les premiers appliqué à la teinture et livré au commerce la belle couleur rouge violacée (*), préparée en grand dans leur usine par M. Verguin.
Leur procédé, breveté en 1859, s'effectue en faisant agir du bichl6rure d*étain anhydre sur Taniline à la température de 180®. Le mélange, en vingt minutes d'ébullition, devient d'un rouge tellement intense, qu'il parait brun foncé; on le laisse refroidir et on traite la masse par Teau bouillante, qui dissout en fortes proportions la substance colorante tellement, qu'après une filtration elle s'applique directement à la teinture.
Nouifelle méthode pour préparer la fuschine. — Ce procédé a été breveté en Angleterre et en France presque en même temps par M. Medlock et par MM. de Laire et Girard. Ces derniers opèrent de la manière suivante :
25 kilogr. d'acide arsénique en solution sirupeuse (contenant 0,76 d'acide réel) sont mélangés avec 15 kilogr. d'aniline, et introduits dans une cornue de fonte d'une assez grande capacité pour contenir la masse très- boursouflée. La cornue est chauffée à 4- 170* cent, sur la voûte d'un fourneau par la circulation de l'air échauffé. Au bout de trois à quatre heures on reconnaît que l'opération est à sa fin en plongeant une baguette dans la substance fondue. Ce qui adhère doit, en refroidissant, se solidifier, prendre une nuance bronzée et une cassure brillante. Alors on vei'se tout ce que renferme la cornue sur des plaques
(*) Le docteur Uoflmann a déterminé la composition des rouges d'aniline diftérents (fuschine) de diverses origines industrielles ; ce sont des sels de pureté variable ayant la rosanUine incolore pour base commune. La rosaniline au contact de Ttiir acquiert une coloration rose, puis rouge; la rosaniline a été obtenue en décomposant par un excès d*ammoniaque ia solution bouillante de Tacétate de rosaniline préparé manufacturièrement sous le nom de roséine, par M. Nicholson de Londres. Le liquide en refroidissant laisse déposer Tbydrate de rosaniline impur, et par le refroidissement de la solution il se forme des aiguilles cristallines et des tablettes également incolores formant Thydratc pur de rosaniline :
C*«A"Az»,2H0;
les sels de rosaniline à 1 équivalent d*eaa ont un brillant aspect vert métallique, leur solution aqueuse constitue la belle couleur rouge violacée employée dans la teinture sous des noms différents.