Histoire de l'acide asotlqae
Avant la fin du huitième siècle on connaissait un liquide représentant l'acide azotique, car Geber, alchimiste arabe, décrivait alors un procédé pour préparer ce liquide en décomposant à chaud le salpêtre par un mélange de sulfate de cuivre et d'alun; il annonçait que l'addition du sel ammoniac lui donnait la propriété de dissoudre l'or et l'argent; c'était mettre sur la voie de l'eau régale.
Un moyen analogue exactement indiqué par Albert le Grand, vers 1220, donnait également de l'acide azotique qu'il appelait Veau prime (ou philosophique au 1er degré), à laquelle il reconnaissait la propriété de séparer l'or de l'argent en dissolvant ce dernier métal, et de transformer le fer et le mercure en chaux métalliques (oxydes).
Ce fut en 1225 que Raimond Lulle découvrit le premier procédé manufacturier pour obtenir l'acide azotique en distillant un mélange d'argile et d'azotate de potasse.
On prépara ainsi pendant longtemps Y eau- forte du commerce (**). Le résidu de cette opération, lavé, mélangé avec les
(*) M. Baudrimont a découvert dans l'eau régale un acide jaune orangé, condensable a une température très-basse , bouillant à — 7°, attaquant les métaux avec l'énergie de l'eau régale : cet acide, appelé cbl oroazotique, représente 1 équivalent d'acide azoteux, plus 2 équivalents de chlore.
Gay-Lussac, en étudiant l'eau régale, obtint deux combinaisons de cblore et de bioxyde d'azote ÀzO*,Cl et AzO*,Cl*. M. Regnauld admet en effet qu'un mélange de 3 d'acide chlorhydrîque avec 1 d'acide azotique chauffé produit de l'acide hypochloroazotique AzO*,Cl* volatil à — 7° (que l'on peut considérer comme de l'acide hypoazotique dans lequel 2 équivalents d'oxygène auraient été remplacés par 2 équivalents de cblore et de l'acide chl oroazoteux). En prolongeant l'expérience, il se forme des quantités de plus en plus grandes d'acide chloroazoteux AzO'Cl ; ce composé représente de l'acide azoteux dans lequel 1 équivalent d'oxygène est remplacé par 1 équivalent de cblore.
(**) On peut voir encore dans les galeries du Conservatoire impérial des arts et métiers un modèle exact d'une fabrique d'eau- forte à l'aide de la décom-
débris des cornues de grès, se vendait sous le nom de ciment cC eau- forte. La décomposition incomplète du nitre, la décomposition et la perte d'une grande partie de l'acide azotique mis en liberté rendaient alors sa préparation dispendieuse. On a remplacé cette méthode par celle que nous allons décrire.
Cavendish a reconnu le premier les principes constituants de l'acide azotique. Davy, Dalton, Gay-Lussac et plusieurs autres chimistes ont complété son étude.
S. Fabrication de l'acide azotique.
Cette opération se fonde sur la réaction facilement réalisée entre 2 équivalents d'acide sulfurique et 1 équivalent d'azotate de potasse ou d'azotate de soude. Voici le tableau indicatif de ces deux réactions et de leurs produits :