RESULTATS
Chlorure de sodium. . .
Sulfate de potasse
Chlorure de potassium.
de l'analyse.
du travail en grand.
25 cent, cubes d'une solution saturée d'iodure de potassium pur très-légèrement acidulée : il s'est produit en quelques instants un magma qui rendit le mélange immobile dans un tube rempli d'air aux 0,9; bientôt on vit sous les influences de l'oxygène, de l'acide, de l'iode devenu libre et de la substance amylacée, celle-ci se colorer en violet à sa superficie ; les réactions se propagèrent si lentement ensuite, qu'au bout de six mois le mélange au fond du tube demeurait incolore et translucide.
J'avais été conduit à cette expérience en observant une nouvelle propriété commune à l'iodure et au bromure de potassium : les solutions aqueuses de cbacun de ces deux composés saturées à la température de 22 à 24°, neutres ou légèrement alcalines ou acides, agissent sur la fécule à froid et font prendre à ses granulés un volume 25 à 30 fois plus grand. Rien de semLlable n'arrive avec les chlorures de potassium ou de sodium.
L'usine de Cherbourg livre au commerce le sulfate de potasse en poudre à un titre qui varie entre 98 et 99°, 88 ; le chlorure de potassium est garanti au titre de 90°, d'après l'essai par la méthode de Gay-Lussac {yoy. plus haut les Essais alcalimétriques).
Les proportions d'iode pur obtenu de la soude brute se sont graduellement élevées dans cette usine depuis l'année 1 843 jusqu'en 1848 : à la première époque, on obtenait 1,70 d'iode pour 1000 de soude brute; à la deuxième époque, les proportions extraites de la même quantité de matière première s'élevaient à 2,70; .elles dépassent actuellement, dans cette usine, 3 d'iode pour 1000 de soude brute.
il. Applications des prodalts des vareehs.
applications du sulfate de potasse. — Le sulfate de potasse s'emploie principalement dans la fabrication du chromate de potasse et de l'alun [yoy. p. 319). Un des moyens les plus simples d'essayer sa valeur commerciale consiste à le faire dissoudre à chaud dans 10 fois son poids d'une solution de sulfate d'alumine à 40° saturée d'alun; on laisse cristalliser pendant douze heures environ, on décante l'eau mère, on fait égoutter, puis on sèche les cristaux sur du papier à filtre et on les pèse. Le sulfate employé a d'autant plus de valeur qu'il produit plus d'alun : il en donne ordinairement de 5 à 5 fois et demie son poids {yoy. les Essais alcalimétriques des sulfates de potasse et d'ammoniaque).
On se sert parfois du sulfate de potasse pour décomposer l'azotate de chaux, et obtenir de l'azotate de potasse ou salpêtre.
On l'emploie pour fabriquer le chlorate de potasse en décomposant le chlorate de chaux. Le sulfate de potasse sert à préparer de la potasse en le traitant par le procédé de Leblanc.
Applications du chlorure de potassium. — Le chlorure de potassium s'applique aux mêmes usages que le sulfate de potasse, et on peut l'essayer de même ; on peut le convertir en sulfate et en obtenir de ¥ acide chlorhydrique par les procédés que nous avons décrits plus haut. On transforme facilement le chlorure de potassium en azotate de potasse : il suffit de le mélanger avec son équivalent d'azotate de soude, qui nous arrive à bon marché du Pérou, et de faire dissoudre à chaud les deux sels. La double décomposition s'effectue par l'ébullition : il se précipite du sel marin, et l'azotate de potasse resté dans la solution cristallise par
502 IODE, BROME, IODUEES
le refroidissement. Enfin, on emploie le chlorure de potassium dans la fabrication économique du chlorate de potasse (p. 373).
Applications de F iode. — Depuis que Goindet a montré que la principale action des éponges incinérées et de certaines eaux qui guérissent les goitres est due à l'iode ou aux iodures, une grande partie de ces produits s'emploie dans le traitement des goîtres et de diverses maladies ; on en fait aussi une certaine consommation en Angleterre, pour préparer la belle couleur rouge (biiodure de mercure) qui résulte de la décomposition de l'iodure de potassium par le bichlorure de mercure. Depuis quelques années la plus grande partie de la consommation de l'iode (et même du brome) tient à l'usage fréquent que Ton en fait dans l'art nouveau de la photographie ; aussi son prix s'est-il élevé de 26 fr. le kilogr . jusqu'à 145 (r.; son cours s'est abaissé ensuite et oscille entre 30 et 50 frM par suite de la concurrence entre les fabricants (*).
On emploie une certaine quantité d'iode pour préparer l'iodure de potassium, fréquemment usité en médecine (voy. cidessus, p. 498).
On emploie souvent, pour l'usage médical, l'iodure et le bromure de potassium, les huiles iodurées (huile de foie de morue), le composé bleu d'iode et d'amidon, quelquefois l'iodure de fer.
L'iode est d'un usage journalier dans les laboratoires pour découvrir la présence de l'amidon et des fécules amylacées, pour constater (avec le concours de l'acide sulfurique) la présence et la pureté de la cellulose, discerner cette substance pure, mélangée ou injectée de matières azotées dans les plantes [yoy. le 2e volume, Chimie organiauè).
L'iode pur est vénéneux à la dose de 4 à 5 grammes (Orfilà) ; il agit en attaquant et ulcérant la membrane muqueuse.
Applications du brome. — Jusqu'à l'époque de la découverte de Niepce et de Daguerre, et même quelque temps après, le brome n'était employé que dans les recherches scientifiques ; aujourd'hui, l'application qui en fait consommer le plus est relative à la préparation des épreuves photographiques : son concours avec l'iode rend les épreuves plus belles, par la rapidité des effets obtenus de la lumière.
(*) On rend l'iodure de potassium 30 à 40 fr. le kilogr., le chlorure de sodium 9 & 10 fr. les 100 kilogr., le chlorure de potassium 20 à 30 fr. et le sulfate de potasse 30 à 40 fr. également les 100 kilogr.; le tonneau de 1000 kilogr. de soude brute s'achète environ 120 fr.
On doit transvaser ce corps avec beaucoup de précaution : ses propriétés corrosives, la tension de sa vapeur, son poids et sa liquidité, exposent les manipulateurs à des contacts fort dangereux, par suite de l'énergie de cet agent et en raison des grandes surfaces qu'il peut rapidement atteindre.
Emploi des résidus dans la culture. — Les marcs de la soude des varechs lessivée retiennent une très-faible quantité de tous les sels solubles; d'ailleurs, les sels insolubles, phosphates et composés calcaires et magnésieux, qui forment la plus grande partie de leur poids, sont utiles en agriculture, surtout pour les terres où, comme aux environs de Cherbourg, le carbonate de chaux manque. On répand de 30 à 40 hectolitres de ces marcs sur un hectare de terre tous les trois ans; ils ne dispensent pas de fumier ou d'un autre engrais organique comme le varech frais (non incinéré) dans cet intervalle de temps , mais ils font beaucoup mieux profiter les plantes, en complétant l'aliment minéral : leurs effets ont paru surtout avantageux sur l'orge, le sarrasin et sur les prairies naturelles humides. Les marcs de soude des varechs bien appréciés maintenant par les agriculteurs se vendent de 1 fr. à 1 fr. 50 l'hectolitre.