SOLUBILITE DU BICARBONATE DE SOUDE DANS 100 D'EAU
Lorsque Ton chauffe ce sel à 100° ou au-dessus, il laisse dégager la moitié de son acide carbonique ; on met à profit cette propriété dans les laboratoires, pour obtenir un courant d'acide carbonique en chauffant le bicarbonate dans un tube. On obtient du même sel une quantité double d'acide carbonique, en l'attaquant par un acide plus énergique que ce dernier : c'est ainsi qu'on se procure des eaux gazeuses en mêlant 7 grammes de bicarbonate de soude et 7 grammes d'acide tartrique (*). On verse le mélange dans une bouteille bien résistante et préalablement remplie au | d'eau; on bouche aussitôt, et Ton agite après
(*) Ces proportions laissent dans le liquide une acidité légère qui rend la boisson plus agréable : il s'y trouve un léger excès d'acide sur la quantité qui produirait un tartre neutre à 2 équivalents de base : en effet, 1 équivalent d'acide tartrique en cristaux (C8H40,0,2HO)= 1875 suffit pour décomposer 2 équivalents de bicarbonate =2 100; 61,25 d'acide tartrique correspondraient à 7 gr. de bicarbonate, mais la saveur serait moins acidulé.
avoir fixé le bouchon à l'aide d'une ficelle. La décomposition s'opère au sein du liquide, l'acide tartrique s'unit à la soude, et met en liberté les 2 équivalents d'acide tartrique : l'eau est ainsi rendue gazeuse. Cette méthode, d'ailleurs si simple, qui donne le soda-water, fort en usage dans la Grande-Bretagne, a l'inconvénient de laisser le tartrate de soude dans la boisson, de la rendre moins agréable et un peu laxative. Un ingénieux ustensile, imaginé par M. Briet, obvie à cet inconvénient. Il se compose d'un double vase (fig. 110) dont lapluspetïte capacité A (fig. 1 1 1) reçoit le mélange des deux poudres (bicarbonate 16,8 grammes, et acide tartrique 15 grammes) avant d'être munie de son tube obturateur D (fig. 112), et vissée sur la carafe G ( fig. 113}, formant la deuxième capacité ; celle-ci, préalablement remplie d'eau, déverse l'excès de ce liquide dépassant le tube vertical, sur le mélange pulvérulent A" dès qu'on retourne l'appareil dans sa position normale (fig. 1 10) (') :
aussitôt la réaction commence, l'acide carbonique se dégage, passe par les petits trous de la plaque D' dans la seconde capacité G' contenant encore 1 litre d'eau. Après avoir agité deux ou trois fois à 5 ou 6 minutes d'intervalle, on tire à volonté par an robinet F cette eau, rendue gazeuse, agréable et soluble, car elle est exempte de tout mélange avec la solution saline restée dans le vase A" (yoy. page 431 la fabrication de l'eau gazeuse, dite eau de Seltz artificielle).
'') L'acide tartrique étant très -soluble, il n'est pas nécessaire de le réduire en poudre, on doit seulement concasser les cristaux; la dissolution de cet
On peut sans peine obtenir des limonades gazeuses et autres boissons acidulés et sucrées , en versant un peu de sirop dans chaque verre (1 ou 2 dixièmes de sa capacité), puis remplissant avec de l'eau de Selte qui contient toujours un excès d'acide carbonique.
Si le sirop contenait un peu de gomme arabique, il retiendrait plus de gaz et produirait une mousse persistante.
Le bicarbonate de soude broyé , mélangé de solution gonimeuse et de sucre, aromatisé avec la fleur d'oranger ou l'essence de citron, mis sous la forme de pastilles , est employé pour x saturer dans l'estomac l'excès d'acide qui parfois nuit à la digestion : de là le nom de pastilles digestives ou de Vichy donné à ce produit.
Platinage, dorure. — On se sert du bicarbonate de soude pour former une combinaison alcaline, dans laquelle le platine dissous peut se déposer sur un autre métal ou sur un alliage en y adhérant, de même qu'en appliquant le bicarbonate de potasse à rendre une dissolution d'or alcaline, on peut déposer une pellicule de ce métal sur des objets de cuivre , de laiton , etc.
Essai du bicarbonate de soude. — Ce sel ayant une valeur proportionnelle à la quantité de gaz acide carbonique qu'il peut fournir, l'essai de sa qualité doit avoir pour but la détermination de ce gaz. On peut dégager la totalité au moyen d'un acide en excès, ou la moitié seulement par la calcina tion. Ce dernier procédé est préférable , en. ce qu'il est plus simple et permet d'arriver plus facilement à un résultat exact.
Voici comment on opère :
On pèse ô grammes du sel à essayer, que Von met dans un petit tube A (6g. 114). D'un autre côté, on a d'avance introduit dans une éprouvette B, presque remplie d'eau, un tube à double courbure CCC ; on renverse sur ce tube une cloche graduée D , de la contenance de 1 litre, dans laquelle on a mis environ
acide et la décomposition du bicarbonate se font alors pins graduellement, le dégagement gazeux est moins brusque et la pression moins forte, car l'acide carbonique se dissout au fur et à mesure de sa production, et k volumes n'exerçant que par degrés un excès de pression de 3 atmosphères au delà de la pression atmosphérique externe, on risque moins de faire éclater le vase. En tout cas on peut se garantir contre tout accident, en faisant essayer une fois l'appareil sous une pression double, et il suffît pour cela de l'immerger tout chargé dans un vase plein d'eau chaude à 50 ou 60° et refermé, où on le laisse jusqu'à refroidissement, et mieux encore en y refoulant de l'eau sous une pression de 10 à 12 atmosphères au moyen de machines spéciales.
1 centilitre d'huile : cette cloche s'emplit au même niveau que l'éprouvette, puisque l'air qu'elle contenait sort par l'extrémité extérieure du tube C, et l'huile surnage. Ou adapte alors au bouchon fixé à cette extrémité le tube A contenant le bicarbonate , puis on chauffe avec une lampe à alcool ou un bec de gaz :
le bicarbonate se décompose, l'acide carbonique mis Fi m en liberté remplit une partie
de la cloche , tandis que l'eau déborde autour de l'éprouvette. Lorsque le dégagement cesse, on note le volume du gaz d'après la graduation, et en soulevant la cloche de manière à mettre au même niveau le liquide & l'intérieur et à l'extérieur ; le volume indique la nature et la valeur du sel essayé. En effet, si c'était un carbonate simple, il ne donnerait pas d'acide carbonique. S'il représentait un sesquicarbonate (comme cela peut arriver, ce composé étant plus stable que le bicarbonate), il donnerait (calculé à la température 0' et la pression de 0m,76) 272 centimètres cubes de gaz. Enfin, si l'on avait essayé un bicarbonate contenant réellement 2 équivalents d'acide pour 1 de soude, on obtiendrait 657 centimètres cubes ou plus du double de gaz (*).
I 1 sonde.. 387,5) (") Eo effet, 1 équivalent de bicarbonates { S acide... 550 } 1050, dégage
) 1 eau 112,5)
1 équiv. d'acide = 275i d'où 1050 : 275 :: 5" : 1",3. Or, 11' d'acide carbonique (■ 0° et 0,76 de pression) pesant 1"',977, l'',3 donnera 0I1',657,3, tandis qu on obtiendrait a peu près 3 fois 1/2 moins du seaqui carbonate de tonde 2NaO,3CO\4HO : en effet, 2050 (poids équivalent de ce sesquicarbonate) : 275 (1 équiv. d'acide dégagé) ; ; b* : 0",0539 on 0"',272.
1. ORIGINE, COMPOSITION, ÉTAT NATUREL. — 2. EXTRACTION. — 3. POTASSE CAUSTIQUE OU POTASSE ROUGE D* AMÉRIQUE. — 4. POTASSE FACTICE. — 5. POTASSE ET SODDB DES MELASSES DE BETTERAVE. — 6. CARACTERES ET COMPOSITION DES POTASSES COMMERCIALES. — 7. ÉPURATION DES POTASSES. — 8. PRINCIPALES APPLICATIONS DES SOUDES ET DES FOTASSRS.