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Propriétés

Lavoisier, après une étude exacte et approfondie, fit connaître au monde savant les propriétés principales de T oxygène, le rôle

(*) D'après M. Hoëfer, dès le quinzième siècle, Eck, de Sulzbach, avait expérimentalement établi que les métaux augmentent de poids par une longue calcinât ion, que cette augmentation venait de ce qu'un esprit s'unit au métal : car le cinabre artificiel (oxyde rouge de mercure) soumis à la distillation, dégage un esprit.

En 1630, Jean Rey démontrait que les accroissements de poids de l'étain et du plomb par la calcination étaient dus à l'air, et il prouvait expérimentalement, en outre, que l'air est pesant. Bayen, contemporain de Lavoisier, en opérant sur l'étain, arriva aux mêmes conclusions que Jean* Rey.

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immense qu'il joue dans la combustion, dans la formation de l'eau, et dans l'acte de la respiration, le sépara de l'azote, démontra les caractères tout différents des deux gaz contenus dans l'air atmosphérique (Œuvres de Lavoisier, réunies par M. Dumas et publiées en 1861, 1862 et 1865 par les soins de M. le ministre de l'instruction publique).

L'oxygène, à l'état libre, est incolore, invisible, sans odeur, gazéiforme sous toutes les pressions et à toutes les températures dont les chimistes ont pu disposer. Sa densité, d'après MM. Dumas et Boussingault, est de 1 105,7, et 1 105,63 suivant M. Regnauld, l'air à volume égal, dans les mêmes conditions, pesant 1000; à O0, sous la pression de 76e de mercure, 1 lit. d'oxygène pèse 1,105 63 X 1,2932 (poids de 1 lit. d'air) divisé par 1000 = 1,4298: à la température ordinaire, l'eau en dissout seulement 3,73 pour 100 de sou volume; il réfracte moins la lumière que tous les autres gaz.

Les nombreuses combustions qu'il peut accomplir le caractérisent : on signale sans peine sa présence dans une cloche en verre qu'il remplit, en y plongeant une allumette qu'on vient d'éteindre et dont le bout charbonné est à peine rouge : il la rallume aussitôt et la fait brûler très- vivement (*). Dans des conditions semblables le soufre, le phosphore, le charbon brûlent avec une vivacité beaucoup plus grande que dans l'air atmosphérique (**); un bout de fil de fer ou bien un mince ressort de montre portant à son extrémité un petit morceau de charbon incandescent, plongé dans un flacon plein de gaz oxygène, s'allume et brûle en projetant des étincelles formées par les globules métalliques en partie oxydés, qui scintillent en traversant le gaz.

Une foule de combustions lentes ont lieu sous l'influence de l'oxygène : c'est ainsi que, dans l'air humide, plusieurs sulfures se convertissent en sulfates par une combustion graduelle du soufre et du métal qui les forment; que diverses substances, et débris organiques se désagrègent, fermentent, pourrissent : leur carbone brûlé constitue de l'acide carbonique, leur hydrogène

(*) Le composé d'oxygène et d'azote, appelé protoxyde d'azote, produit un phénomène analogue, mais avec bien moins d'énergie.

(**) On introduit, par exemple, dans un flacon de deux ou trois litres l'un de ces corps que Ton vient d'allumer sur une petite capsule en poterie, et qui est soutenue par une tige coudée, adaptée au bouchon ; la combustion s'active aussitôt en répandant un grand éclat lumineux.

s'unit à l'oxygène et forme de l'eau ; souvent alors des réactions plus complexes, dans lesquelles interviennent, outre l'oxygène, l'hydrogène et le carbone, l'azote et le soufre, donnent lieu à la formation non-seulement de l'eau et de l'acide carbonique, mais encore de l'alcool, des acides acétique, lactique, de l'hydrogène carboné, de l'ammoniaque, de l'acide sulfhydrique, etc., etc.

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