‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 4 sur 412 · AssalBlssemeiit du ronlssa^ du Un et du eltaoTre · texte numérisé non relu

AssalBlssemeiit du ronlssa^ du Un et du eltaoTre

On pratique en Amérique et Ton a depuis plusieurs années introduit dans des exploitations agricoles en Irlande un mode de rouissage exempt des inconvénients graves, pour la salubrité, du rouissage. Ce procédé, connu sous le nom de Schenk, son auteur, a été importé avec quelques améliorations à Belfast, en Irlande, par MM. Bernard et Gock, ingénieurs français ; de nouveaux perfectionnements y ont été apportés par MM. Scrive, manufacturiers à Lille ; une modification heureuse y fut introduite d'après une disposition imaginée pour une autre méthode par M. Watt; enfin, l'association pour le progrès de la culture, du rouissage et du travail du lin en Irlande est parvenue 4 diriger convenablement la culture, la récolte, la conservation, le rouissage, le teillage et le peignage du lin. Voici les principales précautions à prendre pour assurer le succès de ces opérations.

Le lin, cultivé en lignes dans de bonnes terres bien fumées, et, s'il y a lieu, assainies par le drainage, doit éti^e récolté lorsque les graines sont formées sans être mûres : alors les tiges, de couleur jaune près du sol, sont verdàtres encore dans leur moitié supérieure. On arrache les pieds et on les maintient debout sur le sol en appuyant une rangée sur une autre inclinée en sens contraire. Dans cette position, la graine mûrit aux dépens des sucs restés depuis le milieu jusqu'au sommet des tiges; les fibres elles-mêmes acquièrent plus de force pendant cette sorte de maturation de la plante, tandis qu'à la partie inférieure elles se dessèchent et ne s'altèrent pas, même sous l'influence de pluies passagères.

liC lin mis en bottes est transporté à l'usine, où on le consene à l'abri, soit en meules, soit sous deshangare.

La première opération qu'on lui fait subir consiste dans l'égrenage, en passant le haut des tiges, par poignées, entre deuxrou-

leaux Ç) : les capsules friables, facilement brisées, tombent dans une auge au-dessous et laissent échapper la graine, que Ton épure par une ventilation directe.

Les tiges sont alors rangées, debout et serrées, sur le faux-fond troué de cuves spéciales. On place dessus un grillage en bois pour maintenir le lin immergé : on fait arriver de Teau chauffée à 36* centésimaux, de façon à baigner toutes les tiges et dépasser même le niveau du grillage ; bientôt, sous F influence de la température d^environ 25* dans toute la masse, une fermentation acidulé se développe', dégageant de Talcool, des gaz acides (un acide gras volatil à odeur fétide, reconnu par M. Ghevreul) et des traces d'acide sulfhydrique. Alors on renouvelle Teau par de petits filets s'introduisant sous le faux-fond, au milieu de la hauteur et à la partie supérieure de la cuve et sortant par un trop-plein à la superficie. Ce courant d'eau tiède régularise la température dans toutes les parties de la masse ; la portion que Ton dirige par un robinet, au niveau du liquide, chasse vers le trop-plein Técume brune superficielle. Au bout de 72 à 96 heures, suivant qu on a employé de Teau douce ou de Teau séléniteuse, le rouissage est complet; on s'en assure en cassant quelques tiges et constatant que les fibres corticales s'en séparent trèsfacilement sur toute la longueur.

Le liquide est alors entièrement évacué; le lin, enlevé par brassées, est directement passé entre les quatre rouleaux d'une sorte de laminoir continuellement arrosé par de nombreux jets d'eau tombant en pluie qui élimine le liquide engagé dans les tissus, l'acide pectique et quelques autres matières étrangères en émulsion. Le lin ainsi essoré est desséché dans un séchoir à courants d'air; la dessiccation est terminée en 12 heures à Fétuve.

On passe les tiges ainsi aplaties et desséchées entre cinq paires de rouleaux cannelés qui concassent la chènevotte ou partie ligneuse. On laisse ensuite pendant 2 ou 3 mois en magasin reprendre un peu d'humidité pour éviter que les fibres trop sèches soient cassantes. U ne reste plus qu'à effectuer un teillage mécanique et le peignage usuel pour obtenir la filasse du lin dans de bonnes conditions.

(•) Ces rouleaux creux en fonte ont 16 à 20 centimèires ; ils sont disposés eorome dans un laminoir ; le rouleau supérieur, dont Taxe est libre dans des onvertuies allongées, n'agit que par son poids.

3î CELLULOSE.

Ce procédé prévient les causes graves d'insalubrité et les fièvres endémiques qu'occasionne le rouissage putride par immersion dans les mares, fossés ou autres eaux stagnantes ; la fibre est mieux ménagée et l'opération rendue plus facile à régulariser manufacturièrement(*).

(*) Un seul obstacle parait s'opposer à Textension de cette méthode : il tient aux avantages obtenus par les habitants des campagne» qui effectuent eux-mêmes le rouissage aux environs de leur demeure, car ils se procurent ainsi un travail utile, bien que faiblement rétribué, pbur les temps d*niver employés au teillage.

Dans les routoîrs planchéiés des environs de Bologne où Peau se renouvelle à un état de pureté et line température convenables, se trouvent réunies les conditions favorables qui permettent d'obtenir, en quelque sorte naturellement, les chanvres justement estimés sous le nom de cette localité.

M. A. Scrive, de Lille, gérant d*une Société industrielle, a fondé en Algérie, sur Sk hectares de terre, lu culture du lin et un établissement destiné au traitement des produits. En 1863, la Société récolta presque autant de lin que les 51 planteurs établis Tannée précédente, et dont les cultures sur 95 hectares, en 1862, donnèrent 231 876 kilogr. de tiges.

Dans Tusine garantie de Tardeur du soleil (très-forte durant 8 mois) tout le travail mécanique s^efTeclue au moyen d^une machine de la force de 25 chevaux. Quant au rouissage, il a lieu dans une petite rivière artificielle où les conditions de température moyenne de 20* et de renouvellement dVau ci-dessus indiquées sont ménagées en utilisant à volonté la chaleur de condensation dans le réservoir où arrive Peau de source; les tiges de lin, d'abord soumises au batteur-égreneur, puis réunies en gerbes, sont plongées verticalement dans les compartiments de la rivière et maintenues par des traverses sous une couche d*eau de 30 cenlim. On laisse en repos la fermentation s'établir durant 7 à 8 heures ; alors on ouvre les vannes d'entrée et de sortie de façon à ce que le courant se produise verticalement. L'opération est dirigée de façon à maintenir dans le liquide une réaction acide. Lorsqu'elle est terminée (c'est-à-dire que les fibres textiles s'enlèvent aisément), 1 ouvrier évacue l'eau du compartiment en fermant la vanne d'entrée et ouvrant en entier la vanne de sortie. Le liquide se répand alors dans les prairies à irriguer. Les tiges de lin sont retirées du compartiment, étendues à l'air pour être desséchées, puis soumises aux procédés usuels de broyage, teillage et peignage mécaniques.

Si, comme on peut l'espérer, de |emblables établissements te fondent et prospèrent en Algérie, ils apporteront un concours précieux a la colonisation de ce vaste département français ; et grâce à notre prédominance maritime toute naturelle sur la Méditerranée, aux grandes communications ouvertes par l'isthme de Suez, enfin après les améUorations des routes dans nos possessions algériennes, on verra renaître dans ces belles provinces Tantique splendeur de la domination romaine. ^Notice par M. Scrive, 1867.)

SUBSTANCES PECTIQUES. GÉLOSE, DIALOSE, ETC. 33

SUBSTANCES PECTIQUES. GÉLOSE, DULOSE ET GUBILOSE.

1. SIÉOR DES COMPOSÉS PECTIQUES DANS LES PLANTES. — 2. PECTA&B. — 3. COM- POSITION ET PBOPRIÉTÉS DES MATIÈRES PECTIQUES. — 4. PECTOSE. — 5. PECTINE. — 6. PARAPECTINB. — 7. ACIDE PECTOSIQUE. — 8. ACIDE PECTIQOE. — 9. ACIDE PARAPBCTIQUE. — 10. ACTION DÉ LA CHALEUR SUR LES FRUITS A PÉRICARPE CHARNU. ^ U. MATURATION DES FRUITS. — 12. GÉLOSE. — 13. CUBILOSB (nIDS DE SALANGANES). — 14. DIALOSE. — 15. APllNE.

f . Siège des eonpesés peetlques dans les plantes*

En diverses circonstances on constate la présence de composés pectiques ou de la pectose dans les tissus végétaux , interposés entre les cellules qu'ils agglutinent les unes aux autres (*). Pour mettre ce fait en évidence, il sulDBt, par exemple, de découper en rondelles très-minces (de 1 ou 2 millimètres) des tubercules de pommes déterre, des racines charnues de panais, de betteraves, des tissus épidermîques sous la cuticule des Cactus, etc.f*).

{*) Dans la séance du 17 avril 1824 de la Société pli îlomatique, j'ai fait connaître plusieurs principes immédiats contenus dans lei tissus sous-épidermiqnes de la racine de TAylanthas glandulose, et notamment d*une substance gélatineuse se combinant avec Tammoniaque d'où on la sépare eu gelée par les acides. Ce procédé d'extraction à froid est encore uu des plus simples que j*aie employé pour extraire la pectine et Tacide pectique des pulpes de betterares lavées. (Journal de chimie médicale , t. I ; Annales de chimie^ t. XXVI, p. 329 ; Dictionnaire des drogues^ Chevalier et A. Richard, t. II, article Gblébs.) Braconnot a extrait Tacide pectique de plusieurs écorces et des pulpes de fruits ; il a reconna (.4 anales de chimie^ 1825, p. 96) que les pectates solubles sont décomposés et se précipitent en gelée par plusieurs sels terreux ou métalliques , même par le sulfate de chaux en solution saturée ou en poudre; qu*un excès d*alcali dans un pectate alcalin coagule celui-ci, qui ne redevient soluble que par un lavage suffisant ; que Tacide pectique en gelée se liquéfie par quelques gouttes d'ammoniaque : cette solution, évaporée à siccité, laisse un surpectaie d'ammoniaque qui se gonfle, se dissout dans l'eau en l'épaississant et rougit sensiblement le tournesol. Il a décrit plusieurs procédés de préparation des gelées alimentaires avec l'acide pectique. Qu'enfin^ l'acide pectique est transformé en acides mucique et oxalique par l'acide azotique.

Ç**) Tubercules, racines, écorces, feuilles, fruits, mais non dans le corps ligneux proprement dit des arbres et arbustes, ni dans le tissu du périsperrae des fînits du phytéléphas ; les substances pectiques ne se rencontrent donc pas, à beaucoup près, dans tous les tissus des plantes.

CHIMIE UTDUSTH. Il — 3

34 SUBSTANCES PECTIQUES.

délaver ces tranches jusqu'à épuisement par Feau distillée, puis de les tenir pendant 15 à 30 jours dans Tacide chlorhydrique étendu de 9 à 10 volumes d'eau, à la température de -h 15 à 40*(*); si alors on décante Tacide (contenant du chlorure de calcium, si la substance agglutinante était du pectate de chaux) pour soumettre les tranches à un complet lavage par Feau froide, tous ces tissus sembleront intacts, car leui*s cellules resteront agglutinées entre elles comme avec les faisceaux vasculaires et 1 epiderme ou la cuticule épidermique. Mais si Ton ajoute à Feau qui les baigne 4 à 5 centièmes d'ammoniaque, cette base, au bout de quelques minutes, sera combinée avec Facide pectique et le pectate formé dissous, laissant la plupart des cellules sans adhérence ; dès qu'on agitera le mélange, elles se sépareront les unes des autres, ainsi que de Fépiderme ou de la cuticule demeurés intacts. Ces cellules, faciles à observer sous le microscope, restent remplies de leurs granules amylacés, lorsqu'elles appartiennent aux tubercules féculents {yoy. les chapitres Fécule de

POMME DE terre; SucRE DE BETTERAVES).

SS. Peetase.

Avant de décrire les substances pectiques nous signalerons un principe actif incristallisable analogue à la diastase(**), c'està dire qui exerce un mode d'action du même genre pour transformer la pectose en acide pectosique et pectique. La pectase se rencontre à l'état soluble et insoluble (Frémy). Les betteraves, les carottes et d'autres racines contiennent de la pectase dissoute, car leur suc peut transformer la pectine en acide pectique. La peclase est à Fétat insoluble dans les pulpes des pommes vertes, car ces pulpes lavées mises en contact avec la pectine la font prendre en gelée en produisant les deux acides gélatiniformes : acide pectique et acide pectosique.

(*) Lapénéiratioii intracellulaire est plus prompte à ce«e dernière température; on peut d'ailleurs laisser se prolonger le contact de Tacide durant six mois à la température ordinaire sans observer de changements notables dans les résultats de ces expériences, de même que s*il s'agit des lames de la moelle d^jiralia papy ri fer a ^ dite papier de riz.

(**) Depuis la découverte de la diastase, qui, sécrétée près des dépôts féculents dans [es céréales, plus développée lors de la germination ; que Ton rencontre, aussi, près des bourgeons des pommes de terre et de plusieurs arbre», qui provoque la dissolution et la transformation de Pamidon en dextrine et glucose, on a constaté l'existence des principes actifs suivants: dans les amandes

GÉLOSE, DIALOSE ET CUBILOSE. 35

La pectase solubie devient insoluble au contact de TalcooK Le précipité lavé peut coaguler la pectine tandis que le liquide est inerte. La pectase^ en solution dans Teau, se décompose, est attaquée par des végétations cryptogamiques {moisissures): elle a perdu alors sa propriété de réagir sur la pectine; TébuUition prolongée de sa solution aqueuse paralyse également son action .

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